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C’est aujourd’hui, comme chaque 31 mai depuis 1987, la Journée mondiale sans tabac. Initiatrice de cet événement, l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) prédit dix millions de victimes par an à l’horizon 2020, sachant que le tabagisme est déjà la deuxième cause de décès au niveau planétaire…
Les terribles conséquences sanitaires de la consommation de tabac sont globalement connues du commun des mortels. Mais ce que l’on sait moins, c’est l’impact considérable de sa production (par ailleurs en perpétuelle progression) sur l’environnement.
Elle participe en effet activement à la déforestation puisque six cents millions d’arbres environ sont abattus chaque année pour pouvoir satisfaire la demande (!) Les champs de tabac rognent sur les surfaces forestières, le séchage des feuilles passe par l’utilisation de bois et son brûlage accentue l’effet de serre, ce qui est bien sûr très préoccupant dans le contexte actuel de dérèglement climatique de plus en plus prononcé.
On rappellera en outre que les incendies de forêts sont régulièrement dus à une cigarette mal éteinte et que la fumée de celle-ci contient à la fois du dioxyde de carbone (CO2) et du méthane (CH4), soit les deux principaux contributeurs de la hausse du thermomètre mondial. Si l’on en croit les estimations de la Fondation de recherche de la Florida State University (États-Unis), la seule consommation de tabac serait même à l’origine d’un rejet annuel dans l’atmosphère de deux millions six cent mille tonnes de CO2 et de cinq millions six cent mille tonnes de CH4.
Le tabac, un facteur important du changement climatique
La cigarette est de fait aussi un contributeur tout sauf négligeable du changement climatique. Sa responsabilité écologique ne s’arrête malheureusement pas là , le tabac générant d’importantes quantités de déchets de toute nature (chimiques, papiers, plastiques) en amont comme en aval, tandis qu’un simple mégot jeté dans la rue mettra plusieurs années à se dégrader.
D’après l’ONG Ocean Conservancy, dédiée comme son nom l’indique à la protection de la biodiversité marine, quatre milliards cinq cents millions seraient éparpillés chaque année dans les océans du globe, ce qui n’est bien sûr pas sans dommages pour l’ensemble de l’écosystème. Autre donnée qui en dit long, toujours selon l’association : les mégots auraient représenté 28 % des déchets côtiers en 2008, c’est-à -dire deux fois plus que chacun des quarante-trois autres rebuts recensés. Soulignons pour finir que la production de tabac, en particulier dans les pays en développement (PED), implique de recourir aux herbicides, insecticides et autres pesticides dont les ravages environnementaux, maintes fois dénoncés dans ces colonnes, ne sont plus un secret pour personne.
Une autre bonne raison supplémentaire d’arrêter le « massacre » sans tarder, avant l’entrée en vigueur d’une législation internationale qui, pour l’heure, semble néanmoins très hypothétique. La planète et vous respireraient mieux. Beaucoup mieux.

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