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La survie du thon rouge entre les mains de l’ICCAT ?

La survie du thon rouge entre les mains de l'ICCAT ?
L'explosion de la demande de sushis dans les pays occidentaux a largement contribué à la dégradation des stocks de thons rouges. Le comité scientifique de l'ICCAT plaide pour une diminution sensible des quotas de pêche pour leur permettre de se régénérer. Insuffisant pour Greenpeace, qui milite pour un arrêt total de la pêche industrielle, revendication qui n'a pour l'heure quasiment aucune chance d'être entendue...

Le comité scientifique de l’ICCAT (Commission internationale pour la conservation des thonidés de l’Atlantique) plaide pour une importante baisse des quotas de pêche annuelle. On saura courant novembre si la Commission validera ou non son analyse.

Défenseurs de l’environnement et pays pêcheurs retiennent leur souffle alors que les travaux du comité scientifique de l’ICCAT, l’organisation de pêche inter-gouvernementale responsable de la conservation des thonidés – mais aussi « des espèces apparentées de l’océan Atlantique et de ses mers adjacentes », dixit son site Internet -, viennent de s’achever à Madrid. Il faudra toutefois attendre le mois prochain et la réunion de la Commission à Paris pour savoir si elle a en partie entendu les injonctions des premiers et les craintes de ses spécialistes, lesquels estiment que l’optimisation des chances de survie de l’espèce passe par une réduction sensible des quotas de pêche annuels.

L’association Greenpeace prône quant à elle un arrêt total et immédiat de la pêche industrielle. Une perspective qui n’enchante pas les autorités nippones, pour qui le thon rouge est devenu, compte-tenu de la forte hausse de la demande de sushis dans les pays occidentaux, un maillon important de l’économie de la pêche du pays. Rappelons que le Japon, allié à la Chine et à la Tunisie, avait eu raison des desiderata de l’Union Européenne – dont il faut préciser qu’elle détient l’essentiel des quotas – lors de la réunion de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvage menacées d’extinction) qui s’est tenue en mars dernier à Doha (Qatar). Le refus de la Convention d’interdire le commerce du poisson le plus médiatisé de l’année avait suscité l’ire des associations, dont Sea Shepherd, à l’origine d’une campagne coup de poing explicitement intitulée « Blue Rage » en juin, campagne qui prit fin quand la Commissaire européenne en charge de la Pêche Maria Damanaki décida de mette un terme prématuré à la saison de pêche.

L’UE doit réduire les quotas pour être en conformité avec ses propres règles

Le Parlement européen a ensuite adopté un nouveau système de suivi pour protéger l’espèce des captures illégales, sans toutefois jeter les bases d’une législation purement prohibitive, les intérêts financiers des pays asiatiques devant aussi être pris en compte.

L’UE s’est cependant fixée comme objectif « la reconstitution de tous les stocks de poissons d’ici à 2015 dans le cadre de la politique européenne des pêches ». « Un objectif qui serait atteint avec le quota global de moins de six mille tonnes », souligne Greenpeace sur son site Internet, estimations du comité scientifique de l’ICCAT à l’appui. Et l’ONG de déplorer « l’incapacité des membres de la Commission à gérer durablement la pêche du thon rouge ces dernières années ». « L’immense incertitude qui pèse sur l’état réel de la population de cette espèce (devrait) amener à la fermeture de la pêche industrielle du thon rouge », martèle enfin l’association.

Maintenant que les experts ont déterminé six zones de reproduction du thon rouge en Méditerranée à protéger en priorité et préconisé une baisse drastique des quotas, l’avenir de l’espèce s’est-il éclairci ? Il est encore trop tôt pour répondre à cette question essentielle dans la mesure où leurs recommandations doivent encore être avalisées dans la capitale française. Les pressions des pêcheurs et les talents de lobbyistes des négociateurs japonais en particulier pourraient par ailleurs amener l’ICCAT à encore repousser l’échéance, comme l’a fait avant elle la Commission baleinière internationale (CBI), dont  la dernière session annuelle - très attendue et qui s’est ouverte sur fond de soupçons de corruption de certains de ses membres – , a finalement tourné à la débandade.

Ce regrettable précédent, tout comme le statu quo de la CITES, incite à la prudence. Il démontre aussi, si besoin était, la force de ces enjeux économiques qui repoussent sans cesse l’abrogation de la pêche industrielle des thons rouges réclamée depuis de longs mois par les associations. Elles vont très probablement devoir prendre encore leur mal en patience.

Crédit photo : Flickr – Ernesto Andrade
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