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Biodiversité : La communauté internationale doit réagir

Biodiversité : La communauté internationale doit réagir
Le pélican frisé fait partie des animaux menacés qui figurent dans l'Annexe I de la Convention internationale sur les espèces sauvages (Cites). Sans amélioration significative de la situation des écosystèmes à l'échelle planétaire, beaucoup d'autres risquent de le rejoindre dans les années à venir

Consacrée priorité environnementale de l’année par les Nations Unies, la biodiversité est aujourd’hui – les discours gouvernementaux de bonnes intentions en témoignent – au cœur des préoccupations des appareils décisionnaires. Il faut dire qu’ils ont un échec passé étrangement inaperçu à se faire pardonner.

Pas un jour ne s’écoulait début février sans que les professionnels de l’information, spécialisés ou non, ne consacrent un sujet à la sauvegarde de la biodiversité.

Il y a quelques semaines, c’est le thon rouge, menacé de disparition parce que surexploité depuis des années, qui a reçu l’honneur – le plus souvent temporaire lorsqu’il est médiatique – des feux des projecteurs. L’idée d’interdire le commerce international de cette espèce, une décision réclamée de longue date par les associations mais sans surprise jugée méphitique par les pêcheurs, a peu à peu germé dans l’esprit des autorités. Dans ce cas précis, la majorité d’entre elles ont paru avoir correctement jaugé la gravité de la situation.

En ce début de décennie, en France et ailleurs, la tendance politique est d’afficher, avec une sorte de compassion populo-compassée, son amour des écosystèmes. Des mesures, certaines spectaculaires, sont donc entrées en vigueur, des task-forces ont été constituées pour en inspirer d’autres. Bref, les intelligentsias concernées se retroussent les manches, et l’opinion publique internationale, à défaut de pouvoir encore applaudir à tout rompre, acquiesce en silence.

Une convention piétinée

Pour un peu, cet indispensable regain d’intérêt pour les écosystèmes dans leur ensemble paraîtrait presque neuf. Ce n’est certes pas le cas, mais qui aujourd’hui, les hautes sphères exceptées, se souvient que cent quatre-vingt treize nations avaient paraphé, en 2002, une Convention sur la diversité biologique (CDB) ? Qui se rappelle qu’elle fixait pour but « d’assurer d’ici 2010, une forte réduction du rythme de perte de diversité biologique aux niveaux mondial, national et régional » ?

Trois fois hélas, aucun pays – aucun ! – n’est parvenu à atteindre cet objectif judicieusement qualifié d’ « ambitieux » par Ahmed Djoghlaf, lequel a regretté fin janvier qu’ « il n’ait pas été traduit au niveau national pour chaque pays ».

Le Secrétaire exécutif de la CDB a en outre estimé que les États signataires n’avaient « pas mis les moyens nécessaires » pour endiguer les menaces polymorphes qui planent sur les écosystèmes. L’imaginaire collectif, tout comme les administrations désormais en place, les perçoivent à présent – laxisme et mesurettes pluridécennaux obligent – comme autant de poisons qui tuent lentement mais sûrement.

Huit ans après la ratification de cette Convention très (trop) vite retombée dans l’anonymat, le fait est que rien n’a véritablement changé : déjà désignés comme les principaux responsables de la perte de biodiversité, la hausse des températures, la pollution, la réduction de l’habitat et la surexploitation n’ont pas diminué – c’est même plutôt le contraire – malgré les nobles engagements de la communauté internationale.

Il lui faudra rectifier le tir lors de la conférence de Nagoya, en octobre, où de nouvelles ambitions (qui, étant donné l’aggravation de la situation générale, ne sauraient être moins mesurées que les précédentes, et donc sans doute encore plus difficiles à atteindre) seront fixées pour la décennie en cours.

S’il est encore trop tôt pour savoir précisément en quoi consistera le plan d’action qui devrait être défini et adopté au Japon, la Commission européenne, elle, a d’ores et déjà proposé plusieurs objectifs pour 2020, à savoir « ralentir significativement le rythme de perte de biodiversité dans l’Union Européenne (UE) », « assurer le rétablissement des services écosystémiques dans la mesure du possible » et « renforcer la contribution de l’UE à la prévention (du phénomène) ».

Des velléités louables qu’il faudra cependant préciser et concrétiser au plus vite d’autant que, comme l’a rappelé la Commission, « la biodiversité et les services écosystémiques sont des richesses naturelles qui ont un rôle essentiel à jouer dans les stratégies économiques futures destinées à favoriser la croissance et la prospérité ». En cette « Année de la biodiversité », les Vingt-Sept (et avec eux l’ensemble des pays signataires de la prochaine convention) seraient d’autant plus inspirés de redoubler d’efforts.

Crédit photo : Flickr - ComputerHotline
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