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Primaires socialistes : François Hollande et Martine Aubry dans un fauteuil

Primaires socialistes : François Hollande et Martine Aubry dans un fauteuil
Grand favori des élections primaires socialistes, François Hollande souhaiterait réduire la part du nucléaire dans le bouquet énergétique français de 75 à 50 % d'ici 2025

Très attendus, les résultats du premier tour des élections primaires du Parti socialiste sont globalement venus corroborer les chiffres des études d’opinion préalables. Grands favoris du scrutin, la Première secrétaire Martine Aubry et son prédécesseur à la tête du PS François Hollande ont en effet obtenu respectivement 31 et 39 % des voix, soit 70 % des suffrages à eux deux.

La surprise est venue du président du Conseil général de Saône-et-Loire Arnaud Montebourg, « l’autre vainqueur » aux yeux de notre confrère du Point Hervé Gattegno, l’auto-proclamé « candidat du changement », qui a su convaincre 17 % des électeurs, c’est-à-dire plus du double que ce que les sondages lui prédisaient (!) Inattendu « troisième homme », il a devancé d’un peu plus de dix points Ségolène Royal, qu’inversement on n’attendait pas aussi distancée. Largement désavouée et en larmes une fois le verdict connu, la candidate socialiste aux élections présidentielles de 2007 est par ailleurs talonnée par le député-maire d’Évry (Essonne) Manuel Valls et ne pèsera pas autant qu’annoncé sur le second tour, qui mettra donc aux prises son ancien compagnon, lequel dispose a priori d’une marge suffisante pour l’emporter ce week-end, et sa rivale de toujours.

Rappelons que les deux « finalistes » ont accordé aux problématiques énergétiques une place de choix, ce que les responsables d’Europe écologie-Les Verts (EELV) et Greenpeace n’ont pas manqué de saluer. À la différence de Nicolas Sarkozy, catégoriquement hostile à cette perspective, M. Hollande a par exemple promis un « débat national » dans les trois premiers mois suivant son accession à la magistrature suprême. Favorable à une transition énergétique – ce qui dans son esprit signifie évidemment aussi accorder davantage d’importance aux technologies renouvelables – dont le financement serait assuré grâce à une « rente nucléaire » qui « suppose l’extension de la durée de vie des centrales » ainsi qu’à l’instauration d’une « loi de programmation énergétique » fixant les grandes étapes du basculement, l’élu de Corrèze n’a pas pour autant évoqué une « sortie du nucléaire ».

Il est en revanche favorable à la fermeture de la très controversée centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), actuellement à l’arrêt pour maintenance, a fait part de sa volonté de réduire la part de l’atome dans le panache énergétique français de 75 à 50 % à l’horizon 2025 et a parlé d’un « chemin de sortie du nucléaire d’ici 2050 », étant entendu que celui-ci est « soumis à de nombreuses incertitudes ». Jugé trop avancé, le programme EPR (Evolutionary Power Reactor) n’est quant à lui pas remis en cause malgré ses récents déboires à Flamanville (Manche). M. Hollande est cependant hostile à engager le chantier de l’EPR 2 sur le site de Penly (Seine-Maritime), qui vient du reste d’être reporté.

Tout comme le directeur général du WWF France Serge Orru, il soutient enfin la création d’un super-organisme européen des énergies vertes, notamment l’éolien et le solaire, dont le fonctionnement serait calqué sur le modèle d’EADS et d’Airbus.

Martine Aubry veut lâcher l’atome

Une proposition que Mme Aubry n’a pas reprise. Contrairement à M. Hollande, l’ancienne ministre de l’Emploi s’est néanmoins prononcée pour une sortie du nucléaire, reprochant à son adversaire son manque de clarté à cet égard, sans pour autant fixer de date-butoir (NDLR : elle avait initialement évoqué une « dénucléarisation » d’ici vingt ou trente ans). Elle préconise pour ce faire un transfert des compétences de la filière vers l’enfouissement des déchets ainsi que le démantèlement des unités atomiques du pays.

Cas particulier, celle de Fessenheim serait fermée immédiatement, sans attendre que la question de l’allongement de la durée de vie des centrales ayant atteint trois décennies d’existence soit débattue, et son sort ferait l’objet d’un audit général. Elle aussi réfractaire au lancement du chantier de l’EPR 2, la Première secrétaire a été moins catégorique en ce qui concerne celui de Flamanville : « honnêtement, il y a, à cette étape, beaucoup trop d’incertitudes pour que je puisse vous apporter une réponse définitive », a-t-elle indiqué à Greenpeace, ayant parallèlement indiqué au Monde attendre l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)tout en privilégiant une poursuite des opérations dans la Manche plutôt que de payer très cher la prolongation de la durée de vie des vieilles centrales.

Rappelons également que la maire de Lille prône la création d’une « commission d’experts » qui, « intégrant la diversité, préparera un livre blanc auquel s’adosseront, dans chaque région, des concertations qui se concluront par une loi d’orientation de la politique énergétique avant l’été 2013 ». Et, outre une nouvelle impulsion en faveur des énergies propres, d’insister sur la nécessité d’initier un effort considérable en matière d’économies d’énergie.

Tous les observateurs (et l’intéressé) s’attendent à une victoire de M. Hollande, qui compte certes huit points d’avance sur celle qui lui a succédé à la tête du PS. Quel que sera le vainqueur de cette primaire à la participation record, il s’agira ensuite pour l’heureux élu de ménager les susceptibilités des gauches écologiste et « mélenchoniste » mais aussi celles de l’électorat centriste dans l’hypothèse d’une participation au second tour des élections présidentielles.

Un numéro d’équilibriste qui devra précéder la mise en place d’une politique énergétique conforme aux enjeux environnementaux actuels. Ce défi-là n’est assurément pas moins difficile à relever. Encore plus dans un contexte économique défavorable…

Crédits photos : flickr – jyc1 / La Netscouade
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  • daniel d

    Il en va pour la promesse d’abandon du nucléaire comme pour les autres promesses électorales : Elles n’engagent que ceux qui y croient..Au-delà des voeux pieux, j’attends toujours que les candidats à la candidature m’expliquent comment ils vont procéder…et j’ai un peu tendance à me méfier de ceux (et celles) qui font des promesses avec des marches d’erreur de 33%(abandon “d’ici 20 à 30 ans”)

  • gaga

    En tout cas, ces primaires ont été reçus a bras ouvert par les français. Plus de 2 millions de votants pr les primaires PS et l’UMP à expliqué qu’il agirait de même pr les prochaines présidentielles.

  • visiteur

    “ces primaires ont été reçus a bras ouvert par les français”…disons qu’elles l’ont surtout été par les militants et sympathisants socialistes, ce sera déjà pas mal !!! 4% du corps électoral s’est déplacé, ce qui est à la fois beaucoup (pour un coup d’essai) et peu (en pourcentage de la population concernée).
    J’ai lu ici même que sortir du nucléaire nous coûterait au bas mot 750 milliards d’euros : certes il faudra bien y arriver, mais j’aimerais moi aussi que les différents candidats qui prétendent vouloir et pouvoir le faire, nous disent très précisément comment ils vont s’y prendre et combien ça va nous coûter, à nous consommateurs…Car je suis persuadé que la plupart des Français s’imaginent encore que ce sera gratuit et sans surcoût…