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Sommet de Cancun : l’honneur est sauf (1/2)

Sommet de Cancun : l'honneur est sauf (1/2)
Un accord a minima a finalement été signé à Cancun, offrant un sursis au processus de décision onusien et plus largement aux négociations climatiques internationales. Unanimement soulagés, les décideurs n'ignorent cependant pas les (nombreux) obstacles qui restent à franchir

L’inattendu – et profond – désaccord sur la prolongation du Protocole de Kyoto a longtemps fait craindre le pire mais les négociateurs sont finalement parvenus à trouver un terrain d’entente. La lutte internationale contre l’augmentation des températures n’est pas encore morte et enterrée.

Les derniers sont les premiers. Fossoyeuses du climat l’an passé, la Chine et l’Inde ont été les grandes animatrices de cette conférence-ci, en faisant montre d’une flexibilité aussi surprenante que nécessaire pour sortir de l’impasse. Les observateurs s’attendaient à ce que Pékin et New Delhi, incapables de passer outre leur ressentiment à l’égard des pays occidentaux, peu réputés pour faire acte de contrition diplomatique et jusque là empêtrés dans une vision dogmatique, freinent à nouveau des quatre fers mais c’est Tokyo qui aura été le fauteur de troubles.

Une pièce de théâtre

Soutenus par les délégations russe et canadienne, les représentants nippons, alors même que la communauté internationale s’était préalablement (mais tacitement) accordée pour repartir de cette base, ont tordu le cou au Protocole de Kyoto, accord certes contraignant mais devenu obsolète, parce que ne couvrant plus que 15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). Il fallait dans leur esprit bâtir sur le texte élaboré à Copenhague (Danemark), plus global, plus récent, fatalement plus conforme aux réalités actuelles et qui, nonobstant le fait qu’il ne s’agisse que d’un catalogue de bonnes intentions sans fondement juridique, implique la contribution des pays émergents. Ce différend sur « Kyoto » a éludé tous les autres et a singulièrement compliqué les pourparlers. Pour la deuxième fois en un an, et même si le clash sino-américain n’a tout compte fait pas eu lieu, les Nations Unies allaient se heurter à un mur et le débat tout sauf incongru portant sur l’efficacité de son processus de décision allait revenir sur le devant de la scène.

Il est cependant des combats trop essentiels pour refuser d’avaler la moindre couleuvre et sacrifier une partie de ses intérêts personnels, à plus forte raison lorsque la totalité des experts en appellent à la prise de décisions fortes pour ne pas atteindre le point de non-retour. Celui contre le réchauffement climatique en fait partie, et même si Cancun (Mexique) ne restera pas dans l’histoire comme un acte fondateur, il est heureux que les participants aient fini par en convenir.

Après avoir fait naître un fol espoir le sommet de Copenhague a sonné le glas des plus belles illusions, d’où les ambitions beaucoup plus mesurées de son cadet mexicain. Dans un cadre exotico-carboné, avec en guise de principales spectatrices des escalades verbales des ONG détachées comme rarement et la tornade WikiLeaks pour la touche vaudevillesque. Le Mexique en pays-hôte opiniâtre et transparent qui s’emploie à tirer les débats vers le haut, une Chine préjugée coupable qui lave son honneur toute seule comme une grande et le Japon dans un rôle inquiétant, celui de l’assassin qu’on n’attendait pas.

Le minimum en attendant mieux

La prorogation du Protocole de Kyoto devenue un casus belli, la priorité était de trouver un compromis voire de « contourner » ce point d’achoppement pour éviter un effet boule de neige, en d’autres termes un standby malvenu sur les questions capitales de la déforestation et du soutien budgétaire aux pays du Sud.

Le texte signé à Cancun par deux cents pays – ils étaient cent quarante à approuver l’accord de Copenhague – reste cependant abscons sur certains points, ne stipulant pas clairement ce qu’il adviendra dudit Protocole après 2012. Seule nécessité couchée sur papier : « s’assurer qu’il n’y aura pas de délai entre la première période d’engagement » et la deuxième. Il faudra donc préciser les choses l’an prochain à l’occasion des prochains grands « États généraux » du climat, qui se tiendront à Durban (Afrique du Sud), sous peine de pédaler durablement dans la choucroute, et pour l’heure les pays industrialisés ne sont pas tenus de chiffrer leurs engagements en matière de réduction des rejets carbone pour une éventuelle prochaine période débutant en 2012.

Toujours sur le fond l’accord reconnaît que le maintien de l’augmentation des températures globales en-dessous de deux degrés celsius passe par « des réductions importantes » des émissions de GES, ce qui est tout de même, sinon une lapalissade, la moindre des choses. Aussi est-il nécessaire d’« intensifier les efforts de réduction pour arriver à l’objectif affiché ».

Preuve qu’elle a cependant bien conscience de la gravité des enjeux – et que pour y répondre il faudra viser plus haut – , la communauté internationale a laissé la porte ouverte à une limitation de la hausse du thermomètre mondial à 1,5 degré celsius. Plus largement des réajustements « périodiques » des objectifs à long terme sont envisageables selon les conclusions des futures expertises scientifiques, en particulier celles du prochain rapport d’évaluation du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), et l’observation des impacts du changement climatique. Il est même déjà question d’une révision qui, en l’état actuel, démarrerait en 2013 pour s’achever deux ans plus tard.

La Chine et l’Inde font triompher leurs vues

Jamais astreints à la « diète » jusqu’ici, les pays émergents, eux, devront soumettre aux Nations Unies leurs résultats et leurs objectifs en matière de réduction des rejets de CO2 tous les deux ans. La Chine et l’Inde sont donc officiellement « dans la boucle », conformément du reste à ce qu’elles avaient proposé durant les tractations. Les deux premières puissances démographiques de la planète, dont nous avons souligné à plusieurs reprises ces deux dernières semaines l’implication grandissante, sont en fait les grandes gagnantes de ce sommet, plutôt décevant dans son dénouement et au regard de l’urgence climatique mais au cours duquel elles ont fait mieux que tirer leur épingle du jeu.

Attestant du verdissement de leur réflexion, elles ont ainsi réussi dans le même temps à consacrer le principe du volontariat, ce qui revient à écrire qu’elles ne seront soumises à aucune contrainte, les consultations et analyses internationales (ICA) de leurs rapports se voulant « non intrusives », « non punitives » et émises « dans le respect de la souveraineté nationale ».

Pas de sanction disciplinaire, pas d’amende, pas même de sermon : les PED ont les mains libres et devront « simplement » faire du mieux qu’ils peuvent. Certains observateurs y verront-ils le signe d’un asservissement des pays industrialisés ?

Les pays émergents ont en tout cas bien émergé, et il ne fait aucun doute qu’une occidentalisation persistante des débats – la principale cause de l’échec du sommet de Copenhague aux dires de Jean-Louis Borloo aurait fait de la rencontre de Cancun un autre rendez-vous manqué. La création d’un « Fonds vert », elle, a été entérinée. Ce n’est certes pas la panacée mais le pire a été évité. Sans toutefois que la perspective d’un échec à terme ait été définitivement écartée.

Crédits photos : Wikimedia Commons - L'Ecolier / flickr – Olivier Tétard - Filipe Fortes / Images.world66.com – Joune
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