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Marée noire : BP refuse de régler l’intégralité de la note

Marée noire : BP refuse de régler l'intégralité de la note
Quarante milliards de dollars, c'est-à-dire vingt-huit milliards cinq cents millions d'euros : c'est d'après la direction de BP l'investissement que devrait représenter pour la multinationale britannique la marée noire dans le Golfe du Mexique. Elle s'en relèvera

Accusée en fin de semaine dernière – et Halliburton avec elle – par la commission d’enquête américaine d’avoir eu en sa possession dès le mois de mars des éléments indiquant que le ciment injecté pour le coffrage du puits Macondo était instable, la multinationale britannique fait encore les gros titres de l’actualité environnementale. Pour de mauvaises raisons encore une fois…

De l’explosion de Deepwater Horizon a découlé une catastrophe écologique sans précédent dans le Golfe du Mexique. De celles qui bouleversent le citoyen, éco-converti ou non, qui font réfléchir des autorités attendues au tournant et sur lesquelles une proportion plus ou moins importante de la population « transfère » le gros de sa colère. De celles aussi auxquelles un sinon des noms sont étroitement associés. Ainsi la plus importante marée noire de l’histoire des États-Unis, funeste saga avec son lot de dramatiques et de rebondissements et l’un des événements les plus médiatisés de l’année, sera à jamais frappée du sceau de l’inconséquence de Transocean Ltd, Halliburton et BP, locataire de la plateforme qui a de surcroît fait montre d’un cynisme indexé sur la gravité de la situation.

Des minables passes d’arme devant le Sénat aux boulettes à répétition du finalement tricard Tony Hayward, pour ne citer qu’elles, le groupe pétrolier a réussi le tour de force de se mettre à dos l’administration Obama – dont il apparaît aujourd’hui qu’elle a d’abord surestimé sa capacité à contenir la déferlante de brut – et une écrasante majorité de l’opinion publique internationale. Malgré des promesses relatives à la sécurisation de l’ensemble de ses structures, le déblocage de montants conséquents en vue de créer des fonds environnementaux et des demandes d’indemnisation globalement honorées il n’a jamais fait profil bas et l’a encore prouvé hier.

Des factures pour un total de près d’un milliard neuf cents millions de dollars

Moex offshore, une filiale de la société japonaise Mitsui Oil Exploration qui possédait 10 % des parts du puits sous-marin à l’origine du cataclysme, a en effet indiqué avoir « reçu des factures de BP dont le total, au 2 novembre 2010, (atteignaient) un milliard huit cent quatre-vingt dix-huit millions de dollars » (environ un milliard trois cent cinquante millions d’euros). Une somme que ladite filiale pourrait être dans l’impossibilité de payer. Elle a en tout cas différé le règlement de cette addition pour le moins salée, dans l’attente des conclusions des enquêtes actuellement en cours, qui doivent « déterminer les faits et circonstances autour de l’accident ».

Ironie du sort, cette annonce est intervenue le jour de la publication officielle des résultats du troisième trimestre de BP, qui aura finalement réussi à sortir la tête du sac. La multinationale britannique a ainsi réalisé un bénéfice net d’un milliard sept cent quatre-vingt cinq milliard de dollars (un milliard deux cent soixante et onze millions d’euros), c’est-à-dire à cent treize millions de dollars près – une goutte d’eau au regard de sa puissance financière – ce qu’elle réclame à Moex offshore.

Rappelons qu’elle avait accusé une perte nette de seize milliards neuf cents millions de dollars (douze milliards d’euros) lors du précédent pointage, soit la plus grosse perte trimestrielle de toute l’histoire des entreprises britanniques, laquelle était due aux premières provisions qu’avait dû effectuer BP après l’explosion de Deepwater Horizon. Celles-ci ont atteint près de quarante milliards de dollars (vingt-huit milliards cinq cents millions d’euros), le coût total que pourrait finalement représenter la marée noire aux dires des responsables du groupe. À noter en outre que cette estimation est supérieure de sept milliards sept cents millions de dollars (cinq milliards quatre cent quatre-vingt millions d’euros) à la précédente.

Une réévaluation à la hausse qui ne devrait cependant avoir qu’un impact limité sur la trésorerie de BP, colosse au pied tout compte fait pas si argileux que supposé par certains experts. Arrivé presque à mi-chemin de son programme de cession d’actifs [qui vise à récolter entre vingt-cinq et trente milliards de dollars (de dix-sept milliards huit cents millions d'euros à vingt et un milliards trois cent soixante-dix millions d'euros ) d'ici à la fin de l'année prochaine], il devrait bientôt reprendre le paiement des dividendes à ses actionnaires, lequel avait été suspendu sous la pression conjointe de l’opinion et de la Maison Blanche.

Les secousses n’auront donc selon toute vraisemblance duré qu’un temps. Indépendamment de sa santé financière recouvrée, l’essentiel demeure toutefois que BP en ait tiré les conclusions écologiques qui s’imposent. Attendons et croisons les doigts…

Crédit photo : Wikimedia Commons – NASA/GSFC / Infrogmation of New Orleans
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