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Primaires EELV : la tension monte encore entre Nicolas Hulot et Eva Joly

Primaires EELV : la tension monte encore entre Nicolas Hulot et Eva Joly
Eva Joly a vivement reproché à Nicolas Hulot de l'avoir caricaturée lors du débat EELV organisé hier à Lille (Nord). A moins de deux semaines de la proclamation des résultats du premier tour des primaires, quatre cents sympathisants ont de nouveau pu s'apercevoir des divergences majeures entre les deux grands favoris du scrutin

Les deux grands favoris du scrutin se sont une nouvelle fois crêpés le chignon hier à Lille (Nord).

Ils ont des visions et des atouts différents. Eva joly apparaît par définition au-dessus de tout soupçon et est « dans le circuit » Europe Écologie-Les Verts (EELV) depuis les élections européennes de 2009. Elle est aussi catégoriquement opposée à l’idée de mettre la barre à tribord, ce qui ne peut que rassurer les militants les plus anti-sarkozystes du parti.

De son côté, Nicolas Hulot, père du Pacte écologique, est un authentique néophyte dans le milieu politique. Il a pour lui une certaine fraîcheur (ses adversaires seraient sans doute davantage enclins à parler d’amateurisme ou de candeur) et une volonté de rassembler au-delà du clivage traditionnel gauche-droite qui a séduit, entre autres, le député de Paris Yves Cochet et l’eurodéputé José Bové.

Celle-ci n’est en revanche pas du tout du goût de Stéphane Lhomme, président de l’Observatoire du Nucléaire et troisième homme de cette élection, lequel déteste – le mot n’est pas trop fort – l’ex-présentateur d’Ushuaïa, s’emploie depuis plusieurs semaines à le discréditer et est intimement persuadé que le salut politique d’EELV se trouve à gauche. On saura dans moins de deux semaines si son entreprise de démolition, qui a incommodé jusque dans la direction du parti écologiste et que les pro-Hulot n’ont pas manqué de commenter, a porté ses fruits ou si a contrario elle « le rend sympathique », comme l’estime Jean-Vincent Placé, soutien d’Eva Joly et conseiller politique de la Secrétaire nationale Cécile Duflot pour qui « avoir un contradicteur aussi caricatural que M. Lhomme légitime M. Hulot ».

En attendant, les quatre cents sympathisants qui ont assisté au débat d’hier ont pu constater par eux-mêmes que les élections primaires sont tout sauf une grande fête de famille. Si émulation il y a, force est de reconnaître qu’elle n’est pas franchement saine à l’heure où nous écrivons ces lignes. De fait, quel que sera le vainqueur, il va devoir la jouer très fine pour réussir à fédérer autour de lui les différentes tendances du parti en vue des prochaines élections présidentielles.

hulot s illustre au congrès d eelv et eclipse cécile duflot

« Je suis une femme combative, pas sectaire, déterminée, pas bornée »

Eva Joly et Nicolas Hulot n’ont pas du tout la même approche de l’écologie politique et l’ont encore montré hier dans la capitale nordiste. Ils ont aussi des griefs l’un envers l’autre, comme en a témoigné la violente charge de l’ancienne magistrate dès l’ouverture des discussions. « Ce soir, avant toute chose, je suis une femme étonnée que Nicolas ait utilisé contre moi [...] les armes de ceux qui veulent une écologie à genoux et aux ordres des lobbies », a-t-elle ainsi asséné, quelques heures après avoir rappelé au micro de France Info que « ces primaires ne doivent pas être un référendum pour ou contre M. Hulot ».

Une allusion à peine voilée aux liens financiers qu’entretient son principal concurrent avec certaines grandes entreprises jugées peu respectueuses de l’environnement, le talon d’Achille de « Sain Nicolas » sur lequel elle ne s’est pas privée d’appuyer, évoquant également « les années de lutte passées à combattre les intérêts privés des multinationales ».

« La caricature que tu as fait de mes idées ne donnera à personne l’envie de voter pour moi », a ajouté Mme Joly, qui a par ailleurs regretté que ses détracteurs l’aient accusée de prôner « une écologie punitive » et s’est décrite comme « une femme combative, pas sectaire, déterminée, pas bornée ». Et de reprocher une nouvelle fois à son principal contradicteur ses allégations au sujet d’un rapprochement avec Jean-Louis Borloo en s’étonnant de l’octroi d’un « brevet de respectabilité écologique » à cet « ancien ministre de Sarkozy », qui a lui aussi des ambitions présidentielles mais risque fort de traîner comme un boulet sa décision au printemps 2010 d’accorder des permis d’exploration des gaz de schiste à Total, Schuepbach Energy et GDF-Suez sur le territoire français.

« L’écologie de combat, ce n’est pas une écologie de coups bas »

Mme Joly a affiché sa préférence pour une écologie « centrale » et non « centriste » et M. Hulot y est lui aussi allé de sa petite formule, jugeant que « l’écologie de combat, ce n’est pas une écologie de coups bas ». « Il faut que les engagements pris entre candidats aient un sens si on veut que nos engagements vis-à-vis des Français aient un sens », a-t-il déclaré, faisant explicitement référence au pacte de non-agression scellé avant la campagne.

« Eva me place dans la bouche des propos que je n’ai jamais tenus. Ni moi, ni mon équipe n’avons eu le moindre propos déplacé sur Eva, ce qui n’a pas été la réciprocité », a-t-il poursuivi, insistant ensuite sur le fait que la justice sociale demeure « la pierre angulaire de son programme ». Pour que l’écologie soit forte, il faut bien « jeter des passerelles », a par ailleurs estimé M. Hulot, qui entend donc rester fidèle à sa stratégie d’ouverture, nonobstant les divisions qu’elle suscite dans les cercles vert-orange, et s’est excusé d’avoir « du mal à garder sa sérénité ».

« Depuis deux mois et encore ce matin, on nous accuse de bourrer les urnes ! [...] Ces échanges sont dévastateurs pour l’écologie », a enfin déclaré l’ancien présentateur, qui ne pouvait éluder les assertions de M. Lhomme au sujet d’un hypothétique « coup de force du clan Hulot par l’intermédiaire d’un vote électronique opaque ». L’entourage d’Eva Joly, lui, s’est interrogé sur le fait qu’environ huit mille « coopérateurs » (NDLR : sympathisants non-adhérents) sur les trente-deux mille huit cent quatre-vingt-seize inscrits n’aient pas encore fourni le justificatif d’identité nécessaire à la recevabilité de leur suffrage. Une situation qui pourrait selon lui faire planer une certaine « suspicion » sur le vote et générer des réclamations si d’aventure celui-ci est aussi serré que le prédisent certains observateurs.

« Il n’y aura pas de faux électeurs. La procédure est transparente », a néanmoins assuré Mme Duflot, d’après laquelle « tout a été vérifié, des adresses IP jusqu’au paiement par carte bleue ». Elle a aussi déploré ce matin sur l’antenne d’Europe 1 les « dérapages » du débat d’hier soir. « Il y en a eu quelques-uns, très mesurés par rapport à ce qu’on a pu constater à d’autres moments dans d’autres formations politiques, mais moi je le regrette parce que je pense qu’on doit pouvoir appliquer à nous-mêmes les principes, notamment de non-violence dans les échanges, qu’on prône pour l’ensemble de la société », a déclaré la Secrétaire nationale d’EELV.

Elle n’est certainement pas la seule.

Crédits photos : Wikimedia Commons – N4thaniel / Olivier Tétard / Marie-Lan Nguyen
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  • polo

    Que de querelles…

  • daniel d

    Ambiance…

  • vertdo

    depuis le début la candidature Hulot ne fait que provoquer ce climat . Il ne peut être LE candidat à la présidentielle d’EELV . D’ailleurs dès sa déclaration de candidature , il parlait de candidature à la présidentielle , pas à la primaire ! il utilise EELV aux fins personnelles de sa candidature CQFD

    PS: contrairement à ce qu’il affirme , c’est seulement après sa déclaration de candidature qu’il s’est prononcé contre le nucléaire ….