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Cancun : « La fin de l’histoire est en vue » pour les petits états insulaires

Cancun : « La fin de l’histoire est en vue » pour les petits états insulaires
La montée du niveau des eaux risque de rayer des pays de la carte, comme les Tuvalu, mais peut aussi de mettre en danger l’économie touristique de bien d’autres Etats, comme ici au Cap-Vert…

L’histoire, justement, se répète pour les petits pays insulaires, qui se rappellent au bon souvenir des négociateurs à la conférence de Cancun pour faire entendre leur voix.

Il y a un an, presque jour pour jour, lors de la conférence sur le climat de Copenhague, les Etats de l’Alliance of Small Island States (AOSIS) offraient leur visage à la face du monde, celle de 43 pays voués à une disparition plus ou moins prochaine en raison de la montée des eaux et, a fortiori, du réchauffement climatique. Parmi ces Etats, ce furent les Maldives et les Tuvalu qui menèrent le bal, pour au final s’arrêter sur le constat d’échec que l’on sait désormais. Cette semaine à Cancun, l’histoire se répète. Avec moins de projecteurs.

Après la proposition de lutte contre les gaz à effet de serre (GES) autres que le dioxyde de carbone (CO2), mise sur la table par les Etats fédérés de Micronésie, c’est maintenant l’ensemble de ces confettis des océans qui se mobilise pour ne pas disparaître. Les enjeux sont clairs : si les pays riches ne cherchent pas à limiter la hausse des températures en-dessous des 2°C d’ici à 2100, ce serait pour eux l’engloutissement et donc « la fin de l’histoire ».

Les données du problème ne sont en fait guère nouvelles. Un rapport des Nations Unies de 2007 calcule que le niveau des mers pourrait augmenter de 18 à 59 centimètres d’ici à la fin du siècle, chiffres trop optimistes selon de nombreux scientifiques qui soulignent que ces données n’incluent pas les conséquences de la fonte des glaciers du Groenland et de l’Antarctique. Une augmentation d’un mètre semble a priori plus probable, ce qui serait suffisant pour engloutir les Maldives et les Tuvalu d’ici 2050. Dans cet étrange jeu de la mort, le principal suspense est de savoir qui va couler le premier…

Les Caraïbes également en danger

Une récente étude de chercheurs du Centre pour l’Environnement de l’Université d’Oxford note de son côté que la montée des eaux s’accompagnera d’une facture très salée pour les 15 Etats de la Caribbean Community (NDLR : Caricom, association des quinze pays de l’arc caraïbe, des Bahamas au Surinam). Les dommages liés au changement climatique, comme l’augmentation de la fréquence des ouragans ou la perte des coraux, pourrait coûter de 4 à 6 milliards de dollars par an. Et ce, sans compter les coûts d’infrastructure, comme la construction de digues, qui pourraient s’élever à plusieurs dizaines de milliards de dollars dans ces pays.  Sans omettre, aussi, que c’est en grande partie grâce à la beauté de leurs plages que ces pays assurent leur survie économique, des bases qui seraient réduites à néant avec la montée des eaux. Cette addition de phénomènes devrait amener, à terme, plus de 100 000 personnes à quitter leurs terres, avec les plus gros dégâts pour les Bahamas, le Surinam, le Guyana, Belize et Trinité-et-Tobago.

A titre de comparaison, les pays caribéens sont pourtant « mieux » lotis que leurs semblables dans l’Océanie ou l’océan Indien. « Certaines de nos nations, comme les Kiribati, les Tuvalu, les îles Cook, les Maldives et les îles Marshall vont couler. La fin de l’histoire est en vue » gronde Antonio Lima, ambassadeur du Cap-Vert, autre Etat en danger, aux Nations Unies. « Ils sont dans une situation désespérée. Pour chacun de nous, le réchauffement climatique est synonyme de malheur. Nous ne voulons pas être oubliés, devenir les pays sacrifiés du 21ème siècle ».

Pour éviter ce scénario catastrophe, l’AOSIS considère, comme à Copenhague, que la montée des températures doit être, au pire, limitée à 1,5°C et non 2°C pour ne pas construire le cercueil de leurs territoires. « Pour nous, tout ce qui n’est pas en-dessous de 1,5°C constitue une ligne rouge » confirme Dessima Williams, vice-présidente de l’AOSIS. Pour prouver leurs dires, ces petits Etats pourraient inciter les chefs d’Etat des grandes nations à détourner un instant leurs regards vers le Panama, près de Cancun. Là-bas, le réchauffement climatique a déjà déplacé des populations. Et ce ne pourrait être qu’un début.

Crédit photo : Flickr – IDS.photos / greens_climate
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