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Le pétrole issu des sables bitumineux dans le collimateur de la Commission européenne

Le pétrole issu des sables bitumineux dans le collimateur de la Commission européenne
Commissaire européenne chargée de l'Action pour le climat, Connie Hedegaard a soumis aux États membres une proposition de directive visant à fixer des normes environnementales et de qualité sur les carburants

La Commissaire européenne à l’Action pour le climat Connie Hedegaard veut instaurer des normes environnementales et de qualité minimale pour les carburants. Une idée qui bien entendu ne plaît pas à tout le monde…

Tout comme son homologue chargée de la Pêche Maria Damanaki, Mme Hedegaard a visiblement la protection de l’environnement chevillée au corps. Elle n’est par ailleurs pas du genre à reculer face aux pressions des lobbies, aussi puissants et menaçants soient-ils, comme celui du transport aérien vient d’en faire l’amère expérience.

Ayant déclenché les foudres unanimes du secteur, « son » système de quotas d’émissions de CO2 devrait tout de même être mis en place dans la mesure où l’avocat général à la Cour européenne de Justice Me Juliane Kokott, saisie par l’association des compagnies aériennes, l’a jugé conforme au droit international et où les magistrats suivent l’avis de ce dernier (bien que consultatif) dans quatre cas sur cinq.

Sur sa lancée, l’audacieuse Mme Hedegaard, manifestement déterminée à marquer son passage à Bruxelles de son empreinte, parviendra-t-elle à limiter l’utilisation du pétrole issu des sables bitumineux ? Elle a en tout cas adressé aux États membres de l’Union une proposition de directive en ce sens mardi dernier.

Pleinement consciente des ravages écologiques liés à cette méthode d’exploitation rendue possible par la hausse des prix du baril mais qui requiert des techniques d’extraction à la fois complexes et polluantes et fait couler beaucoup d’encre au Canada - et, à un degré moindre, à Madagascar et au Venezuela -, la « madame Climat » de Bruxelles entend pénaliser les pays membres qui importent du pétrole non-conventionnel et dissuader ceux qui seraient tentés de le faire.

Ottawa montre les crocs

Séduisant vu la hausse de la pollution atmosphérique, le déboisement et l’apparition de pluies acides néfastes pour les écosystèmes dans les zones concernées de l’autre côté de l’Atlantique (NDLR : certaines associations de protection de l’environnement évoquent par ailleurs une quantité de rejets carbone cinq fois supérieure à celle engendrée par les forages de pétrole « traditionnels »), son projet consiste à sortir préventivement du jeu les carburants les plus polluants. « Avec cette mesure, nous adressons un signal aux producteurs de carburants fossiles car il est important pour l’avenir de quantifier leur impact », a résumé Mme Hedegaard, dont les desseins, sans surprise applaudis par Greenpeace et les eurodéputés Verts, sont pour partie motivés par l’engagement qu’a pris l’Union Européenne (UE) en 2009 de réduire de 6 % les émissions de dioxyde de carbone issues des carburants utilisés dans les transports à l’horizon 2020.

Si d’aventure le Parlement européen devait au bout du compte les avaliser – ils seront une première fois examinés lors d’une réunion qui se tiendra dans un mois -, il s’agirait d’un sérieux revers pour le Canada et le Venezuela, les deux principaux exportateurs d’or noir issu des sables bitumineux. Car si celui-ci pèse aujourd’hui à peine 0,01 % des importations sur le Vieux Continent, les experts affirment qu’avec l’épuisement des ressources pétrolières conventionnelles la production pourrait tripler d’ici la prochaine décennie.

De leur côté, les autorités canadiennes entendent bien jouer leur partition à fond et ont d’ores et déjà signifié à qui de droit qu’une telle disposition se traduirait immanquablement par une augmentation des prix de l’énergie. L’avertissement explique pourquoi la suggestion de Mme Hedegaard ne fait pour l’heure pas l’unanimité auprès des vingt-sept commissaires. Ceux en charge du Commerce extérieur, de l’Énergie et de l’Industrie Karel de Gucht, Günther Oettinger et Antonio Tajani n’ont ainsi pas caché leurs réticences.

Le bon sens peut néanmoins encore l’emporter.

Crédits photos : flickr - sbamueller / Wikimedia Commons – Mogens Engelund
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  • visiteur

    pour le moment le bon sens l’emporte en France; pour le reste de l’UE, c’est encore à voir.

  • http://www.pearltrees.com/guish/petrole/id3344778 Pétrole by guish – Pearltrees

    [...] Sur sa lancée, l’audacieuse M me Hedegaard, manifestement déterminée à marquer son passage à Bruxelles de son empreinte, parviendra-t-elle à limiter l’utilisation du pétrole issu des sables bitumineux ? Elle a en tout cas adressé aux États membres de l’Union une proposition de directive en ce sens mardi dernier. Le pétrole issu des sables bitumineux dans le collimateur de la Commission européenne | zegreenweb [...]