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Tout le monde se souvient du fameux « l’environnement ça commence à bien faire » laché par le Président de la République il y a un an à l’occasion de sa visite du salon de l’agriculture. Depuis, il y a eu il est vrai le vote de la loi Grenelle 2, mais aussi le remaniement ministèriel qui a vu le ministère de l’écologie être amputé d’une part non négligeable de ses prérogatives, la diminution des aides aux agriculteurs souhaitant passer au bio, le moratoire sur le photovoltaïque et la polèmique sur l’exploitation des gaz de schiste, etc. On peut donc dire que les inquiétudes des écologistes étaient fondées quant à la volonté du chef de l’Etat de réduire la voilure sur les thèmes qui leurs sont chers.
Cette année le Nicolas Sarkozy s’est vu servir sur un plateau une bonne occasion de voler au secours du monde agricole : la campagne « choc » de France Nature Environnement. L’idée de la fédération d’associations était excellente : profiter de la chambre de résonnance qu’offre le salon de l’agriculture pour mettre sur le devant de la scène les dérives de l’agriculture intensive et les risques qu’elle fait peser sur la santé humaine et l’environnement. Il s’agit de thématiques bien connues mais trop peu souvent relayées auprès du grand public. Nicolas Sarkozy a donc ce samedi emboité le pas de son ministre de l’agriculture, Bruno Le Maire, qui avait parlé quelques jours plus tôt de « scandale » et de « provocation ». Le chef de l’etat s’est dit « choqué par cette campagne de communication très déplacée » et a taclé FNE et les autres associations écologistes en déclarant « qui peut mieux défendre l’environnement que ceux qui vivent dans la nature ? Pas ceux qui en parlent, pas ceux qui veulent faire des photos à côté de la nature… » (sic). La ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet, qui avait quant à elle reconnu le rôle des associations pour faire avancer les débats autour des sujets portés par le Grenelle de l’environnement, se retrouve du coup désavouée par le chef de l’Etat même si ce dernier, maigre consolation, s’est déclaré favorable au développement d’une « agriculture durable ».
FNE qui avait annoncé la semaine dernière vouloir participer au salon de l’agriculture dans le cadre notamment de plusieurs tables rondes malgré la polémique a finalement renoncé ce samedi. Faut il y voir une conséquence directe du fort soutient du chef de l’Etat au monde agricole ? L’occasion est quoi qu’il en soit manquée de faire avancer le débat de façon constructive et il y a fort à parier que la polèmique continue à faire parler d’elle plus que les débats de fonds dont ces sujets ont besoin. FNE a peut être trop bien réussi son coup médiatique. Dommage…

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