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Marée noire : Le projet de développement des forages offshore suspendu

Marée noire : Le projet de développement des forages offshore suspendu
En déplacement hier en Louisiane, Barack Obama a exigé de la British Petroleum qu'elle assume ses responsabilités. Deux jours plus tôt, le locataire de la Maison Blanche avait officiellement annoncé la suspension pour un mois au moins du projet de développement des forages pétroliers en mer

C’est, compte tenu des tragiques circonstances, la moindre des choses aux yeux de n’importe quel défenseur de l’environnement qui se respecte. Il y a quatre semaines Barack Obama s’était prononcé pour une intensification des forages en mer, vraisemblablement pour convaincre l’opposition républicaine de rallier son plan de lutte contre le réchauffement climatique. L’explosion de la plate-forme pétrolière Deep Water Horizon a changé la donne.

Alors que le brut a atteint les côtes de la Louisiane et de la Floride, que les Etats-Unis redoutent l’une des plus graves marées noires de leur histoire et que quatre parlementaires du New Jersey ont appelé le locataire de la Maison Blanche à changer de cap, l’administration américaine s’est prononcée vendredi pour une interruption de son projet de développement des forages pétroliers en mer tant que les causes de l’accident ne seront pas connues.

Il était sans doute impossible dans l’esprit de Barack Obama de lâcher davantage de lest en faveur des adversaires de l’or noir, sous peine de se déjuger et de se mettre à dos des lobbies qui demeurent très puissants outre-Atlantique. C’est, en filigrane, ce qui ressortait de son allocution à Washington : « Je continue à penser que la production pétrolière américaine joue un rôle important dans notre stratégie de sécurité énergétique, mais j’ai toujours dit qu’elle devait se faire de façon responsable, pour la sécurité des employés et la protection de l’environnement ».

Barack Obama s’est rendu sur place

Le chef de l’exécutif américain, qui a dépêché ses secrétaires à la Sécurité nationale Janet Napolitano et à l’Intérieur Ken Salazar * ainsi que Lisa Jackson, administratrice de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), a lui même effectué le déplacement en Louisiane hier matin. A Venice, une commune particulièrement exposée, Barack Obama a évoqué « une catastrophe écologique peut-être sans précédent » et promis, « en tant que président des Etats-Unis », qu’il « ne (ménagerait) pas (ses) efforts pour sortir de cette crise ».

Rappelant que la British Petroleum (BP), locataire de Deep Water Horizon, était tenue par la loi de s’acquitter des frais de nettoyage, le chef de l’exécutif américain a également assuré que « (son administration) était (prête) à prendre (ses) responsabilités », autrement dit à participer financièrement aux opérations de remise en l’état des côtes souillées. L’hebdomadaire britannique Mail on Sunday a pour sa part estimé que la catastrophe pourrait coûter plus de trois milliards de livres (trois milliards quatre cent cinquante millions d’euros) à BP, laquelle a été sommée par les autorités américaines d’intensifier ses efforts pour colmater le puits.

Inspections

Des équipes d’experts ont été envoyées ce week-end dans le Golfe du Mexique « pour inspecter toutes les plates-formes en eau profonde ». À noter enfin que la production de gaz naturel a été interrompue sur deux autres plates-formes de forage et que des structures pourraient être provisoirement fermées à titre préventif.

Alors qu’il faudra peut-être plusieurs semaines encore pour définitivement interrompre les fuites et de toute façon des années pour réparer l’essentiel des dégâts environnementaux, il convenait en effet de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger une biodiversité déjà fortement menacée par cette marée noire. Quant aux vents violents prévus par le National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), ils risquent de disperser les hydrocarbures sur les côtes de l’Alabama et du Mississippi et de compliquer les opérations de nettoyage en immobilisant les bateaux et en perturbant le dispositif aérien. Compte tenu de la rapide propagation de la marée noire (NDLR : Le puits de la plate-forme immergé relâche actuellement huit cent mille litres de pétrole par jour), la pêche a aussi été interdite, pour dix jours au moins, dans une zone qui se situe « essentiellement entre les Eaux de l’Etat de Louisiane, à l’embouchure du Mississippi, et celles de la baie de Pensacola en Floride », a précisé le NOAA.

« L’économie locale et la vie des gens sur la côte du Golfe, tout comme l’écosystème, sont en jeu », avait estimé vendredi le locataire de la Maison Blanche. Un diagnostic hélas parfaitement exact.

* Ce dernier devrait d’ici à la fin du mois remettre au président américain un rapport d’enquête sur les circonstances de l’accident et sur d’éventuelles mesures à prendre pour renforcer la sécurité sur les plates-formes pétrolières. Il s’est pour l’heure dit convaincu que le mécanisme censé éviter que le puits ne déverse du brut en mer était défaillant.
Crédit photo : United States Coast Guard
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