NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Le Sénégal souhaite que l’Afrique renonce au nucléaire

Le Sénégal souhaite que l'Afrique renonce au nucléaire
Le président sénégalais Abdulaye Wade (ici lors de l'édition 2009 du Forum économique mondial de Davos) a appelé l'ensemble de ses homologues africains à renoncer à l'énergie atomique

Le président Abdoulaye Wade a enjoint ses pairs africains à renoncer à l’énergie nucléaire.

Non, le débat sur le nucléaire ne se résume pas à la seule catastrophe de Fukushima 1 (Japon), saga qui intéresse beaucoup moins les médias depuis quelques semaines mais qui n’est pas pour autant terminée, loin de là, et à l’atomophilie zélée de Nicolas Sarkozy, lequel ne veut entendre parler ni de référendum sur l’énergie, ni de renversement du mix énergétique ni de suspension des travaux de l’EPR (Evolutionary Power Reactor) à Flamanville (Manche) mais a tout de même promis aux associations un audit de la filière conduit par la Cour des Comptes. Il ne saurait non plus être limité au vent de révolte qui souffle sur Fessenheim (Haut-Rhin), pour ainsi dire exsangue aux yeux des écologistes et d’un nombre croissant d’élus français, allemands et suisses, à l’historique volte-face d’Angela Merkel, aux déclarations de bonnes intentions de Dmitri Medvedev, au regain de prudence de nos voisins italiens – où le programme nucléaire, en sommeil depuis un référendum depuis 1987 mais dont le gouvernement envisageait très sérieusement la reprise, a finalement vu son coma artificiel prolongé – et aux velléités calculées de l’Oncle Sam.

Le nucléaire est certes une affaire internationale mais pas uniquement celle des pays occidentaux, de la Russie, du Japon, de la Corée du Sud et de la Chine – qui soit dit en passant a elle aussi surpris les observateurs en gelant ses vingt-sept chantiers atomiques dans le sillage de l’accident de Fukushima 1. On a du reste encore pu le constater tout récemment avec la levée de boucliers que suscite la construction du futur complexe EPR de Jaitapur (Inde) auprès des sans-grade de la région.

« Nous avons l’énergie solaire chez nous »

Il y avait au 1er avril dernier quatre-cent trente-sept réacteurs en activité dans le monde [dont cent quarante-trois dans l'Union Européenne (UE) ] et soixante-quatre en construction dans quatorze pays. Des chiffres qui montrent que, malgré la gravité de la crise à laquelle elle est actuellement confrontée et les décisions radicales de certains gouvernants qui donnent à penser que l’âge d’or est révolu, la filière atomique a encore quelques belles années devant elle.

Pour l’heure seulement implanté en Afrique du Sud, le nucléaire civil devrait toutefois avoir bien du mal à progresser sur le continent noir. A-t-il dit tout haut ce que nombre de ses homologues africains pensent tout bas ? Toujours est-il que les déclarations du président sénégalais Abdoulaye Wade lors de la cérémonie d’inauguration du quatrième Salon international des énergies renouvelables et de l’environnement en Afrique ont sans doute douché l’enthousiasme des acteurs qui escomptaient y jouer un rôle dans un avenir proche.

« Je viens de renoncer à la centrale nucléaire mobile que le Sénégal avait négociée avec la Russie et qui était prévue pour être quelque part sur le fleuve Sénégal ou en mer », a-t-il ainsi indiqué. Un veto qui s’explique bien sûr par le drame nippon, preuve à ses yeux et à ceux de beaucoup d’autres dans le monde que le nucléaire n’est « pas maîtrisable » en cas de catastrophe. Et de proposer, rapportent nos confrères de l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), que le ministère des Affaires étrangères soumette une résolution à l’Union Africaine (UA) « pour que l’Afrique se déclare zone à usage nucléaire zéro ». « Que les Africains renoncent à développer le nucléaire, nous avons le solaire chez nous », a appelé Dakar.

Pas faux dans l’absolu, mais le fait est que l’énergie photovoltaïque et les technologies vertes dans leur ensemble, en dépit de quelques projets alléchants et d’un potentiel de développement élevé, sont encore très marginalisées de l’autre côté de la Méditerranée. Une situation qui n’est cependant pas une fatalité dans l’esprit de M. Wade, qui a par ailleurs déploré que les pays membres de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) doivent chaque année s’acquitter d’une facture de l’ordre d’un milliard sept cents millions d’euros pour payer la consommation de pétrole. «Avec le solaire, si on fait bien les choses, l’Afrique de l’Ouest pourra avoir de l’énergie gratuitement dans dix ans, car une fois que nous aurons payé les investissements qui sont très lourds, il ne restera que la maintenance », a-t-il ajouté non sans clairvoyance. Optimiste, le président sénégalais est convaincu qu’ « en perspective, dans le temps, on arrivera avec énergie abondante et gratuite dans toute l’Afrique ».

Il y croira sûrement davantage encore quand ses partenaires continentaux souscriront à leur tour aux mérites du photovoltaïque. Et pas que dans les discours.

Crédits photos : flickr – World Economic Forum / Walmart Stores
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

  • vtourisme

    Aidons l’Afrique à se développer dans une logique de développement durable! Arrêtons nos erreurs!

  • hyper ecolo

    Un sage président !
    Néanmoins, les actes valent plus que les mots…