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TDF 2010 : Les Pays-Bas se prémunissent contre la hausse du niveau de la mer

Les Pays-Bas se prémunissent contre la hausse du niveau de la mer
Les digues qui protègent une partie du territoire néerlandais d'une élévation trop importante du niveau de la mer ont eu des répercussions négatives sur l'environnement que les autorités s'emploient désormais à gommer, sans toutefois négliger l'aspect sécuritaire

Le Tour de France 2010 poursuit sa route… à l’étranger, les coureurs ralliant Bruxelles au départ de Rotterdam. L’étape traverse largement les Pays-Bas, État dont la communauté scientifique redoute qu’il paie un tribut élevé au dérèglement climatique.

« Pas de quoi noyer la Hollande ». Le plus célèbre climatosceptique de France cite souvent l’exemple batave lorsqu’il évoque une montée des eaux à ses yeux insuffisante pour justifier les sommes astronomiques que dépense la communauté internationale à titre préventif. Oui, Claude Allègre doute que l’une des conséquences les plus redoutées du réchauffement climatique entraîne l’immersion des Pays-Bas. Il appartient toutefois au microcosme scientifique de – peut-être – réussir à trancher ce sulfureux débat.

Bien avant que la question de l’inondation des territoires se pose avec autant d’insistance, les autorités néerlandaises, aux prises avec des catastrophes naturelles à intervalles réguliers (NDLR : Deux tiers de la superficie du pays sont il vrai situés en-dessous du niveau de la mer), ont en tout cas pris les devants en instiguant à partir des années 1950 un projet baptisé « Plan Delta ». Les travaux liés à ce programme qui aspirait à améliorer la sécurité des zones de plus faible altitude des Pays-Bas contre les intempéries ont pris fin en 1997. Et depuis ? Les maisons flottantes se développent et il est question de construire des cités aquatiques en mer du Nord à l’horizon 2050. Celles-ci consisteraient en des plateformes alimentées en énergie par la force des vagues.

Concilier sécurité et environnement

Un rapport d’experts remis au gouvernement néerlandais en septembre 2008 a aussi conclu à un nécessaire renforcement des digues moyennant un investissement de cent milliards d’euros d’ici à 2100. Les auteurs redoutent en effet que le niveau de la mer augmente de 65 centimètres à 1,3 mètre au début du XXIIe siècle et de deux à quatre mètres en 2200. « On injecte déjà dix millions de mètres cube de sable dans les côtes chaque année. L’idée est de suivre la hausse du niveau de la mer et même de prendre un peu les devants en créant chaque année de trente à cinquante mètres de côtes », avait décrypté en marge de la publication de l’étude Pavel Kabat, expert en gestion de l’eau.

En attendant d’effectivement prolonger les remparts, les décideurs ont entrepris d’utiliser les terres situées derrière eux. Elles sont en effet appropriées à l’installation d’usines marémotrices, c’est-à-dire d’unités utilisant la force des vagues pour faire tourner des turbines qui, elles, produisent de l’électricité.

Ce projet de centrales marémotrices passe par le percement de trous dans les digues qui permettront aussi de rétablir la biodiversité. C’est que certaines zones ont perdu une partie de leurs espèces animales et végétales depuis 1953 et l’édification des premiers remparts, lesquels ont généré la création d’eaux stagnantes et par ricochet la formation d’algues à l’odeur pestilentielle qui ont un impact négatif sur le tourisme.

Promoteur de ce programme de centrales marémotrices, Joost Schrijnen estime que la construction des digues, qui obéissait à un impératif de sécurisation du territoire, s’est faite au mépris des considérations environnementales. Il semble désormais possible de concilier les deux.


Crédit photo : Wikimedia Commons – Josep Renalias
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