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Nicaragua : la FIDH dénonce un projet de canal à haut risque

Le canal interocéanique du Nicaragua est un projet qui vise à relier l’océan Atlantique à l’océan Pacifique par le biais d’une voie navigable. Vivement contesté par les organisations écologistes et scientifiques du monde entier, ce projet est aujourd’hui critiqué par la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). Cette dernière tire en effet la sonnette d’alarme et appelle le Nicaragua à abandonner purement et simplement le projet en raison des sérieux préjudices qu’il causerait aux populations et à l’environnement.

Le canal interocéanique du Nicaragua vise à construire une voie fluviale à travers l’Amérique centrale. Véritable concurrent du canal de Panama (par lequel transite 5% du commerce maritime mondial), ce projet est porté par le gouvernement du président Daniel Ortega. Ce dernier a notamment accordé au groupe chinois HKND une concession afin de développer puis administrer sur une période de 116, une voie maritime interocéanique de 270 kilomètres. Le budget du projet est estimé à près de 50 milliards de dollars.

“Il est impensable de brader un territoire de la sorte. Le gouvernement doit faire marche arrière”, estime le président de la FIDH, Dimitris Christopoulos, qui dénonce un projet ayant des “conséquences dramatiques sur l’environnement et les droits de l’homme”.

Expropriation des citoyens sans recours possible, répression policière vis-à-vis des opposants au projet, atteinte au droit de vivre dans un environnement sain, nuisances à l’activité de plus de 100.000 paysans… La liste des violations aux droits de l’homme engendrées par ce projet de canal interocéanique est, selon le FIDH, interminable.

L’ONG fédérative, dont la vocation est d’agir concrètement pour le respect de la Déclaration universelle des droits de l’homme, s’inquiète en particulier du sort des 119.200 citoyens nicaraguayens qui devraient être expropriés pour mener à bien les travaux de construction. La société chinoise HKND estime ce chiffre à 27.000 personnes.

De leur côté, les défenseurs de l’environnement craignent une catastrophe écologique : l’édification d’un tel canal sous-entend en effet la destruction de 193.000 hectares de forêts et menacer l’intégrité du Lac Cocibolca. Ce dernier, la plus grande réserve d’eau douce d’Amérique centrale, alimente notamment 80.000 habitants en eau douce. “Les concessions de l’eau ne doivent pourtant pas excéder 30 ans selon le droit nicaraguayen. La construction du canal affectera sans aucun doute les 80 000 personnes qui utilisent l’eau du lac et les 40 espèces de poissons qui y vivent. Il causera également des pollutions aux hydrocarbures, des problèmes de salement et de turbidité. Aucun élément s’apparentant au développement durable n’a été inscrit dans ce projet”, déplore le FIDH.

Le gouvernement du Nicaragua n’a pas jugé utile de commenter ce rapport, malgré les sollicitations des journalistes. “L’état nicaraguayen a qualifié les leaders qui s’opposent à la concession du canal d’ennemies du développement”, indique cependant le FIDH.

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