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Une meilleure isolation du bâti existant est essentielle. Mais aux rénovations lourdes, chères et donc limitées en nombre, il faut préférer des opérations plus légères, bénéficiant à ceux qui vivent en situation de précarité énergétique.
Cette année encore, avec le Projet de loi de finances 2012 et la “table ronde” sur l’efficacité énergétique initiée par le Ministère du Développement durable, les pouvoirs publics tablent sur la rénovation lourde des bâtiments résidentiels et tertiaires pour réduire les consommations d’énergie du secteur.
Ces opérations peu nombreuses, coûteuses et peu rentables sont économiquement irréalistes, surtout en période de crise, et socialement inéquitables. Il devient urgent de revenir à des solutions plus pragmatiques et efficientes pour atteindre les objectifs du Grenelle de l’environnement !
Car si le logement neuf répond dès aujourd’hui aux objectifs posés, le bâti existant, lui, présente un véritable défi en matière d’amélioration de la performance énergétique.
Rappelons trois réalités économiques incontournables :

Revoir la philosophie des politiques publiques
Ce constat pose ainsi la question de la bonne allocation des fonds publics. L’efficacité et l’équité incitent à privilégier des opérations de rénovation légères, valorisant au maximum l’euro investi et l’utilisation des fonds publics, à l’inverse donc des tendances actuelles ! Il s’agit là de bon sens et de solidarité sociale…
Cibler la rénovation légère d’un nombre important de logements, présente en effet un double avantage :
La différence de recours entre le Crédit d’Impôt Développement Durable et l’Eco-prêt à taux zéro confirme cette analyse : tandis que le CIDD a permis les rénovations intermédiaires de plus de 6 millions de logements sur 6 ans, l’éco-prêt à taux zéro n’a financé la rénovation lourde que de 150 000 logements en 2 ans.
Certes, le groupe de travail “Ménages” de la Table ronde sur l’efficacité énergétique, qui poursuit ses travaux sous l’égide de Nathalie Kosciusko-Morizet, a pris conscience de ce dilemme. Il propose ainsi de “trouver un équilibre entre une aide massive à un petit nombre de logements pour réaliser des rénovations thermiques très ambitieuses, et des aides concernant un plus grand nombre de logements, mais ne permettant de réaliser que des rénovations thermiques d’ampleur et d’efficacité limitées”.
Force est cependant de constater que les mesures préconisées jusqu’à présent privilégient essentiellement la rénovation lourde du bâti, alors que les logiques économique et sociale – surtout en période de forte contrainte budgétaire – militent fortement pour la seconde alternative !
Il devient donc urgent de revoir totalement la philosophie des politiques publiques en matière d’économies d’énergie, faute de quoi nous n’atteindrons pas les objectifs ambitieux du Grenelle de l’environnement.
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Cet article de Jean Bergougnoux, président de l’Association “Equilibre des Energies” a initialement été publié sur la chaîne énergie du site lexpansion.com, la chaîne de débats sur le futur des marchés de l’énergie, le 4 janvier 2012

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