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Marée noire : Tony Hayward quittera son poste le 1er octobre

Marée noire : Tony Hayward quittera son poste le 1er octobre
Sur un siège éjectable depuis de longues semaines en raison d'une accumulation de bourdes, le directeur général Tony Hayward (à g.) cèdera la place à l'Américain Bob Dudley (quatrième à g.) dans un peu plus de deux mois. Il deviendra administrateur non-exécutif de TNK-BP

Les médias se sont donc en partie trompés. Annoncé partant dès aujourd’hui par plusieurs de nos confrères, le directeur général de BP Tony Hayward cèdera finalement la place à l’Américain Robert Dudley, cinquante-quatre ans, dans un peu plus de deux mois.

Rappelons que ce dernier, qui sera le premier non-britannique à diriger l’entreprise et aura fort à faire pour redorer son blason, a déjà succédé au très controversé « Tony La Gaffe » à la gestion quotidienne de la marée noire dans le Golfe du Mexique le mois dernier.

Aisément compréhensible, la mise à l’écart de M. Hayward, coupable entre autres d’épanchements autocentrés en pagaille et d’avoir usé d’une rhétorique victimaire mal à propos vu l’ampleur de la catastrophe, n’en est donc pas moins progressive.

Une indemnité très confortable

Elle a en outre été décidée à la suite d’un « accord mutuel » avec le conseil d’administration du groupe pétrolier. Et le moins qu’on puisse dire est que le nouvel « ennemi public numéro un » de l’Oncle Sam s’en sort déjà à très bon compte puisqu’il percevra une indemnité d’un an de salaire, soit un peu plus d’un million de livres et un million deux cent mille euros. En attendant peut-être mieux.

Étant donné les spéculations de la presse et ses maladresses à répétition, qui lui ont d’ailleurs valu les surnoms de « Patapouf » et de « Tiny (NDLR : « Le tout petit ») Hayward », nombreux sont ceux qui s’attendaient à ce qu’il annonce sa démission dans la journée, en marge de la publication de résultats semestriels faisant état d’une perte ajustée de près de dix-sept milliards de dollars (environ treize milliards d’euros) largement imputable aux coûts générés par l’explosion de la plateforme Deep Water Horizon le 20 avril – opérations de nettoyage, dédommagements. Les (nombreux) opposants à M. Hayward, la classe politique américaine en tête, vont toutefois devoir prendre leur mal en patience.

La direction « profondément attristée »

Quant aux partisans d’un limogeage pur et simple ils seront déçus d’apprendre que le futur ex-directeur général de BP, cinquante-deux ans et employé du groupe depuis 1982, va récupérer une place de choix. Il deviendra en effet administrateur (non-exécutif) de TNK-BP, propriété à 50 % de la multinationale britannique et troisième groupe pétrolier de Russie (NDLR : A noter que M. Dudley en a également été le responsable avant qu’un différend entre BP et ses partenaires russes ne le contraigne à quitter le pays).

Pas sûr que ce dernier gagne au change en matière de communication, quoique le serial-gaffeur aura peut-être le temps de rectifier le tir d’ici à cette prise de fonction. Quant à la direction de BP, on devrait bientôt savoir si elle prendra le risque d’offrir un « golden parachute » à l’insolent le plus méprisé des États-Unis. Pour l’heure elle s’est déclarée « profondément attristée de perdre un directeur général dont le succès pendant trois ans pour piloter la performance de l’entreprise a été si largement admirée, et de manière si méritée ». Engoncée dans une vision purement « marketing » elle a sans doute manqué un épisode.

Crédit photo : Wikimedia Commons – Pete Souza
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