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Une fois de plus, le rapport publié aujourd’hui par le Groupe d’experts intergouvernemental sur le changement climatique (GIEC) fait parler de lui. Finalisé hier soir par les climatologues, qui ont bien veillé à soupeser chaque mot employé, l’étude prophétise une augmentation des situations d’urgence liées au réchauffement climatique et aux conditions météorologiques extrêmes, notamment dans les pays les plus vulnérables. Sous l’effet de l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES), les tempêtes, tornades, inondations, vagues de sécheresse et autres canicules se feraient plus menaçantes pour les populations, même si les conséquences de ces catastrophes dépendraient en partie de la préparation des Etats à de tels événements météorologiques. D’une manière générale, les chercheurs prévoient « des changements dans la fréquence, l’intensité, la répartition géographique et la durée des événements climatiques extrêmes pouvant aboutir à une situation sans précédent ». Ils tablent aussi sur une hausse des températures moyennes comprise entre un et trois degrés celsius à l’horizon 2050 et celle-ci pourrait même atteindre cinq degrés celsius à la fin du XXIe siècle si les rejets carbone continuent de progresser à ce rythme.

Sans surprise, les allégations des experts du GIEC ont été contestées par les climatosceptiques mais aussi par des spécialistes qui n’ont pas oublié les approximations et autres coquilles présentes dans le dernier rapport général d’évaluation, publié en 2007, et estiment que la variabilité naturelle du climat n’est pas prise en compte. De son côté, l’organisme onusien a souligné qu’aucune statistique fiable ne permet aujourd’hui d’apporter des réponses définitives dans plusieurs régions du globe. Les Etats ne sont en outre pas tous exposés de la même manière aux catastrophes météorologiques.
Alors que l’Europe de l’Ouest doit s’attendre à des vagues successives de chaleur, « certaines régions vont devenir inhospitalières » affirment ainsi les membres du GIEC, qui s’attendent à un déferlement de réfugiés climatiques difficile à gérer pour les pouvoirs publics. « La vulnérabilité des populations et les pertes sont souvent concentrées dans les pays ou régions à faibles revenus, même si les pays développés sont aussi vulnérables aux climats extrêmes », résument-ils. L’inégalité des populations face à l’augmentation du thermomètre global apparaît donc de plus en plus évidente, alors que la conférence sur le climat de Durban (Afrique du Sud) doit ouvrir à la fin du mois. Un rendez-vous dont il faut souhaiter qu’il ne se terminera pas en fiasco comme le sommet de Copenhague (Danemark), qui avait fixé l’objectif de maintenir le réchauffement climatique en dessous du seuil – jugé décisif par la communauté scientifique – de deux degrés celsius. C’est hélas très mal parti…

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