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La « méthode » Sea Shepherd aurait-elle fini par porter ses fruits ? Contestable sur la forme, mal vécue par les autorités nippones, dont il est attesté dans l’un des nombreux documents interceptés par Wikileaks qu’elles ont sollicité l’aide de leurs homologues américaines pour mettre l’association hors-la-loi, elle a officiellement fait plier la semaine dernière l’équipage du Nisshin Maru, un navire-usine japonais.
Lancée début décembre, le match est donc en train de tourner en faveur des instigateurs de l’opération No Compromise. « Je suis certain que la campagne de cette année sera la plus couronnée de succès », avait déclaré il y a quelques semaines son directeur Paul Watson. Force est aujourd’hui d’admettre que le subversif barbu avait vu juste. Tokyo, qui contourne allègrement le moratoire sur la pêche commerciale institué en 1986 par la Commission baleinière internationale (CBI), n’a cependant pas dit son dernier mot et a appelé « l’ensemble des pays concernés à prendre les mesures nécessaires pour faire cesser ce harcèlement regrettable », confirmant ainsi devant les caméras la position révélée début janvier par le site d’information.
La suspension des captures dans l’Antarctique pourrait même être un préalable à l’arrêt définitif de la mission baleinière japonaise cette année. Le coordinateur de la campagne Baleines de Greenpeace Junichi Sato a en effet indiqué que « des informateurs ont déjà fait savoir (à l’association) que les pêcheurs allaient rentrer plus tôt que prévu». D’après un autre militant, l’encerclement du Nisshin Maru par la flotte de Sea Shepherd serait néanmoins un prétexte et la chair de cétacé aurait été amassée dans des quantités suffisamment importantes pour que le Japon puisse « se permettre » de déclarer forfait.
Bien que dans le collimateur de plusieurs pays sud-américains membres de la Commission baleinière internationale (CBI) et de l’Australie – qui est allée jusqu’à saisir la Cour internationale de Justice, laquelle devrait rendre son verdict en 2013 au plus tôt -, les pratiques barbares ne devraient pas pour autant cesser dans l’immédiat. Qu’il soit ou non provisoire et quel qu’en soit le motif réel, l’arrêt des hostilités n’en demeure pas moins un succès pour la biodiversité marine. Constituée de quatre bateaux, l’armada nipponne a dû revoir ses ambitions à la baisse pour la deuxième année consécutive, sous la pression conjointe d’une partie de la communauté internationale et de Sea Shepherd. La roue est peut-être en train de tourner. Enfin.

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