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Nike, Starbucks et Levi’s à l’assaut du Capitole

Nike, Starbucks et Levi's à l'assaut du Capitole
Au premier plan l'environnement, en ligne de mire, le Capitole : Nike, Starbucks et les autres se sont rendus à Washington pour convaincre les sénateurs de valider la mise en place d'une politique globale en faveur de l'environnement

Qu’est-ce que les trois enseignes américaines Nike, Starbucks et Levi Strauss &Co ont en commun ? En premier lieu leur statut de leader dans leur branche respective – le sport, le café et le jean – , qui leur confère un important pouvoir de lobbying. Ensuite des revendications communes, adressées au Congrès, qui  portent sur la promotion de l’économie verte et constituent un coup de pouce bienvenu pour l’environnement.

« Une course à l’emploi » a été lancée par un conglomérat de grandes marques américaines. Nike, Starbucks et Levi Strauss & Co en sont les plus illustres représentantes. Une douzaine d’entreprises ainsi que des syndicats et des groupes de jeunesse, tous persuadés de la nécessité de placer les enjeux environnementaux au cœur de la législation américaine, se sont réunis à l’occasion d’une conférence organisée le 16 février dernier au siège de Nike, dans l’Oregon. Les retombées économiques pourraient selon eux être colossales pour le pays.

L’Oregon pour Q.G., Washington pour cible

Le républicain Earl Blumenauer, membre du Congrès représentant la troisième circonscription de l’Oregon, a lui aussi assisté à ce sommet. Et pour cause : il a entre autres soutenu le projet de loi baptisé « Waxman-Markey », qui d’après ses instigateurs a vocation à donner une nouvelle impulsion à la croissance en investissant dans une économie verte. Le taux de chômage avoisine les 11% dans l’Oregon. Or des milliers d’emplois verts pourraient être créés par le biais de subventions destinées à supporter la restructuration des entreprises sensibles à l’écologie. C’est en tout cas ce que croient les acteurs de cette petite révolution, qui aspirent à purifier l’économie et à rendre l’Oncle Sam plus compétitif. Ils ont été confortés dans leur volonté de miser sur l’environnement par une étude de 2009 menée conjointement par les universités de Californie, de l’Illinois et de Yale qui table sur près d’un million d’emplois verts créés à l’échelle nationale.

Mais si la loi a convaincu les membres de la Chambre des Représentants en juin dernier, ce fut de justesse. Et convertir les sénateurs sera encore plus compliqué.

C’est pour les inciter à voter en faveur d’une législation sur le changement climatique que la campagne « Race for American Jobs : Clean Energy Leadership » s’est achevée à Washington D.C devant le Capitole le 10 mars. Après une « tournée » de trois semaines dans le Colorado, l’Ohio et le New Hampshire, ses instigateurs ont récolté un maximum de signatures de businessmen qui, ils l’espèrent, pourraient éventuellement faire pencher la balance une fois les débats engagés au Sénat.

L’initiative s’inscrit dans le cadre plus large de la campagne We Can Lead, supportée par the Clean Economy Network et Ceres’ Business for Innovative Climate and Energy Policy (BICEP). Nike, Starbucks et Levi Strauss & Co en sont membres, aux côtés d’autres fers de lance de l’économie américaine comme eBay, Timberland et Gap.

Passera, passera pas ?

Les défenseurs du projet ont avancé des arguments de choc. Une telle loi viserait en effet à renouer avec la croissance pour concurrencer la Chine. « Nous ne devons plus être le plus grand consommateur des produits verts venus de Chine », a estimé Earl Blumenauer.

Cette mutation économique passe aussi naturellement par la promotion de la recherche-développement, si chère aux Américains : l’innovation, en particulier dans le domaine des énergies renouvelables, sera donc encouragée pour faciliter la réduction de la dépendance des Etats-Unis vis-à-vis des puissances pétrolières.

Le projet Waxman-Markey est cependant loin de faire l’unanimité. Au cœur de la controverse, le principe du « cap and trade », autrement dit du plafonnement des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de la mise en place d’un marché de quotas d’émissions de CO2.

Le Président Obama a pris les devant le 9 mars en conviant des sénateurs à la Maison Blanche pour essayer d’avancer sur cet épineux dossier. Le démocrate John Kerry et le républicain Lindsey Graham étaient notamment de la partie. Avec l’aide du sénateur Joe Lieberman, ils sont chargés de rédiger un nouveau projet de loi dans lequel de simples « objectifs de réduction de la pollution » se substitueraient au système du « cap and trade » qui pourrait ne plus apparaître.

Le chef de l’exécutif américain n’en entend pas moins faire de l’environnement, un temps éclipsé par la réforme du système de santé – un sujet tout aussi épineux – l’un de ses principaux chevaux de bataille, ainsi qu’en témoignent les engagements récemment contractés par la Maison Blanche.

Face aux lobbies pétroliers et à tous ceux qui s’interrogent sur les bénéfices qu’une taxe pourrait avoir sur l’environnement, des géants comme Nike sont-ils à même de rivaliser ? L’opération séduction ne devra en tout cas oublier personne.

Flickr - Alotor
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