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Marée noire : La fuite colmatée

Marée noire : La fuite colmatée
Plus de cinq cent millions de litres de brut se sont répandus dans le Golfe du Mexique depuis le 20 avril. L'effroyable fuite pourrait toutefois, à condition que le puits supporte une pression qui doit elle même être ni trop peu ni trop élevée, être très prochainement stoppée de manière définitive

Pour la première fois depuis l’explosion de Deep Water Horizon le 20 avril dernier, BP est parvenu à stopper l’écoulement de pétrole dans le Golfe du Mexique.

Il ne pourrait s’agir que d’une accalmie mais c’est tout de même la première vraie bonne nouvelle depuis près de trois mois. Coupable de ne pas avoir pris ses dispositions pour faire face à une catastrophe écologique majeure, le groupe pétrolier était allé jusque là de Charybde en Scylla, entre sous-estimations répétées de l’ampleur de la catastrophe, utilisation de produits dispersants finalement interdits par l’Environment Protection Agency (EPA), retrait du premier dôme de confinement, échec du procédé « Top Kill » et dernièrement suspension du test préalable à la mise en service du nouvel entonnoir à la suite de la constatation d’une fuite imprévue sur un conduit.

Celle-ci aura été rapidement réparée et ledit test a pu débuter hier soir. La multinationale britannique est ensuite parvenue à fermer la totalité des valves de sa nouvelle superstructure « Top Hat 10 » de soixante-quinze tonnes conçue pour « capter » l’équivalent de quatre-vingt mille barils de brut par jour (c’est-à-dire treize millions de litres de pétrole), sachant que les estimations les plus récentes variaient entre trente-cinq mille et soixante mille barils déversés quotidiennement dans l’Atlantique. Conséquence directe l’action a bondi à Wall Street pour finir la séance en hausse de 7,57 %. La direction de BP a dû apprécier étant donné l’effondrement de la capitalisation boursière du groupe, l’allongement constant de la facture de la marée noire – on approche désormais des quatre milliards de dollars (environ trois milliards quatre-vingt millions d’euros) – et les rumeurs d’une fragilisation qui aurait fini par éveiller l’intérêt du concurrent américain ExxonMobil.

La prudence reste de mise

Barack Obama, qui doit s’exprimer aujourd’hui au sujet de cette nouvelle capitale, a évoqué un « signe positif » tout en rappelant qu’il s’agissait « toujours d’une phase de test ». Même satisfaction pudique de la part des responsables de BP, dont on peut désormais penser qu’ils ont trop souvent pêché par excès d’optimisme jusque là pour encore tomber dans ce travers.

« Dans quelques jours cela pourrait être encore plus encourageant, mais non nous ne crions pas victoire », a ainsi déclaré Doug Shuttles, directeur d’exploitation du groupe. Désillusions et mauvaises surprises ayant été légion ces dernières semaines, les acteurs de la marée noire, qu’ils soient membres de l’administration américaine, organisateurs des opérations de secours ou hauts responsables chez BP, ne cèdent donc pas à l’euphorie.

On ne saurait leur donner tort dans la mesure où les tests peuvent encore entraîner des dégâts irréversibles sur la structure du puits, profond de quatre kilomètres. Plus précisément une pression trop importante après la fermeture des valves de sécurité précitées risquerait d’endommager le coffrage et par ricochet être à l’origine de fuites qui seraient aux dires de certains experts plus difficiles – sinon impossibles – à stopper. À l’inverse si la pression était trop faible cela signifierait que du brut s’écoule ailleurs. Effrayante, cette hypothèse a été soulevée dès le début de la catastrophe par la direction de BP et les autorités américaines, lesquelles redoutaient que l’explosion de la plateforme ait ébréché le puits (NDLR : Les analyses sismiques n’ont cependant rien révélé de cette nature). On en saura davantage sur ce point crucial dans les heures qui viennent.

La marée noire est donc devenue une affaire de pression. Tous espèrent maintenant qu’elle sera assez élevée et que dans le même temps le puits sera suffisamment solide pour la supporter. Si par malheur l’opération devait se solder par un échec les regards convergeraient vers le forage des deux puits d’appoint entrepris depuis de longues semaines par les techniciens de la multinationale britannique, sachant que le premier d’entre eux devrait être opérationnel au plus tôt début août et qu’entretemps, même si des bateaux de pompage seraient mobilisés, quelques millions de litres supplémentaires se répandraient dans le Golfe du Mexique. Ils s’ajouteraient aux cinq cent vingt millions estimés mardi par l’Agence internationale de l’Énergie (AIE).

« Nous pouvons voir la lumière à la fin du tunnel […] Si la marée noire était un drame en trois actes, nous en serions au troisième et dernier acte », a estimé le scientifique américain Michio Kaku. Dans son esprit les conséquences écologiques irréversibles sur des milliers d’espèces, pour ne citer qu’elles, ne font manifestement pas partie du scénario…

Crédit photo : United States Coast Guard
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