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L’Amflora jugée sans risque par le Haut Conseil aux Biotechnologies

L'Amflora jugée sans risque par le Haut Conseil aux Biotechnologies
Les conclusions du Haut Conseil aux Biotechnologies sur l'Amflora sont une indication pour le gouvernement, qui n'a pas encore statué sur le sort qu'il réservera à la pomme de terre génétiquement modifiée de BASF

Comme tous les OGM, et bien que celui-ci ne soit pas prioritairement destiné à l’alimentation et ne sera pas proposé aux industriels français [NDLR : C'est du moins ce qui a été annoncé il y a quelques semaines et vient d'être confirmé dans un communiqué du Conseil économique, éthique et social (CEES) du Haut Conseil aux Biotechnologies (HCB)], le débat sur l’Amflora continue de déchaîner les passions.

Les adversaires des plants transgéniques, quelle que puissent être leurs applications, en font une affaire de principe. Ils ont cependant dû une nouvelle fois déchanter, quatre mois après l’approbation forcément controversée de la pomme de terre du géant de la chimie allemand BASF par la Commission européenne, en apprenant l’avis rendu public hier par le HCB.

Saisis le 11 mars dernier par le ministère de l’Agriculture, ses experts ont en effet estimé que l’Amflora, développée dans les années 1990, pour l’heure dédiée à la production d’amidon dans l’industrie papetière et à un degré moindre à l’alimentation animale, ne présente de risques ni pour la santé ni pour l’environnement. « Les études de toxicologie entreprises n’ont pas identifié de risque majeur lié à la consommation de ce végétal », a estimé l’instance d’évaluation, chargée depuis le printemps 2009 d’éclairer la décision politique en matière d’organismes génétiquement modifiés et qui par ce jugement ne devrait pas se faire que des amis.

Il serait en tout cas bien étonnant que les militants de Greenpeace, bouillants sur ce dossier, rendent les armes devant l’optimisme scientifique, d’autant que d’autres organismes peuvent encore nuancer ces conclusions elles-mêmes à relativiser, le Conseil scientifique (CS) du HCB ayant aussi considéré que « (les analyses statistiques contenues dans le dossier) ne permettent pas de certifier que le risque d’un effet biologiquement significatif puisse être détecté ».

« Un message négatif »

« Une évaluation des impacts sur la santé humaine et animale a été réalisée, en raison de l’utilisation possible de sous-produits dans l’alimentation animale et, fortuitement, dans l’alimentation humaine », a par ailleurs précisé le HCB, qui a donc procédé à des investigations en profondeur.

À noter toutefois que le Conseil économique, éthique et social (CEES) du Haut Conseil « diverge sur le sort à réserver, dans la décision politique, au gène marqueur nptll de résistance aux antibiotiques (NDLR : en l’occurrence à la kanamycine) », quand bien même aucune autorité sanitaire européenne ne lui a encore opposé de véto. Certains de ses membres souhaitent ainsi que, « du fait du manque de connaissance sur la microbiologie du sol, une précaution maximale (soit) adoptée sous forme d’interdiction de l’Amflora », laquelle est réservée aux marchés allemand, néerlandais, suédois et tchèque.

« L’autorisation de cette pomme de terre véhiculerait pour eux un message négatif au regard des efforts de prévention des résistances aux antibiotiques [...] D’autres invitent à prendre acte de l’absence de risques à laquelle concluent les scientifiques », ajoute le CEES dans son communiqué.

Intérêt économique limité

L’aval du HCB a été noté par les ministères de l’Écologie, de l’Agriculture et de la Recherche, qui dans une déclaration commune ont néanmoins indiqué vouloir obtenir des « analyses détaillées » avant de « prendre toute décision relative à la pomme de terre Amflora ». Ils sont par ailleurs encore en attente de « l’application des Conclusions unanimes du Conseil des ministres de l’Environnement de décembre 2008 sur le renforcement préalable de l’évaluation environnementale et socio-économique communautaire et demandent qu’un bilan en soit présenté rapidement aux États membres ». Résolument prudent, le gouvernement a aussi conscience de l’intérêt limité de la pomme de terre de discorde pour l’économie française – intérêt limité qui a été confirmé par le CEES.

Au total de nombreuses interrogations demeurent sur l’Amflora et il n’est pas acquis que, dans un futur proche, les travaux futurs réfutent tous un impact même minime sur l’environnement ou sur l’Homme. La pomme de terre transgénique de BASF peut donc encore devenir un problème de santé publique, auquel cas l’hypothèse d’une commercialisation dans l’Hexagone, déjà très improbable, serait définitivement écartée.

Aujourd’hui en stand-by, le gouvernement devrait cependant se prononcer dans les mois voire les semaines à venir. Quelle que sera sa décision finale il n’y a pas du point de vue politique d’orientations générales sur la question des OGM. Ceux-ci se traitent au cas par cas. Le tollé qu’ils suscitent dès lors qu’ils sont mis sur le marché est la seule constante.

Crédit photo : Flickr – Jean-Louis Zimmermann
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