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Yoshihiko Noda et son prédécesseur Naoto Kan n’ont manifestement pas tiré les mêmes enseignements du passé…
Tandis que M. Kan s’est mué en fervent partisan des énergies renouvelables et en « anti-atome » opiniâtre – lui qui, avant l’accident de Fukushima (Japon), s’était prononcé pour une augmentation importante de la part du nucléaire dans le panache énergétique national -, M. Noda, sans pour autant fermer la porte aux technologies « vertes », prône pour sa part le redémarrage de deux des quatre réacteurs de la centrale d’Ohi, dans l’ouest du pays. Une position devenue déconcertante étant donné celle de millions de ses concitoyens et de pléthore d’entreprises du pays, lesquels souhaitent de leur côté un renoncement définitif « à l’allemande », quel que serait le coût financier à payer et les répercussions énergétiques négatives. Une pétition en ce sens circule par ailleurs sur la Toile et a déjà rassemblé près de huit millions de paraphes (NDLR : Baptisée « Au revoir l’énergie nucléaire », elle vise à en réunir au moins dix millions d’ici mi-juillet).
M. Noda pourrait-il finalement passer en force, malgré les allégations rassurantes de responsables gouvernementaux et locaux au cours de ces dernières semaines, quitte à battre des records d’impopularité ? Cède-t-il aux pressions d’un lobby certes malmené, mais toujours puissant ? Le consensus politique n’étant pas au rendez-vous et l’opposition de ses compatriotes devenant de plus en plus féroce, le Premier ministre prendrait quoi qu’il en soit un très gros risque politique s’il allait au bout de son idée.

Des mesures supplémentaires pour limiter l’impact d’un éventuel tsunami
Alors que la totalité des cinquante-quatre turbines nucléaires du pays est hors-service depuis le mois dernier, en raison soit des risques naturels, soit d’une maintenance régulière, soit de l’hostilité des élus et des populations concernés, le pays est de facto privé de 30 % de sa production d’électricité, a-t-il rappelé lors d’une conférence de presse. « Mon jugement est que nous devrions rétablir ces réacteurs », a déclaré M. Noda, cité par nos confrères des Échos.
Ce jugement, bien que légitimé par le changement climatique (NDLR : l’arrêt des unités nucléaires a entraîné une sollicitation très accrue des sources fossiles), ils sont loin de tous le partager. Y compris dans sa famille politique, cent-dix-sept députés des rangs de la majorité ayant notamment appelé à la prudence… Le chef du gouvernement peut toutefois compter sur le soutien des communautés locales de la région d’Ohi, qui selon le quotidien économique « redoutent qu’un arrêt prolongé ne provoque une lourde perte d’activité dans “leurs” villes ». L’opérateur Kansai Electric a donc de bonnes chances de voir ses desiderata satisfaits, sachant que des mesures de sécurité supplémentaires ont été prises au cas où un tsunami viendrait frapper la centrale.
Le Premier ministre a bien conscience qu’il marche sur des oeufs, devant à la fois « tout faire pour qu’un accident tel que celui de Fukushima ne se reproduise pas » et « éviter les conséquences sur la vie des citoyens de coupures ou d’une insuffisance d’électricité ». Ces derniers sont néanmoins parvenus, en modifiant leurs habitudes en profondeur, à la recherche des plus petites économies d’énergie, à écarter jusqu’ici la menace d’un blackout. Aux dernières nouvelles, ils ne demandent qu’à poursuivre leurs efforts.

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