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Marée noire : BP contraint de retirer son couvercle ?

Marée noire : BP contraint de retirer son couvercle ?
Alors que BP a dû retirer son dôme d'acier en raison de la formation de cristaux de méthane hautement inflammables, gardes-côtes et populations de Venice (Louisiane) continuent d'installer des boudins flottants le long des côtes

Dans la mesure où pareille superstructure sur mesure n’avait encore jamais été utilisée dans les eaux profondes, d’où un nombre élevé de détracteurs, cet échec est une demi-surprise.

Installé vendredi soir par les ingénieurs de la British Petroleum (BP), auxquels il n’a pas fallu trois semaines pour le construire et l’acheminer sur les lieux du désastre, le dôme d’acier en forme d’entonnoir qui devait « transférer » le pétrole s’échappant du puits de la plate-forme Deep Water Horizon vers un navire de forage a dû être retiré le lendemain.

La sécurité des employés menacée

À mille cinq cents mètres de profondeur, la pression est considérable. Les courants marins compliquent la donne et rendent indispensable l’utilisation de robots télécommandés à distance. Les observateurs et même Tony Hayward, le directeur exécutif de BP, qui avait admis ne pas être sûr du résultat final, étaient donc sceptiques sur ce qui, à la décharge de la compagnie pétrolière, constituait le seul moyen de stopper à brève échéance le déferlement d’hydrocarbures vers les côtes américaines.

Force est d’admettre qu’ils ont eu raison : la formation de cristaux d’hydrates de méthane a, tout du moins provisoirement, eu raison de l’audace des ingénieurs et les a contraint à ôter le couvercle de confinement de douze mètres de haut, quatre mètres de large et quatre-vingt dix-huit tonnes. Une reculade motivée par le caractère hautement inflammable desdits hydrates, lesquels constituent une menace pour les employés qui travaillent sur les bateaux au-dessus de la nappe.

Directeur d’exploitation de BP, Doug Suttles a précisé samedi soir qu’il faudrait « probablement deux jours supplémentaires voire davantage pour chercher des solutions à ce problème ». Pour l’heure, on ignore encore si la multinationale britannique va utiliser de l’eau chaude pour réchauffer les hydrates ou opter pour des hydrocarbures pour les dissoudre. Elle n’a donc pas renoncé à cette entreprise et, loin de lambiner, continue dans le même temps de procéder au forage d’un puits d’appoint, une opération elle tout aussi fastidieuse et qui pourrait ne s’achever que dans trois mois, c’est-à-dire trop tard pour éviter une hécatombe au sein de la biodiversité de la région.

Les gardes-côtes s’organisent

Toutes ces tentatives ont un coût financier considérable. En milieu de semaine dernière, les analystes de Sanford Bernstein & Co ont ainsi estimé la facture globale de BP à huit milliards de dollars, soit l’équivalent de quatre mois de bénéfices (NDLR : Étant entendu que BP a réalisé un bénéfice net de plus de six milliards de dollars lors du premier trimestre 2010). Une somme qui, selon News Assurance, pourrait être prise en charge par les assurances de la compagnie, qui louait la plate-forme à la société suisse Transocean Ltd. Reste les enquêtes dont BP fait l’objet et qui devraient faire toute la lumière sur sa responsabilité dans l’explosion du 20 avril, les plaintes, les légitimes pressions de l’administration américaine et bien sûr l’inquantifiable préjudice sur son image.

« Les équipes de nettoyage continuent à écumer le pétrole flottant sur la mer et à utiliser des dispersants », a pour sa part indiqué ce week-end Mary Landry, contre-amiral des gardes-côtes. Les îles Chandeleur (archipel inhabité) ont été touchées en fin de semaine mais plus de deux cent soixante-quatorze kilomètres de boudins flottants et absorbants auraient déjà été installés au large des côtes les plus exposées, alors que des conditions météorologiques retardent toujours l’arrivée du brut dans des zones marécageuses dont le gouverneur de la Louisiane Bobby Jindal a prévenu qu’il « sera (alors) beaucoup plus difficile à nettoyer ».

Huit cent mille litres de pétrole continuent de fuir chaque jour de la plate-forme immergée à quatre-vingt kilomètres de la Louisiane, avec évidemment des conséquences redoutables mais aujourd’hui inestimables pour l’écosystème.

Il est cependant désormais possible pour les internautes de se faire une idée plus précise de la progression de la nappe de pétrole grâce à… Google, qui vient de créer un centre de crise virtuel basé sur les images satellites les plus récentes. À noter également la mise en place d’une section « How to help » qui dresse l’inventaire des ONG engagées dans le nettoyage des côtes. L’explosion de la plate-forme Deep Water Horizon « changera pour toujours l’industrie offshore à travers le monde », a estimé Robert Dudley, vice-président exécutif de BP pour les Amériques et l’Asie. Elle a aussi le mérite d’entraîner une gigantesque mobilisation. C’est toujours ça.

Crédit photo : United States Coast Guard
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