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Président-fondateur de Sea Shepherd, Paul Watson fait confiance aux autorités allemandes

Président-fondateur de Sea Shepherd, Paul Watson fait confiance aux autorités allemandes
Paul Watson a fait savoir qu'il ne se rendrait pas à son éventuel procès au Costa Rica

Actuellement en résidence surveillée de l’autre côté du Rhin – pour rappel, il a été appréhendé à l’aéroport de Francfort-sur-le-Main le 13 mai dernier –, Paul Watson en est convaincu : le Costa Rica n’obtiendra pas son extradition.

Le défenseur le plus illustre (et le plus controversé) de l’écosystème marin, quoique libéré sous caution, n’en a pas fini avec la justice. Loin de là. Le gouvernement costa-ricain, qui lui reproche d’avoir violé la loi sur le trafic maritime et mis en danger les vies des membres d’équipage du bateau Varadero dans le cadre d’une opération contre le shark finning (NDLR : des faits qui remontent à… 2002, ne sont pas prescrits et sont passibles de sanctions dans le droit allemand), a lancé un mandat d’arrêt contre lui en octobre dernier. Il a par ailleurs jusqu’à août pour réunir les documents nécessaires à son extradition et les transmettre ensuite au ministère allemand de la Justice.

Il reste que si la marge de manoeuvre du président-fondateur de Sea Shepherd est actuellement inexistante, la mobilisation pour sa libération ne faiblit pas. Ses troupes gardent espoir. Paul Watson aussi.

Interrogé la semaine dernière par Matt McDermott, spécialiste de politique environnementale et contributeur pour le site Internet américain Treehugger.com, il pourrait en fait être libre de ses mouvements dès aujourd’hui, sous réserve que la requête en irrecevabilité déposée par ses troupes soit acceptée. Dans le cas contraire, si d’aventure les autorités costa-ricaines restaient campées sur leur position, il subsisterait la possibilité d’une décision politique émanant d’un ministre allemand concerné hostile à son extradition.

Président-fondateur de Sea Shepherd, Paul Watson vit des jours difficiles.

La « mafia des ailerons de requins »

Et M. Watson, qui s’est entretenu avec le ministre costa-ricain des Affaires étrangères, d’assurer à ce dernier qu’il ne se rendrait pas à son éventuel procès : hors de question à ses yeux de croupir dans une prison pendant un an le temps qu’il soit jugé, même s’il livrerait « (son) témoignage et (amènerait ses) témoins ». Le capitaine s’est en outre interrogé sur la rencontre à ses yeux troublante entre le président costa-ricain et le Premier ministre japonais Yoshihiko Noda en décembre dernier, laquelle aurait de son point de vue déclenché l’emballement judiciaire.

Une hypothèse plausible quand on sait la violence de la lutte qui oppose Sea Shepherd et les pouvoirs publics japonais depuis de longues années dans le cadre de la chasse à la baleine. Véritable « poil à gratter » du pays du soleil levant, qui persiste dans cette pratique envers et contre toute raison écologique, au mépris de la biodiversité océanique dans sa globalité, M. Watson s’est également étonné du fait que l’Allemagne soit « le seul pays qui n’(ait) pas suivi les conclusions d’Interpol », tout en soulignant que « même le président du Parlement brésilien a publié une déclaration condamnant le Costa Rica (pour son attitude) ».

Selon lui, « toute cette affaire a été initialement “conçue” par la mafia des ailerons de requins, à Punta Arenas (Costa Rica), laquelle avait le contrôle total sur les juges et les procureurs de la ville ». Une accusation de corruption qui ne devrait cependant pas arranger son cas…

Crédit photo : flickr / Kirstin Tanger - John
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