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Un label pour inciter les communes à lutter contre la pollution lumineuse

L’Association Nationale pour la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturne (ANPCEN) œuvre depuis 2009 contre la pollution lumineuse grâce à la distribution d’un label récompensant les bonnes pratiques des municipalités françaises. Baptisé “Villes et villages étoilés”, ce label a déjà été attribué à 570 communes tricolores qui ont mis en place des actions concrètes pour limiter la luminosité du ciel produite par la dispersion de la lumière artificielle (lampadaires, panneaux publicitaires, vitrines de magasins…) dans le gaz et les particules de l’atmosphère.

Soucieuse de poursuivre son action, l’ANPCEN a annoncé lundi 27 février le lancement d’une nouvelle campagne de labellisation. Les communes françaises qui souhaitent se lancer dans la lutte contre la pollution lumineuse ont jusqu’au 15 septembre pour remplir leur dossier. Il s’agit d’un questionnaire précis portant sur les équipements et les usages de la municipalité en termes d’éclairage public ainsi qu’une présentation des objectifs poursuivis.

“L’important est de faire entrer les villes dans cette démarche. Répondre au questionnaire leur permet déjà de se poser des questions : a-t-on besoin d’éclairer cet endroit? Autant? De cette façon? Ce qui nous intéresse est que les gens, élus et citoyens, comprennent le sujet, se l’approprient et progressent”, explique Anne-Marie Ducroux, présidente de l’ANPCEN, à propos de cette 7ème opération de labellisation.

Le label est accordé en partenariat avec les Parcs nationaux et les Parcs régionaux, l’Association des maires de France, les Éco-maires ainsi que le Ministère de l’Environnement. Il a une durée de validité de 4 ans. Selon les membres de l’association, les municipalités des régions Aquitaine, Bourgogne et Rhône-Alpes sont particulièrement sensible à la lutte contre la pollution lumineuse. Les municipalités du littoral font en revanche figure de mauvais élèves.

L’objectif de l’ANPCEN est d’inciter les villes et villages tricolores à réduire l’impact de leurs éclairages publics. “On ne prône pas une extinction globale mais une politique qui permet de répondre aux besoins”, explique Mme Ducroux. L’association préconise ainsi une réduction de l’intensité de l’éclairage dans les quartiers résidentiels en fin de soirée alors que les centres-villes continuent à être éclairés plus longtemps.

“Il y avait des inquiétudes de la population, sur une hausse possible du nombre de cambriolages par exemple (…). Après quelques semaines de remontées négatives, tout se passe bien. On constate par exemple que les gens qui avaient des réverbères allumés devant chez eux dorment mieux à présent”, se félicite Thomas Jacquelin, directeur de cabinet du maire de Tulle, ville de 15.000 citoyens labellisée en 2015.

L’Ademe estime qu’en France, ce ne seraient pas moins de 9 millions de lampes qui serviraient à éclairer les villes et les campagnes : soit une consommation de 1.260 MW (l’équivalent d’un réacteur nucléaire). On estime également que l’éclairage public constitue en moyenne 23% de la facture d’énergie et 38% de la facture d’électricité d’une commune. La lutte contre la pollution lumineuse présente donc un enjeu d’ordre énergétique et économique.

L’éclairage artificiel présente également de nombreux inconvénients pour la faune et la flore. Des chercheurs ont par exemple démontré que la végétation éclairée en permanence dégénère de façon précoce. Pire, le voile lumineux qui enrobe le ciel nocturne peut avoir des effets mortels sur certains animaux : Marc Théry, chercheur au laboratoire d’écologie générale, estime à 1 million le nombre d’oiseaux migrateurs qui meurent chaque année de la pollution lumineuse.

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