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Les particules fines, un poison qui tue lentement

Les particules fines, un poison qui tue lentement
Stockholm respecte les préconisations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en matière de particules fines PM2,5. Une exception en Europe

Piloté par l’Institut de veille sanitaire (INVS), le projet Aphekom (Improving Knowledge and Communication for Decision Making on Air Pollution and Health in Europe), qui a été lancé en juillet 2008, a dévoilé hier les résultats de ses investigations.

Quelque vingt-cinq grandes villes européennes de douze pays [NDLR : dont Paris, Bordeaux, Lille, Strasbourg, Toulouse, Athènes (Grèce), Londres (Grande-Bretagne) et Bucarest (Roumanie), pour ne citer qu'elles] représentant un total de trente-neuf millions d’habitants ont été passées au crible, et d’après les soixante experts « diminuer davantage les niveaux de particules fines dans l’air (desdites villes) entraînerait un bénéfice non négligeable en termes d’augmentation de l’espérance de vie et de réduction des coûts pour la santé », relaie l’INVS sur son site Internet.

Une politique plus ambitieuse en matière de lutte contre les rejets carbone dus aux transports pourrait en outre atténuer cette triste et implacable réalité selon laquelle « habiter aux abords du trafic routier augmente sensiblement la morbidité attribuable à la pollution atmosphérique ». Cette proximité serait « un facteur majorant dans le développement des pathologies chroniques », et dans dix métropoles elle « pourrait être responsable d’environ 15 % des asthmes de l’enfant ».

Dix-neuf mille décès par an en Europe

Le seuil de dix microgrammes de particules fines PM2,5 * par mètre cube préconisé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) ne serait hélas respecté qu’à Stockholm (Suède), et c’est d’autant plus regrettable que l’application de ses recommandations entraînerait une augmentation de l’espérance de vie pouvant atteindre vingt-deux mois (!) pour les personnes âgées de plus de trente ans. Sur le plan économique, elle génèrerait aussi une économie globale estimée à trente et un milliards cinq cents millions d’euros via « une diminution des dépenses de santé, de l’absentéisme et des coûts associés à la perte de bien-être, de qualité et d’espérance de vie », précise l’INVS.

À l’origine de dix-neuf mille décès par an sur le Vieux Continent, la surpollution aux particules fines entraînerait une perte d’espérance de vie de près de deux ans à Bucarest et d’environ six mois à Paris. Elle est cependant combattue par les autorités européennes, lesquelles ont instauré une législation visant à réduire les niveaux de soufre dans les carburants qui selon l’Institut s’est traduite par « une diminution marquée et pérenne des niveaux de dioxyde de soufre (SO2) dans l’air ambiant ». « Cette mesure a permis de prévenir près de deux mille deux cents décès prématurés dont le coût est estimé à cent quatre-vingt douze millions d’euros », ajoute-t-il. Et de rappeler que « l’Union Européenne (UE) prépare pour 2013 une révision de la réglementation actuelle » fort judicieuse et qui doit permettre de mieux réguler les niveaux de pollution atmosphérique aux abords du trafic routier.

Bucarest bonnet d’âne

Pour l’heure, les analyses effectuées par les scientifiques ont néanmoins révélé l’incapacité des métropoles continentales à contenir la hausse des émissions de particules fines. Avec 38,2 microgrammes par mètre cube, Bucarest occupe la première place de leur classement et aurait tout intérêt à mettre sur pied une politique de transports digne de ce nom. Le « Paris oriental » devance nettement Budapest (Hongrie) (33,7 mg/m3), Athènes (Grèce) (29,4 mg/m3) et Barcelone (Espagne) (27 mg/m3).

Les villes françaises expertisées, elles, se situent en milieu de peloton et pourraient gagner de quatre à huit mois d’espérance de vie. Major nationale, Toulouse (Haute-Garonne) (14,2 mg/m3) fait un peu mieux que Rouen (Seine-Maritime) (15,3 mg/m3), Bordeaux (Gironde) (15,7 mg/m3) et Paris (16,4 mg/m3), que l’on aurait pas forcément imaginé dépassée – légèrement – par Lyon (Rhône) (16,5 mg/m3), Lille (Nord) (16,6 mg/m3), Strasbourg (Bas-Rhin) (16,6 mg/m3) et Marseille (Bouches-du-Rhône) (18,5 mg/m3).

Au total, Stockholm est donc la seule métropole à ne pas perdre d’espérance de vie à cause des particules fines. La capitale suédoise a instauré un péage urbain en 2007 et il n’est sans doute pas étranger à sa bonne tenue. Elle aussi évaluée, Londres avait inauguré une structure analogue quatre ans plus tôt et, à défaut de parvenir à se conformer aux recommandations de l’OMS, tire tout de même son épingle du jeu (13,1 mg/m3).

Péages urbains, circulation alternée, développement de la mobilité durable à travers la construction de nouvelles infrastructures type Autolib et la généralisation des systèmes de location de vélos en libre-service, promotion des véhicules décarbonés et de l’auto-partage : les pistes ne manquent pas pour assainir l’atmosphère des villes. Cette fois encore la volonté politique déterminera en grande partie la situation future.

La réduction de la pollution atmosphérique est un enjeu de santé publique. Elle permet aussi des économies substantielles. À ces titres le défi se doit d’être relevé. Tout le monde a à y gagner.

* Les particules fines dites PM2,5 sont des poussières d’une taille inférieure ou égale à 2,5 micromètres, c’est-à-dire la taille d’une bactérie, et proviennent des émissions industrielles, des gaz d’échappement et du chauffage urbain.
Crédits photos : Wikimedia - Hesse1309 / flickr – austinevan / Derek Yu
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  • pierre d

    Très très angoissant. Familles, quittez la ville !

  • daniel d

    Excellent article mais très angoissantes informations. Il est temps de transférer les villes à la campagne !

  • fredred

    Il est surtout temps que les rapports, analyses et autres statistiques se traduisent par des actes forts!

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