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Pollution : les grands débleuisseurs des mers

Pollution : les grands débleuisseurs des mers
Une des, très, nombreuses victimes animales des marées noires...

Mal voire pas contrôlés, pris par la tempête, victimes d’erreurs humaines ou d’avaries matérielles, ces pétroliers (dont certains ont été remis en  l’état par la suite) ont provoqué quelques-unes des plus grands catastrophes écologiques de l’histoire. La liste est longue et fait d’autant plus peur qu’elle n’est pas exhaustive.

1967, le Torrey Canyon : Ce supertanker battant pavillon libérien a effectué son baptême maritime en 1959. Affrété par la filiale etatsunienne de  l’Union Oil Company of California, le navire quitte le Koweït le 19 février 1967 lesté de 119 000 tonnes de pétrole brut. Il se brise sur un récif puis coule, et avec lui la totalité de sa cargaison, un mois plus tard, non loin de Land’s End, au sud-est des côtes anglaises. Les côtes bretonnes sont aussi touchées. Confrontée à une situation inédite, la Royal Navy utilise du détergent pour essayer de disperser le pétrole. À partir du 28 mars, l’armée de l’air britannique envoie 42 bombes sur l’épave, des jerricans de gasoil pour constituer un brasier sur ses deux sections et du napalm, afin d’allumer le pétrole jusqu’à ce que le Torrey Canyon n’en contienne plus. Autant d’initiatives spectaculaires qui n’ont pas suffi à empêcher le mazoutage de l’écosystème marin et le pétrole restant d’arriver sur les côtes.

1971, le Texaco Denmark : Ce navire échoue en mer du Nord, au large de la Belgique, le 7 décembre. Il transportait 106 300 tonnes de pétrole.

1972, le Sea Star : Battant pavillon coréen, le supertanker Sea Star chavire le 19 décembre dans le Golfe d’Oman. 115 000 tonnes de pétrole se déversent dans la mer du même nom.

1975, le Jakob Maersk : Ce navire danois coule à l’entrée du port de Leixoes (Portugal) le 29 janvier. Il transportait alors 84 000 tonnes de pétrole; L’accident fait sept morts et provoque des dégâts d’une ampleur inédite : une cinquante kilomètres des côtes lusitaniennes sont souillées.

1975, le Corinthos : Battant pavillon de complaisance libérien, le Corinthos coule le 31 janvier alors qu’il navigue sur le Delaware (Etats-Unis) avec une cargaison de 36 000 tonnes de pétrole. Relativement méconnu, ce naufrage a pourtant provoqué la mort de 26 membres d’équipage, en plus de polluer durablement l’embouchure du fleuve.

1976, l’Olympic Bravery : Ce pétrolier battant lui aussi pavillon libérien échoue au large d’Ouessant le 24 janvier. Quatre membres d’équipage trouvent la mort et 1 200 tonnes de fuel de soute se déversent dans l’océan Atlantique. Des conditions climatiques défavorables propagent le fuel, bientôt visible sur quatre kilomètres de côtes.

1976, l’Urquiola : Ce supertanker espagnol coule non loin de La Corogne le 12 mai. Les cotes galiciennes sont très gravement touchées, les 101 000 tonnes de pétrole se répandant sur plus de 200 kilomètres. Le naufrage fait aussi un mort et provoque une importante pollution atmosphérique.

1976, le Boehlen : Le tanker est-allemand Boehlen coule au large de l’île de Sein le 15 octobre. Le bilan quantitatif est terrible : 28 morts et 7 000 tonnes de pétrole dispersées dans l’océan Atlantique. Les côtes de l’île mais aussi celles du continent sont touchées.

1977, l’Hawaiian Patriot : Ce vétuste supertanker libérien échoue en plein Pacifique, à 550 kilomètres à l’ouest d’Hawaï, avec une cargaison dramatique de 95 000 tonnes de pétrole.

1978, l’Amoco Cadiz : L’une des pires catastrophes écologiques de l’histoire. Parti du Golfe Persique pour Rotterdam, ce supertanker de plus de 330 000 tonnes de long, immatriculé au Libéria et lancé quatre ans plus tôt, transportait 220 000 tonnes de pétrole brut iranien, auxquelles se sont ajoutées 3 000 tonnes de fuel.

Le 16 mars, à 9h45, il tombe en avarie de gouvernail alors qu’il se trouve à 7,5 milles de l’île d’Ouessant. La mer est particulièrement agitée, des rafales de vent de force 9-10 sont enregistrées et des creux de huit mètres sont observés. Toutes les tentatives de remorquage se soldent par des échecs, et à 21h43, le capitaine lance des fusées de détresse : la marée noire commence. La houle compromet gravement le pompage des hydrocarbures, aussi les autorités ont-elles recours à des dispersants dont la toxicité rendra plus tard leur utilisation interdite des zones où la profondeur est inférieure à cinquante mètres. La tempête empêche la Marine Nationale de mener à bien son projet d’installation de station de pompage, lequel est abandonné quelques jours plus tard. Le 25 mars, il s’avère que l’Amoco Cadiz a déjà perdu près de 90 % de sa cargaison. Quatre jours plus tard, l’épave est localement dynamitée par les plongeurs de la Marine Nationale pour vider le reste du pétrole directement et ainsi éviter un suintement permanent des soutes.

La marée noire provoque la pollution de 360 kilomètres de côtes entre Brest et Saint-Brieuc et d’immenses dégâts sur la faune. Au total, près de 10 000 oiseaux auraient péri, et 35 espèces de poissons auraient été touchées. Agriculteurs et sapeurs-pompiers ont été sollicités pendant de longues semaines, et la Marine Nationale a mis à disposition 4 500 hommes et 50 bateaux entre le 17 mars et le 7 mai. Les images des volontaires en ciré jaune venus leur prêter main forte, enlever le goudron à la pelle et récupérer les oiseaux mazoutés à la main, elles, restent gravées dans bien des mémoires.

A moyen terme, les pêcheurs et les ostréiculteurs ont été confrontés à une grave crise. Cette année-là, les hôteliers, eux, ont enregistré une diminution de leur chiffre d’affaire de 50 %. À la suite du naufrage, un listing des procédures à adopter en cas d’urgence a été dressé et les sémaphores ont commencé à se doter de radars. La pollution eut en effet été moins considérable s’ils avaient été pourvus d’équipements modernes qui leur auraient permis de mieux rendre compte de la situation aux autorités terrestres.

Enfin, plusieurs organisations écologiques ont lancé un appel au boycott des produits Shell (à laquelle le pétrole était destiné). A noter que l’entreprise néerlandaise n’a pas directement participé au nettoyage collectif et intenta un procès à certaines d’entre elles (dont Les Amis de la Terre de Brice Lalonde). Elle le gagna, en plus d’une énorme somme d’argent justifiée par le théorique préjudice financier qu’elle eut toutefois la décence de ne pas récupérer.

Crédit photo : Flickr - marinephotobank

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