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Nicolas Sarkozy s’oppose à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim

Nicolas Sarkozy s'oppose à la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim
Au grand dam des écologistes, Nicolas Sarkozy a assuré ce matin que la centrale de Fessenheim, jugée « conforme » par l'ASN, poursuivra à ce titre ses activités.

Le gouvernement n’avait pris personne en traître, affirmant à plusieurs reprises qu’il s’alignerait scrupuleusement sur les recommandations de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Cette dernière a pu constater tout à l’heure qu’elle ne prêche effectivement pas dans le désert.

Un peu plus d’un mois après s’être prononcée pour la poursuite des activités de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), dans le collimateur de nombreux élus concernés alsaciens, francs-comtois, allemands et suisses et ciblée par les associations de protection de l’environnement, Europe Écologie-Les Verts (EELV) ainsi que par François Hollande – lequel s’est engagé à la fermer si d’aventure il remportait les prochaines élections présidentielles -, l’ASN a vu son voeu exaucé. Les habitants du village aussi, eux qui assurent avoir toute confiance en « leur » centrale, qui fêtera cette année son trente-cinquième anniversaire, indépendamment des divisions qu’elle suscite au sein de la classe politique française depuis l’accident de Fukushima (Japon). Celui-ci a beau avoir considérablement accentué le doute sur ses récents dysfonctionnements et, d’une manière générale, accru la suspicion sur l’atome, la centrale de Fessenheim a beau n’être à l’abri ni d’un séisme, ni d’inondations, les deux unités sont trop différentes pour pouvoir être comparées.
Tel semble aussi le point de vue de Nicolas Sarkozy, pragmatique ou irresponsable selon qu’on soit « pro » ou « anti », suppôt de la « nucléocratie » aux dires de ses adversaires de gauche, qui était en déplacement ce matin dans le Haut-Rhin. Souvent accusé de suivre le sens du vent, le chef de l’État n’a cependant pas varié d’un pouce sur le volet énergétique et l’a répété à maintes reprises depuis mars : bien que ses relations avec son homologue allemande semblent aujourd’hui au beau fixe, au point que cette dernière assistera à quelques-uns de ses meetings électoraux, il ne suivra pas l’exemple d’Angela Merkel, qui s’est prononcée pour une sortie définitive de l’Allemagne du nucléaire à l’horizon 2022. Alors que nos voisins d’outre-Rhin ont dû remettre en service certains réacteurs atomiques pour faire face au pic de consommation généré par la vague de froid qui s’est abattue sur l’Europe, on doute qu’il regrette son inflexibilité.
« On ne fermera pas (la centrale de Fessenheim), il n’en est pas question », a fait savoir le président de la République, alors que, certes avant que l’ASN ne rende son verdict, la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet n’avait pas écarté formellement cette hypothèse. « Pourquoi on la fermerait pour des raisons politiques ? », a-t-il demandé devant des salariés EDF, rapportent nos confrères de l’AFP, estimant qu’il s’agirait d’une « erreur magistrale ». Un désaveu on ne peut plus net des desseins des écologistes, pour qui Fessenheim ne présente plus aujourd’hui toutes les garanties de sécurité nécessaires à la prolongation de sa durée de vie.
Il s’agit dans l’esprit de M. Sarkozy d’une position de principe qui fait fi de l’opinion des experts. Et l’Élysée d’interroger : « On a besoin de la centrale pour le chauffage et l’industrie, c’est 70 % de l’électricité nécessaire en Alsace. Où est-ce qu’on irait la chercher ?

« S’il y avait eu le moindre doute sur la sûreté de la centrale, si les autorités avaient pointé la moindre faiblesse, je n’aurais pas hésité une seconde »

« S’il y avait eu le moindre doute sur la sûreté de la centrale, si les autorités avaient pointé la moindre faiblesse, je n’aurais pas hésité une seconde à demander à EDF de fermer Fessenheim », a poursuivi le chef de l’État, qui a de nouveau évoqué « l’emploi dans la filière nucléaire », « la compétitivité de notre industrie » et « l’indépendance énergétique », trois des maîtres-arguments des défenseurs de l’atome. « L’ASN affirme que les centrales de notre parc présentent un niveau de sûreté permettant de continuer à les exploiter. Toutes, y compris Fessenheim », a-t-il conclu.
Des propos définitifs qui n’ont bien sûr pas été du goût des Jeunes Écologistes français, des Jeunes Verts Suisses et des Jeunes Verts allemands, auteurs d’un communiqué commun et selon lesquels « le président français n’a pas encore tiré les enseignements de la catastrophe de Fukushima ». « Aucun chef d’État européen ne peut encore défendre seul cette technologie dont les risques ne s’arrêtent pas à la frontière. Les travaux de sûreté n’y changeront rien, l’histoire nous a enseigné que le nucléaire sûr n’existe pas », ont-ils ajouté, faisant à la fois référence aux abandons décidés en Allemagne et en Suisse, au report sine die du programme nucléaire italien et à la calamiteuse gestion française de la crise suscitée par l’accident de Tchernobyl (Ukraine).
Qualifiée de « véritable bombe à retardement », la centrale de Fessenheim doit de fait cesser ses activités au plus vite, sachant que « le moindre incident d’importance sur un tel site aurait des conséquences dramatiques, à la fois pour la France, l’Allemagne et la Suisse voisines, mais aussi pour toute l’Europe occidentale ».
Pas faux, mais l’ASN est persuadée qu’aucun drame ne peut se produire. Pourvu qu’elle soit dans le vrai…

Wikimedia Commons – Florival fr / flickr - sortirdunucleaire
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  • visiteur

    “nos voisins d’outre-Rhin ont dû remettre en service certains réacteurs atomiques pour faire face au pic de consommation généré par la vague de froid qui s’est abattue sur l’Europe”
    Voilà l’explication ! Qui va piano va sano.