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Ce n’était donc pas de la poudre aux yeux des tenants de l’atomisme. En sommeil depuis plus de trois décennies, le programme nucléaire américain va reprendre.
Qu’il soit ou non reconduit à la tête de la Maison Blanche, Barack Obama restera dans l’histoire des États-Unis comme le président qui a rouvert les portes de la Maison Blanche à l’atome, plus de trente ans après la commande des derniers réacteurs américains, ceux de la centrale de Shearon Harris (Caroline du Nord) [NDLR : la dernière mise en service, à Watts Bar (Tennessee), remonte quant à elle à 1996]. Jimmy Carter, un autre démocrate, était alors aux manettes. Depuis, ni Ronald Reagan, ni la dynastie Bush ni Bill Clinton n’avaient osé franchir le cap. Depuis, l’essor du nucléaire civil était stoppé net – ce qui n’a pas empêché la première puissance économique du monde de conserver aussi son leadership mondial.
Sept ans avant celui de Tchernobyl, l’accident de Three Mile Island a en effet littéralement paralysé les administrations. Favorable au développement des énergies renouvelables, ce qui le différencie nettement de ses adversaires républicains, aux yeux desquels les sources fossiles et en particulier l’exploitation pétrolière doivent rester les mamelles énergétiques de l’Oncle Sam, M. Obama n’en souhaitait pas moins davantage qu’elle le retour en grâce de l’atome, ce depuis de longs mois. Son voeu a été exaucé, et après un examen méticuleux des cent-quatre turbines du pays, précaution prise dans le sillage de la catastrophe de Fukushima et d’autant plus justifiée que certains d’entre eux seront bientôt atteints par la limite d’âge, la Commission de régulation nucléaire (NRC) a donné son aval à une résolution autorisant la mise en service des réacteurs 3 et 4 du site de Vogtle (Georgie).

Ceux-ci pourraient être les premiers d’une longue série, alors que le chef de l’exécutif américain avait début 2010 annoncé le déblocage de huit milliards de dollars (environ six milliards d’euros) sous forme de garanties de prêts pour leur construction et réitéré par la suite son soutien de principe et financier à la filière nucléaire, y compris après Fukushima. Si lesdites turbines seront des Toshiba AP1000, conçues avec Westinghouse, la filiale américaine du groupe japonais, l’Autorité de sûreté nucléaire américaine a quant à elle donné son accord à la commercialisation de l’EPR (European Pressurized Reactor) d’Areva, preuve que le leader mondial de l’atome, en difficulté ces derniers mois, a cependant encore des motifs d’espérer.
À noter que le président de la NRC Gregory Jaczko était opposé à l’allocation de la licence. « Je ne peux pas soutenir l’octroi de cette autorisation comme si Fukushima n’avait jamais eu lieu. À mes yeux, c’est ce que nous sommes en train de faire », a-t-il déclaré.
Les autres membres de la Commission ne l’ont pas entendu de cette oreille. Le retentissant come-back de l’atome divise même en son sein.

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