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Trop d’huile de palme dans les agrocarburants ?

Censé être une alternative écologique à l’essence produite avec des matières fossiles, le biocarburant à base d’huile de palme favoriserait le réchauffement climatique. C’est cette paradoxale constatation qui a provoqué l’ire de bon nombre d’ONG écologistes. Car malgré un bilan écologique des plus mauvais, la culture du palmiers à huile reste encore aujourd’hui une source importante de matière première pour le secteur des agrocarburants européen. La Fédération européenne pour le transport et l’environnement (T&E) tire la sonnette d’alarme et dénonce les méfaits des agrocarburants de première génération.

“En 2014, 45% de toute l’huile de palme utilisée en Europe a terminé dans les réservoirs de voitures et de camions”
, explique cette organisation européenne qui regroupe une cinquantaine d’ONG actives dans le domaine du transport et de l’environnement. Une affirmation basée sur les chiffres de l’association professionnelle de la filière des huiles végétales en Europe (Fediol).

Selon le communiqué de T&E, la quantité d’huile de palme utilisée sur le Vieux Continent pour la fabrication du biodiesel aurait été multipliée par 6 entre 2010 et 2014. Elle aurait en revanche diminué de 30% pour ce qui concerne les usages non énergétiques (dans l’agro-alimentaire, la cosmétique ou la nourriture animale par exemple).

Reprenant la conclusion d’une analyse issue de la Commission Européenne, l’ONG rappelle que “l’huile de palme a un impact climatique négatif trois fois plus important que les énergies fossiles”. La déforestation due à l’expansion de la culture des palmiers à huile favorise en effet l’émission d’importantes quantités de carbone (gaz à effet de serre) qui étaient jusqu’alors piégées dans les arbres depuis des milliers d’années.

Un autre phénomène se révèle dangereux pour l’environnement : l’utilisation de fertilisants. Pour augmenter le rendement de leurs plantations, les exploitants utilisent d’importantes quantités d’engrais qui présentent un risque réel de pollution et notamment des nappes phréatiques. Les engrais constituent parfois jusqu’à 60% des coûts d’exploitation d’une plantation de palmiers à huile.

Pour le directeur général de T&E, John Digs, l’Europe paye aujourd’hui la rigueur d’une politique visant à favoriser le déploiement des agrocarburants sur le marché. “Nous devons écarter après 2020 la première génération de biocarburants afin que ceux dits de 2ème génération (produits à partir de résidus agricoles) aient leur chance”.

Les ONG écologiques font d’ailleurs pression auprès de Bruxelles afin que les politiques européennes prennent davantage en compte le bilan écologique global des biocarburants, et pas uniquement la réduction des émissions de gaz à effet de serre qu’ils induisent. Une directive européenne sur les énergies renouvelables devraient d’ailleurs déterminer le sort des agrocarburants de première génération après 2020.

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