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Et voilà que l’organisation patronale, qui tenait son Université d’été sur le campus d’HEC (Jouy-en-Josas, Yvelines) la semaine dernière, vient apporter son grain de sel dans le débat énergétique…
Chacun conviendra que l’énergie occupe une place de choix dans l’actualité de cette rentrée 2012 fort difficile pour la majorité, confrontée à une dégradation de la situation de l’emploi – le cap symbolique des trois millions de chômeurs vient d’être franchi – et à l’impatience de ses concitoyens. Les prix du carburant est un dossier sensible, le gouvernement ayant finalement choisi l’option d’une baisse de quelques centimes d’euros décidée en concertation avec ses acteurs au détriment du blocage des tarifs promis par François Hollande durant la campagne présidentielle.
L’avenir du secteur nucléaire en est un autre, dans un contexte de tensions grandissantes entre le Parti socialiste et son partenaire EELV (Europe Écologie-Les Verts), tiraillé entre la défense de ses convictions et la solidarité gouvernementale, nécessité que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault ne se prive pas de rappeler. Les propos du ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, aux yeux duquel il s’agit d’une « filière d’avenir » qu’il faut ménager et protéger, ont suscité une levée de boucliers dans les rangs écologistes. Ces derniers ont certainement tout aussi peu apprécié le soutien de la ministre de l’Écologie Delphine Batho à son collègue.
« La France a durablement besoin du nucléaire » et maintenir la filière est important « pour des raisons de sécurité d’approvisionnement en électricité, pour des raisons évidemment aussi de coûts et de compétitivité de l’accès à l’énergie », a estimé la locataire de l’Hôtel de Roquelaure lors de l’Université d’été du MEDEF (Mouvement des entreprises de France) jeudi dernier. Des allégations qui ont dû trouver grâce aux oreilles de sa présidente Laurence Parisot qui, reprenant l’illustre formule des étudiants contestataires de Mai 1968, a jugé qu’il était « interdit d’interdire le débat sur le gaz de schiste et sur le nucléaire ».
L’énergie durable aux oubliettes
« Nous avons là des atouts incroyables. Il ne faut pas les utiliser n’importe comment, mais il faut donner une chance à la recherche et à la technique », a-t-elle ajouté, citée par nos confrères du site Internet Bioaddict.fr, emboîtant le pas de François Fillon et de son successeur, pourtant catégoriquement opposé à l’exploration et a fortiori à l’exploitation des hydrocarbures de roche-mère sur le territoire national au nom du principe de précaution lors de l’adoption de la loi Jacob l’an passé. Les dernières déclarations gouvernementales sont autant de coups de canif dans l’entente entre socialistes et écologistes, quand bien même leurs points de vue divergeaient déjà au sujet de l’atome civil.
Les seconds sont en outre fondés à se demander si leurs alliés, auxquels ils doivent leur intégration au gouvernement, sont toujours enclins à ramener la part du nucléaire dans le bouquet énergétique de 75 à 50 % à l’horizon 2025 – un objectif dont la concrétisation passe par la mise hors service d’une vingtaine de réacteurs – et à fermer la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), un autre engagement élyséen qui paraît avoir aujourd’hui du plomb dans l’aile… Et si Mme Batho considère qu’« on peut maintenir les emplois dans le nucléaire et simultanément les développer dans le solaire, dans l’éolien, dans la géothermie et dans les énergies marines », force est d’admettre que les discours officiels actuels font bien peu de cas des technologies vertes et de la protection de l’environnement en général. Comme si elle ne faisait plus recette et n’avait plus qu’une importance politique très relative dans un tel contexte économique.
Le dossier sur les gaz de schiste n’étant de surcroît pas clos, Paris s’autorisant sa réouverture si d’aventure une technique d’extraction (plus) « propre » devait être mise au point, il n’est nul besoin d’être expert pour s’apercevoir que l’énergie durable n’est pas ou plus une priorité immédiate des pouvoirs publics.
Pour pouvoir se développer, celle-ci a évidemment besoin d’un soutien politique indéfectible. Quatre mois après l’élection de M. Hollande, il semble déjà défaillant.

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