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La forêt amazonienne absorbe de moins en moins de carbone

La forêt amazonienne absorbe de moins en moins de carbone
Imputable au réchauffement climatique, et donc en partie à la déforestation, la sécheresse qui s'est abattue l'an passé sur l'Amazonie pourrait à terme libérer plusieurs milliards de tonnes de CO2 dans l'atmosphère...

Le ralentissement du rythme de la déforestation au Brésil doit hélas être largement nuancé par la vague de sécheresse de l’an passé, particulièrement dévastatrice, due au dérèglement climatique et qui va générer d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES).

Il y a du mieux. À force d’expertises accablantes, les écologistes ont globalement compris que le jeu dangereux des agrocarburants, facteur majeur de déforestation, n’en vaut pas la chandelle. Que les automobilistes des pays riches roulent (un peu) plus propre d’accord, mais pas aux prix de dérégler le marché alimentaire mondial, de rogner sur des milliers d’hectares de surfaces boisées et de menacer de famine des populations somme toute modérément concernées par les enjeux économiques du développement de ces essences propres. Les décideurs n’ont plus qu’à en convenir…

Le déboisement du premier réservoir d’oxygène de la planète se poursuit, mais après des décennies d’une passivité coupable les autorités auriverde, en marge de l’établissement du mécanisme REDD+ et sans attendre l’instauration d’un nouvel organisme de coopération internationale par ailleurs plutôt en bonne voie, ont fini par sortir de leur torpeur.

Elles sont cependant impuissantes face à l’augmentation planétaire des températures, à l’origine d’un grave déficit de précipitations au-dessus de l’Amazonie l’an passé. Analysé dans le détail dans une étude réalisée par des spécialistes britanniques et brésiliens sur une zone de cinq millions trois cent mille kilomètres carrés, ledit déficit pourrait avoir un impact écologique supérieur à ceux engendrés par l’activité humaine et industrielle des États-Unis tout au long de l’année 2009, évalué à cinq milliards quatre cents millions de tonnes de CO2, et par la déjà catastrophique sécheresse de 2005.

Les experts redoutent maintenant de nouvelles vagues de chaud et par ricochet une menace sur le rôle d’ « éponge » des rejets carbone que joue la forêt amazonienne, laquelle risquerait, aux dires de Simon Lewis, professeur à l’Université de Leeds (Grande-Bretagne), de « muter » en une source de gaz à effet de serre (GES). Une évolution qui, on s’en doute, aurait des conséquences cataclysmiques pour l’espèce humaine (entre autres).

Désastre en perspective ?

« Deux sécheresses de cette intensité dans un laps de temps aussi court est extrêmement inhabituel mais laisse malheureusement augurer de perspectives climatiques sinistres pour la région », a estimé M. Lewis. Corollaire du changement climatique en Amazonie, la mort prématurée ou le dépérissement d’un nombre considérable d’arbres « capteurs » de dioxyde de carbone, et en termes chiffrés la quasi-certitude que la forêt n’absorbera pas cette année non plus – c’était selon toute vraisemblance déjà le cas en 2010 – le milliard et demi de tonnes de CO2 habituel.

Si les scientifiques ignorent le nombre exact d’arbres tués ou affaiblis par la chaleur, ils ont en revanche pointé trois épicentres de la sécheresse de l’an passé (NDLR : celle d’il y a cinq ans concernait essentiellement le sud-ouest de la forêt amazonienne) et tablent sur cinq milliards de tonnes de dioxyde de carbone relâchées dans l’atmosphère dus à l’hécatombe.

Les quantités emprisonnées au cours de la décennie écoulée, elles, pourraient avoir été « annulées » par les épisodes de 2005 et 2010.

Comme n’importe quel territoire la forêt amazonienne a un capital survie. L’Homme l’a passablement entamé, en oubliant un peu vite son rôle moteur, attisant ainsi une hausse du thermomètre qui n’épargne surtout pas le poumon planétaire. Un cercle vicieux qui pourrait sérieusement compromettre notre principale source d’oxygène.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Wilson Dias / Wikimedia Commons – Jesse Allen and Robert Simmon (Nasa Earth Observatory)
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  • jc

    Malheureusement ce genre de nouvelle était à prévoir…
    Les consciences se sont réveillés un peu tard pour permettre à la foret amazonienne d’être assez forte pour surmonter ce genre de sècheresse.