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La restauration de 43 stocks de poissons en Europe permettrait de créer 83 000 emplois

La restauration de 43 stocks de poissons en Europe permettrait de créer 83 000 emplois

Restaurer 43 des 150 stocks européens de poissons génèrerait 1,8 milliard d’euros supplémentaires chaque année et créerait quelque 83 000 emplois dans le secteur de la pêche au sein de l’Union Européenne (UE).

Une nouvelle étude concernant les réserves halieutiques du Vieux Continent devrait inciter les Etats-membres à lutter contre la surpêche. Il ne s’agit pas d’un énième rapport scientifique mettant en garde contre les conséquences de ce phénomène sur la biodiversité marine, mais d’une analyse réalisée par un think thank britannique. La News Economics Foundation (NEF) a en effet publié,vendredi dernier son étude intitulée « Jobs Lost at Sea », littéralement « Les emplois perdus en mer », qui porte l’accent sur les avantages économiques que génère la pêche durable.

« C’est précisément en de tels temps [de crise économique] que les ressources naturelles devraient être mieux gérées afin de produire plus de revenus et d’emplois », introduit-elle, soulignant que « les stocks de poissons européens délivrent un rendement bien moins important que s’ils étaient gérés de manière durable ». Des 43 stocks examinés par la NEF, principalement en Atlantique Nord, sur un total de 150 dans les eaux territoriales européennes, seulement 3 seraient exploités « à des niveaux proches de leur rendement maximal durable (RMD) », déplorent les auteurs, qui définissent le RMD par le taux maximum de prises pouvant être atteint tout en respectant le taux de renouvellement des réserves halieutiques. Or, « hormis quelques exceptions, les prises annuelles ont croît au-dessus de ce niveau, à tel point que la taille des stocks a diminué », souligne la NEF, qui rappelle aussi cette vérité qui semble largement oubliée en haut lieu, à savoir que « de plus petits stocks [impliquent] de plus petites prises ».

Si l’on en croit ses calculs, restaurer ces 43 stocks à leurs niveaux de RMD permettrait non seulement de pêcher 3,53 millions de tonnes de poissons supplémentaires chaque année, c’est-à-dire assez pour satisfaire la demande annuelle de près de 160 millions de citoyens européens, mais aussi pour créer pas moins de 83 000 emplois. Du point de vue économique, la restauration des réserves halieutiques pourrait par ailleurs rapporter jusqu’à 1,8 milliard d’euros, soit « près de trois fois les subventions annuelles » allouées au secteur de la pêche dans l’UE chaque année, précise la NEF. Et de rappeler que les Nations unies et la Banque Mondiale ont établi « le coût global de la surpêche à 50 milliards de dollars (38 milliards d’euros) par an ». Enfin, 8% de ce coût serait imputable aux seules activités en Atlantique Nord, estime la NEF.

A noter enfin que le rapport de la NEF attire l’attention sur les stocks de poissons les plus touchés par la surpêche dans les eaux territoriales européennes, à savoir les stocks de cabillauds, qui diminuent à hauteur de 970 000 tonnes par an (T/an), de harengs (854 000 T/an), de merlans (834 000 T/an) et d’églefins (378 000 T/an). Inutile de dire qu’un tel amenuisement de ces réserves halieutiques a, entre autres, un impact néfaste sur la chaîne alimentaire et donc sur les écosystèmes marins…

Crédits photos : flickr - isamiga76 / Thomas Quine
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