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Une étude sur les phtalates démontre l’effet de ces perturbateurs endocriniens sur la production d’hormones masculines

Une étude sur les phtalates démontre l'effet de ces perturbateurs endocriniens sur la production d'hormones masculines
Selon une étude publiée en mars, les phtalates provoqueraient une inhibition de la production de testostérone chez l'homme

Une étude parue en mars sur le site britannique Human Reproduction met en évidence les effets négatifs des phtalates sur la production de testostérone chez l’homme. Ces résultats marquent une nouvelle avancée de la recherche consacrée aux conséquences des perturbateurs endocriniens sur la santé humaine.

Documentée par trois équipes françaises, l’étude s’intéresse à l’action des phtalates, ces éléments chimiques qui comme le Bisphénol A sont des perturbateurs endocriniens, sur la production d’hormone masculine. Selon les chercheurs de l’Institut de recherche sur la santé, l’environnement et le travail menés par Bernard Jégou, ceux de l’Institut national de la recherche agronomique dirigés par Daniel Zalko et d’après les scientifiques du laboratoire d’études des résidus de contaminants dans les aliments supervisés par Bruno Le Bizec, l’exposition des testicules adultes aux phtalates entraînerait une inhibition de la production de testostérone chez l’homme.

Plastifiants présents dans les produits en PVC, dans les peintures, les encres ou encore dans les cosmétiques, les phtalates contaminent l’homme par inhalation, ingestion ou via un contact cutané. Les fœtus peuvent aussi être exposés in utero. Si les effets de ces polluants n’avaient jamais été observés sur des individus adultes, ont sait depuis la fin des années 1990 que chez les rongeurs, les phtalates peuvent inhiber la synthèse de testostérone effectuée par les testicules et entrainer l’apparition d’anomalies au sein de l’appareil génital provoquant notamment une diminution de la production de spermatozoïdes. Les phtalates étaient déjà considérés comme des anti-androgènes capables de troubler le développement de l’appareil génital masculin.

La transposition de ces résultats à l’homme restait cependant compliquée. Plusieurs études, dont l’une menée par la professeure au département de médecine préventive de la faculté Mount Sinai (New-York) Shanna Swan à partir d’urines de mères enceintes et exposées aux phtalates, ont démontré la corrélation entre la présence de ces éléments chimiques dans l’environnement et le développement d’anomalies hormonales ou génitales chez les bébés. La scientifique s’était intéressée dès 1994 au déclin de la production de spermatozoïdes au Danemark. Elle démontre, plus tard, la féminisation d’enfants de sexe masculin exposés in utero aux perturbateurs endocriniens et met en évidence l’importance de l’effet cumulatif. Même s’ils ne sont pas dangereux quand ils sont considérés de façon isolée, certains phtalates se révèlent nocifs s’ils sont mélangés entre eux.

« Ces perturbateurs endocriniens affectent le futur de la population »

Mais toutes les études scientifiques n’arrivent pas à la même conclusion. « Si certaines études montraient que les testicules de fœtus pouvaient se montrer résistants à l’action anti-androgène des phtalates, cela ne prouvait pas qu’il en allait de même pour des expositions à un autre âge » a expliqué Bernard Jégou à nos confrères du Monde.fr. Dans plusieurs pays, la contamination de la population par les phtalates dépasse la dose journalière recommandée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments. Les chercheurs français ont en outre observé des perturbations hormonales chez des ouvriers exposés à ces polluants chimiques dans leur milieu professionnel.

« C’est pourquoi nous avons procédé à cette étude, la première, sur des testicules humaines en culture, car il n’est évidemment pas question d’exposer des individus aux phtalates » a précisé M. Jégou, lequel a parallèlement aux deux autres équipes analysé des prélèvement sur des testicules d’individus masculins souffrant d’un cancer de la prostate et sur des lignées de cellules produisant des stéroïdes. Exposées à des doses de phtalates équivalentes à celles relevées chez plusieurs hommes lors d’études épidémiologiques, les cellules ont vu leur production de testostérone diminuer. De quoi attester l’existence d’un lien entre l’exposition des individus à ces perturbateurs endocriniens et une altération de la production d’hormones.

Interrogée par nos confrère du Monde.fr, Mme Swan précise que ces perturbations de l’appareil génital masculin sont durables : « Nous avons constaté que l’on retrouvait ces perturbateurs endocriniens dans la descendance, sur plusieurs générations. Ils affectent le futur de la population. » Le Réseau environnement santé a par ailleurs réclamé un renforcement de la réglementation et le remplacement des phtalates par un composé moins toxique. Des mesures qui au regard des récents résultats scientifiques paraissent plus qu’urgentes.

Crédits photos : flickr – phazers / thesoftlanding
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