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La recrudescence du nombre d’attaques perpétrées sur les surfeurs inquiète les pouvoirs publics alors que le grand requin blanc, dont les effectifs sont pourtant en perpétuelle diminution en raison de la pêche intensive, pourrait perdre son statut d’espèce protégée en Australie.
La dernière attaque mortelle, qui s’est produite le 23 juillet dernier, a fait l’effet d’une bombe. Préfet sur le départ, Michel Lalande a ainsi franchi le Rubicon, d’aucuns diraient, à l’image des responsable de l’ONG de protection de l’environnement Sea Shepherd, cédé à la panique en pliant sous le poids des pressions des associations de surfeurs et des professionnels du nautisme. Ce dernier n’en était en fait pas à son coup d’essai, ayant déjà , dans la foulée d’un autre accident mortel en septembre dernier, donné son aval pour des battues dites « préventives » ciblant les requins de la réserve marine. Son successeur adoptera-t-il la même ligne de conduite ?
Un autre surfeur – expérimenté et âgé d’une quarantaine d’années, a précisé le secrétaire général de la préfecture Xavier Brunetière, interrogé par nos confrères de l’AFP - a en tout cas été grièvement blessé au pied droit et à la main ce week-end au large de Saint-Leu, sur la côte ouest. Si le pronostic vital n’est cette fois pas engagé, il s’agit tout de même du troisième accident depuis le début de l’année, le huitième en l’espace d’une vingtaine de mois. De quoi inciter les autorités locales à au moins multiplier les messages de prudence.
Piliers de la biodiversité marine, les squales n’en semblent pas moins dans leur viseur et une question se pose avec insistance : ont-ils fait de la réserve marine précitée, qui s’étend sur trois mille cinq cents hectares et dans laquelle l’article 10 du décret relatif à sa création stipule que « les activités sportives, ludiques, pédagogiques, touristiques et de promenade ne doivent pas porter atteinte à l’intérêt et au patrimoine », leur nouveau garde-manger ? Telle est en tout cas l’opinion de nombreux élus, surfeurs et autres usagers de la mer, selon lesquels elle est directement à l’origine de la prolifération des requins près des côtes.
Les requins disculpés par la science
Président du Comité des pêches cité par l’AFP, Jean-René Enilorac a déclaré sans ambages : « Ils bouffent tous nos poissons. » Pêcheur depuis quarante ans également cité par l’Agence, Nicolas Hoarau souligne de son côté que les requins, attirés par les poissons de la réserve ou par ceux qui se regroupent près des bouées délimitant son périmètre, s’approchent de plus en plus des côtes.
« Mettre une réserve au beau milieu d’une zone balnéaire, c’est unique au monde », dénonce quant à lui Amaury Lavernhe, champion du monde de bodyboard, tandis que le maire de Saint-Leu Thierry Robert avait la semaine dernière publié un arrêté autorisant la pêche aux requins « par tous moyens » avant de retirer son texte. Il a en effet obtenu entretemps l’assurance du ministre de l’Outre-Mer Victorin Lurel qu’« une étude sérieuse (serait menée) en vue d’une révision du périmètre de la réserve », dixit l’édile, interrogé par l’AFP. De même, l’État s’est engagé à encadrer et à prendre les opérations de pêche à sa charge, ce qui n’augure pas de relations distendues avec EELV (Europe Écologie-Les Verts)…
Reste l’avis du Conseil scientifique de la réserve, lequel certifie a contrario que la prolifération des requins (NDLR : dont une vingtaine d’individus a été équipée de balises acoustiques depuis décembre pour pouvoir suivre leurs déplacements. Aussi leur éventuelle capture permettrait d’autant moins d’avoir le fin mot de l’histoire…) aux abords des côtes ne saurait provenir de celle-ci étant donné que « les poissons ne sont pas encore au rendez-vous ». La zone en compte par ailleurs de deux cents à quatre cents kilos par hectare, soit environ « trois fois moins » que la plupart des récifs indo-pacifiques aux dires du vice-président du Conseil Roland Troadec, lui aussi contacté par l’AFP.
Émise par sa collègue Pascal Chabanet, l’hypothèse d’un afflux provoqué par une hausse des rejets de déchets (http://www.zegreenweb.com/tag-d%C3%A9chets) en mer, phénomène consécutif l’urbanisation constante de l’île, apparaît plus crédible. Mais sans doute plus difficile à admettre.

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