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Scandale du chlordécone : L’éco-irresponsabilité au sommet de l’Etat

Scandale du chlordécone : L'éco-irresponsabilité au sommet de l'Etat
« Les champs de banane de Martinique et de Guadeloupe ont été aspergés de chlordécone, un insecticide toxique pour les sols et potentiellement cancérigène, entre 1972 et 1993. Voire plus longtemps encore...

Alors que le gouvernement est actuellement empêtré dans une affaire Eric Woerth qui semble interminable, quelques-unes des précédentes administrations, à savoir celles qui ont eu la charge du destin des Français entre 1972 et 1993, font à leur tour l’objet d’accusations de passivité.

Il serait vu l’ancienneté des faits d’autant plus illusoire d’espérer la moindre esquisse de rédemption ou de justification, ce qui rend le laxisme passé, d’ordre sanitaire et environnemental celui-ci, encore plus amer.

En l’occurrence c’est l’INRA (Institut national de recherche agronomique), organisme placé sous la double tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et de son homologue de l’Agriculture, et l’AFSSET (Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail) qui à travers deux études ont pointé l’inconséquence étatique. Plus particulièrement celle des ministères de l’Agriculture, qui serait certes révolue depuis près de deux décennies mais fait tout de même froid dans le dos.

Un retard qui dérange

Car la France a attendu 1993 pour enfin prohiber un insecticide non-biodégradable et très toxique, le chlordécone, lui offrant même un sursis  nauséabond de trois ans dans les Antilles, où il était abondamment utilisé dans les bananeraies. Une interdiction pour le moins tardive, ce même si l’époque n’était pas encore à l’écologisation des moeurs, surtout politiques, étant donné que ladite substance a été radiée du territoire américain dix-sept ans plus tôt et qu’elle fut répertoriée comme cancérigène possible dès 1979. Autrement dit les autorités ne pouvaient ignorer les risques encourus pas la population.

Elles ont cependant choisi de passer outre, en raison de « l’influence des intérêts économiques », a souligné l’INRA dans son étude, laquelle a été finalisée fin juin. Circonstance aggravante : l’immobilisme délibéré et chronique des sphères dirigeantes a été précédé, en 1968, d’un refus d’homologation du chlordécone par la commission des Toxiques, chargée de statuer sur la toxicité des produits avant leur commercialisation… et qui a viré sa cuti quatre ans plus tard sans jamais épiloguer sur cette volte-face.

La dangerosité de l’insecticide, utilisé entre autres (et massivement) contre le charançon du bananier (NDLR : Un insecte ravageur de l’ordre des coléoptères) en Guadeloupe et en Martinique, a donc été reconnue aux Etats-Unis quelques années plus tard. Les gouvernements français, eux, auraient pendant vingt-et-un ans privilégié l’intérêt financier au détriment des considérations d’ordre sanitaire et écologique. Plus grave encore, du chlordécone aurait continué à être répandu dans des nappes phréatiques du territoire jusque dans les années 2005-2007, ce qui en dit long sur la difficulté à changer les pratiques agricoles dans l’Hexagone.

« L’impact de l’utilisation de produits phytosanitaires sur l’environnement et la santé (a) été secondaire dans les préoccupations des autorités politiques »

Dans un rapport rédigé en décembre dernier que se sont procurés nos confrères de l’AFP mais qui, pour des raisons qui gagneraient à être éclaircies, n’avait jamais été diffusé, les spécialistes de l’AFSSET ont notamment asséné : « Face à la défense de l’industrie bananière française, on peut faire l’hypothèse que l’impact de l’utilisation de produits phytosanitaires sur l’environnement et la santé ait été secondaire dans les préoccupations des autorités politiques ».

« Comment la commission des Toxiques a-t-elle pu ignorer les signaux d’alerte, les données sur les risques avérés publiées dans de nombreux rapports aux Etats-Unis, le classement du chlordécone dans le groupe des cancérigènes potentiels, les données sur l’accumulation de cette molécule dans l’environnement aux Antilles françaises », s’est aussi interrogé Pierre-Benoît Joly, auteur de l’étude de l’INRA.

Ses membres qui n’ont pas encore trépassé ne répondront sans doute pas des accusations des experts. Tout comme les ministres de l’Agriculture implicitement épinglés, de droite comme de gauche, à moins que l’un ou l’autre estime de son devoir de s’exprimer.

Si l’heure doit maintenant être à la réparation des dégâts sur laquelle ils ont eux aussi tous fermé les yeux, on est en droit de trouver navrants ce très probable passage entre les mailles du filet de l’ensemble des acteurs de cette polémique et les concessions répétées à des lobbies bien peu scrupuleux. Sachant les mesures prises outre-Atlantique et le fait que le chlordécone pénètre durablement les sols et peut contaminer certains aliments, en particulier les légumes et les poissons, le laxisme partagé de la commission et des décideurs apparaît pour le moins déconcertant.

France Nature Environnement (FNE), qui a tenu à souligner que d’après des travaux de l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale) l’exposition au chlordécone est liée à l’augmentation des risques de cancer de la prostate, a menacé de déposer un recours en justice pour atteinte à la nature et en soutien des victimes éventuelles. Pour l’heure l’hypothèse d’une instruction judiciaire, que ces dernières sortent de leur silence ou non, paraît néanmoins peu plausible. Le couperet de la prescription pourrait aussi tomber, ce qui achèverait de convaincre ceux pour qui certains ont l’art de s’en sortir propre en ayant eu les mains sales.

Crédit photo : Wikimedia Commons - Zinneke
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