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Le frelon asiatique, ce tortionnaire intouchable

Le frelon asiatique, ce tortionnaire intouchable
Déchiqueteur d'abeilles, le frelon asiatique prolifère dans nos frontières et devraient investir d'autres pays européens dans les années à venir. Une terrible nouvelle...

Menace majeure pour les abeilles, qui avant son arrivée accidentelle sur le territoire français en 2004 avaient déjà fort à faire avec les pesticides, les OGM, le réchauffement climatique ou encore le parasite varroa, le frelon asiatique poursuit sa progression sur le territoire national.

Vespa velutina nigrithorax de son nom scientifique, il était au dernier pointage du CNRS l’an passé présent dans trente-neuf départements français. Redoutable prédateur d’apidés, il a depuis fait officiellement son apparition en Bretagne, où un premier nid a été découvert en novembre dernier non loin de Dinan (Côtes-d’Armor) (NDLR : deux autres ont depuis été détectés, en juin et juillet derniers, cette fois en Ille-et-Vilaine), et dans le nord-est du pays. Un cauchemar en perspective pour les apiculteurs des régions concernées qui pensaient encore pouvoir passer entre les mailles du filet.

« C’est comme une descente de barbares qui détruisent tout sur leur passage », rapporte Richard Legrand, vice-président du Syndicat des apiculteurs de Dordogne, l’un des départements français les plus touchés. Et pour cause : facilement reconnaissable à ses pattes jaunes, le frelon asiatique a d’abord débarqué en Aquitaine. L’insecte a ensuite fait son trou dans tout le quart sud-ouest, avec des conséquences désastreuses pour l’écosystème. Les abeilles pollinisent en effet 84 % des plantes et n’ont en l’état actuel des choses aucune chance de lui échapper. Décrit par nos confrères du Monde, le rituel est méthodique : « une fois sa proie attrapée, (le frelon asiatique) se suspend à une branche et commence son découpage : la tête de l’abeille tombe, puis les ailes et les pattes. Il ne conserve que le thorax, riche en protéines, qui une fois ramené au nid deviendra une boulette pour les larves affamées ».

Il existe néanmoins une manière d’en venir à bout. Se positionnant en grappe devant la ruche, les abeilles sautent sur le frelon, l’enserrent et font battre leurs ailes pour créer de la chaleur. À quarante-cinq degrés celsius, le bourreau se mue en victime. Las ! Sans doute moins résistants que certains de leurs congénères, les apidés implantés en France échouent systématiquement ou presque à en venir à bout.

Leur impuissance entraîne également une diminution du nombre d’abeilles gardiennes d’où, à partir de septembre, les tristes spectacles de frelons asiatiques qui pénètrent dans les ruches et dévorent les couvains ou d’abeilles qui n’osent plus sortir… « Comme elles ramènent moins d’eau et de nourriture dans la ruche, la reine ne pond plus. Affaibli et vieilli, le cheptel a quant à lui de grandes chances de mourir à l’arrivée de l’hiver », déplore Frédéric Wielezynski, apiculteur amateur dans le Médoc (Gironde), interrogé par le quotidien du soir.

« Il va falloir apprendre à vivre avec »

Son cas n’est pas isolé mais le frelon asiatique n’a toujours pas été classé parmi les espèces nuisibles. Une aberration au regard des dommages occasionnés auprès des apiculteurs amateurs, lesquels pèsent tout de même 40 % de la production nationale de miel. Les apiculteurs professionnels, eux, seraient encore relativement épargnés : « même si nous constatons un impact récent sur les miellées tardives de septembre-octobre, les conséquences de sa prédation sont faibles et de toute façon moins dommageables sur un rucher de cent unités que sur celui d’un amateur qui en compte généralement une dizaine », relate ainsi Thomas Mollet, président de l’Association de développement de l’apiculture en Aquitaine.

Il n’en demeure pas moins que son implantation grandissante dans l’Hexagone n’augure rien de bon pour des abeilles qui, répétons-le, font déjà l’objet de nombreuses menaces. Le parasite varroa fait de la résistance, le recours aux pesticides diminue trop peu pour permettre un renouvellement des stocks de l’espèce et la hausse des températures est une réalité qu’ils sont de moins en moins nombreux à contester. Le frelon asiatique, lui, devrait couler de beaux jours devant lui, aucune technique fiable et sélective à 100 % n’ayant été trouvée jusqu’à présent.

Certains apiculteurs utilisent un mélange artisanal d’alcool et de solution sucrée qui, s’il attire bel et bien le prédateur, prend néanmoins aussi au piège d’autres insectes. « Quand on piège n’importe où, on tue en même temps la faune auxiliaire, des milliers d’insectes sans rapport avec le frelon. Même si on attrape une centaine de frelons, c’est dérisoire (NDLR : le CNRS a recensé l’an passé environ deux mille nids dans nos frontières). En revanche, piéger en août à côté des ruchers permet de diminuer la pression sur les abeilles », soutient l’entémologiste Claire Villemant, selon laquelle « (le frelon asiatique) fait désormais partie de la faune française ». « Il va falloir apprendre à vivre avec », conclut l’experte.

Promise à durer, la cohabitation avec cet Attila des ruches sera cependant des plus difficiles.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Siga / Père Igor
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  • visiteur

    jetez juste un œil sur ce lien et vous verrez bien qu’on nous mène en bateau, la solution existe
    http://www.youtube.com/watch?v=-ibB8ptMgvQ&feature=mfu_in_order&list=UL

  • visiteur

    @visiteur le 6 août 2011 à 19:03 :
    Vous voulez dire que les apiculteurs ne sont pas informés ou bien qu’ils sont satisfaits des ravages causés par le frelon asiatique ?

  • http://www.scoop.it/t/environnement-par-la-cftc-hus/p/350692389/le-frelon-asiatique-ce-tortionnaire-intouchable Le frelon asiatique, ce tortionnaire intouchable | Environnement par la CFTC HUS | Scoop.it

    [...] Le frelon asiatique, ce tortionnaire intouchable [...]

  • visiteur

    Je veux dire qu’un apiculteur professionnel qui possède un rucher de 600 ruches n’en à rien à faire du frelon asiatique.

  • visiteur

    awesome blog, do you have twitter or facebook? i will bookmark this page thanks.

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  • visiteur

    Bonjour,

    J’ai juste quelques commentaires :

    Déjà remplacer CNRS par MNHN (même projet, mais c’est le MNHN qui fait le recensement des nids via l’INPN http://inpn.mnhn.fr/isb/espece/signalement/vespa ).

    Petite correction. Environ 80% des plantes ont besoin de pollinisateurs, mais l’abeille domestique n’en pollinise que 15% (c’est déjà beaucoup). Il y a beaucoup d’insectes pollinisateurs (dont beaucoup souffrent des même problèmes que les abeilles domestiques).

    À @visiteur le 6 août 2011 à 19:03 :
    Cette solution est bien pire que les pièges cités dans l’article. On voit bien sur le film qu’il y a d’autres espèces de guêpes (et le frelon d’Europe). C’est une solution, mais pour un monde stérile !

    Quentin Rome

  • http://www.pearltrees.com/air_marty/macro/id3906143 Macro by air_marty – Pearltrees

    [...] Son cas n’est pas isolé mais le frelon asiatique n’a toujours pas été classé parmi les espèces nuisibles. Une aberration au regard des dommages occasionnés auprès des apiculteurs amateurs, lesquels pèsent tout de même 40 % de la production nationale de miel. Les apiculteurs professionnels, eux, seraient encore relativement épargnés : « même si nous constatons un impact récent sur les miellées tardives de septembre-octobre, les conséquences de sa prédation sont faibles et de toute façon moins dommageables sur un rucher de cent unités que sur celui d’un amateur qui en compte généralement une dizaine », relate ainsi Thomas Mollet, président de l’Association de développement de l’apiculture en Aquitaine. Le frelon asiatique, ce tortionnaire intouchable | zegreenweb [...]

  • Laurent-bech

    Le piège à Frelon a été inventé par un “Papé”, c’est tout simplement une boite ou l’entrée est constituée d’un cône permettant l’entrée et non la sortie, l’appât unique qui attire le frelon asiatique et rien d’autre est constitué d’une sardine à l’huile”, ensuite congeler les bestioles piégées pendant 48 heures et les incinérer directement sans les décongeler au préalable: risque de réveil de diapause!