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Marée noire : Le grand retour du couvercle

Marée noire : Le grand retour du couvercle
Le nouveau dôme d'acier que les techniciens de BP se préparent à installer pourrait « capter » l'ensemble du pétrole qui s'échappe quotidiennement du puits

Dans un élan d’optimisme dont BP a le secret, le responsable des opérations du groupe pour l’Asie et le continent américain Bob Dudley a déclaré il y a une dizaine de jours qu’à condition d’une conjoncture très favorable « il serait possible de colmater la fuite entre le 20 et le 27 juillet ». Même s’il convient d’être très prudent la pose d’un nouvel entonnoir pour emprisonner davantage d’hydrocarbures pourrait peut-être aider à la réalisation de cette étonnante prophétie.

« Il n’y a aucune garantie que ce soit un succès », a néanmoins averti le groupe pétrolier, qui n’avait pas dit autre chose avant d’installer son premier couvercle et ne s’était hélas pas trompé. L’ancien dôme de confinement a été retiré et doit céder la place à un entonnoir qui aux dires de la multinationale britannique mais aussi des responsables américains en charge de la lutte contre la marée noire serait beaucoup plus performant que son prédécesseur. Poussé par la Maison Blanche, qui souhaitait une solution rapide et un système capable de faire face à des conditions météorologiques (très) défavorables, le groupe BP tente ici le tout pour le tout étant donné que ladite structure permettait tout de même de récupérer l’équivalent de vingt-cinq mille barils de brut chaque jour.

Tout ou rien

Le nouveau couvercle, lui, serait en mesure d’en emprisonner quatre-vingt mille, soit treize millions de litres et selon les estimations de vingt mille à quarante-cinq mille barils de plus que la quantité d’hydrocarbures qui s’échapperait quotidiennement dans le Golfe du Mexique. Encore faut-il parvenir à l’installer, en pleine saison des ouragans et par mille cinq cents mètres de fond. « Ce nouvel entonnoir n’a jamais été mis en place à ces profondeurs et dans de telles conditions », a du reste indiqué le groupe, qui une fois n’est pas coutume fait profil bas et met en garde, sans doute parce qu’il sait ce que pourrait (encore) lui coûter des allégations insuffisamment nuancées sur le plan de l’image – les mauvais langues diraient toutefois qu’il n’est plus à une mauvaise prédiction près.

À l’heure où nous écrivons ces lignes on ne sait pas si les robots sous-marins télécommandés par les ingénieurs ont pu s’affranchir des contraintes et ont réussi à poser la « cloche ». Un succès de la manoeuvre seraient envisageable dès aujourd’hui et serait synonyme – à condition que des hydrates de méthane inflammables ne se forment pas à l’intérieur comme cela fut le cas en mai lors de l’installation du premier couvercle, lequel a ensuite dû être retiré en urgence – de captation intégrale du pétrole près de trois mois après l’explosion de Deep Water Horizon. Le creusement de puits d’appoint est cependant la seule méthode susceptible d’arrêter définitivement la fuite.

Toujours en cours, ce travail éminemment périlleux pourrait donc prendre fin dans les jours qui viennent mais la plupart des observateurs s’accordent à dire qu’il faudra attendre mi-août. Vu les événements passés mieux vaut en tout cas ne pas s’attendre à un succès immédiat et parier sur le fait que les spécialistes de BP devront s’y reprendre une fois sinon plus avant de parvenir à leurs fins.

BP a déjà déboursé trois milliards cinq cents millions de dollars pour la marée noire

Outre la pose d’un nouveau couvercle, la multinationale britannique compte raccorder le navire Helix Producer à une autre portion du puits immergé pour pomper le brut. D’après l’amiral Thad Allen, commandant des gardes-côtes et responsable des opérations de secours, le bateau est opérationnel depuis hier. Toutes ces opérations ont naturellement un coût très élevé pour l’ancien locataire de la plateforme immergée. Ce dernier, qui a créé un fonds de vingt milliards de dollars (environ seize milliards d’euros) pour la marée noire, a d’ailleurs annoncé tout à l’heure avoir déjà payé un tribut de trois milliards cinq cents millions de dollars (environ deux milliards sept cent quatre-vingt millions d’euros) à la catastrophe.

Le groupe pétrolier aurait notamment reçu quelque cent cinq mille demandes d’indemnités et en aurait déjà honoré la moitié pour un montant de cent soixante-cinq millions de dollars (cent trente et un millions d’euros). Un petit coup de canif sur la carapace d’un géant de l’or noir qui dispose d’une manne financière toujours considérable mais dont il faut rappeler que sa capitalisation boursière a substantiellement diminué depuis fin avril. Le directeur général Tony Hayward s’est entretenu la semaine dernière avec le prince héritier d’Abu Dhabi Cheikh Mohammed Ben Zayed, déjà actionnaire du groupe pétrolier, au sujet des moyens à mettre en oeuvre pour lutter contre une OPA hostile. Parallèlement le gouvernement britannique réfléchit à un plan de sauvetage et certaines prévisions sur le montant final de la facture peuvent donner des sueurs froides aux dirigeants de l’entreprise britannique. Pour BP aussi il devient urgent que le puits cesse de fuir.

Crédit photo : United States Coast Guard
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