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Les agrocarburants sont souvent considérés comme « eco-friendly » par les populations. Elles se trompent…
Une enquête menée par nos confrères du Guardian a révélé un véritable engouement de la part des sociétés occidentales pour la production d’essences alternatives. Celui-ci s’explique par la montée des prix du pétrole. Jeremy Woods, maître de conférence en bioénergie à l’Imperial College de Londres, a ainsi déclaré au quotidien : « une fois que le prix du baril de pétrole dépasse les 70 dollars (environ 48,50 euros), les biocarburants deviennent compétitifs ». Or il excède actuellement les 100 dollars (69 euros)…
L’étude du Guardian met aussi en avant l’explosion de la production de biocarburants en Afrique ces dernières années. Problème : il n’existe pas aujourd’hui de registres officiels des terres utilisées à cette fin, alors que plus de cent projets seraient à l’étude dans une vingtaine de pays d’Afrique sub-saharienne.
Premières arrivées sur le continent noir, en 2005, les entreprises britanniques sont celles qui ont acquis le plus de terres dévolues à la production d’agrocarburants . Sur un total de 3,2 millions d’hectares de champs identifiés cultivés dans ce but, onze compagnies d’outre-Manche s’en partagent la moitié. Viennent ensuite l’Italie, avec sept entreprises présentes en Afrique, puis la France et l’Allemagne, six sociétés chacune, et les Etats-Unis, qui comptent quatre firmes exploitant elles aussi des terres africaines dans l’optique de produire des essences alternatives.
Incontestable leader, l’entreprise britannique Crest Global Green Energy, qui exploite la bagatelle de 900 000 hectares au Mali, en Guinée et au Sénégal. Sa compatriote Sun Biofuels arrive loin derrière avec 8 000 hectares en Tanzanie.

La production de biocarburant augmente les émissions de CO₂ et les prix alimentaires
Cette frénésie fait craindre des répercussions dramatiques pour l’environnement et notamment une hausse substantielle des émissions de dioxyde de carbone (CO₂) en raison des déboisements et à un degré moindre de l’acheminement des agrocarburants vers les pays demandeurs. Selon un rapport publié en novembre dernier par l’Institut pour la politique européenne environnementale (IPEE), les rejets carbone provenant des déforestations liées au biocarburant pourraient en effet excéder les économies de carbone de 35% dès cette année et de 60% d’ici 2018 (!)
Une étude d’Oxfam, une ONG britannique, vient en outre d’établir à son tour un lien entre accroissement de la production de biocarburant et flambée des prix des aliments de base. Quant aux mesures de soutien aux programmes de biocarburants, elles coûtent chaque année 20 milliards de dollars (près de 14 milliards d’euros), chiffre qui devrait doubler d’ici 2020. Un investissement hautement contestable étant donné son impact sur la sécurité alimentaire et le réchauffement climatique…

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