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La cour d’Obama aux énergies propres sera-t-elle suivie d’effets ?

La cour d'Obama aux énergies propres sera-t-elle suivie d'effets ?
Si une grande majorité des élus du Congrès américain ont approuvé une législation renforcée en matière d'exploitation des plateformes pétrolières la donne n'est pas la même en ce qui concerne les ambitions énergétiques et climatiques de Barack Obama. Le chef de l'exécutif américain risque une fois encore d'avoir maille à partir pour faire triompher ses vues

L’explosion de Deep Water Horizon a amené le locataire de la Maison Blanche à multiplier les déclarations en faveur des énergies « vertes ». Reste maintenant à savoir si l’homme le plus puissant du monde a les moyens de ses ambitions écologiques.

La marée noire ne fait pas exception. Comme tout traumatisme elle a donné lieu à des réflexions en profondeur et à un « plus jamais ça » qui s’est en la circonstance traduit par une volonté quasi-unanime de durcir les conditions d’exploitation des forages pétroliers offshore.

Après les avoir autorisés, histoire de mieux faire passer aux républicains la pilule de son plan énergie-climat, le chef de l’exécutif américain a ensuite instauré un premier moratoire sur l’exploration des nouveaux forages avant d’étendre à six mois ladite suspension. Cette décision n’a pas fait les affaires des grands groupes pétroliers, tous inquiets de voir leurs perspectives d’avenir ainsi assombries par une décision présidentielle estimée arbitraire et qui au bout du compte ont saisi la justice fédérale. Celle-ci leur a donné raison en rendant caduque le rétropédalage de Washington.

Soutenu par la majorité de son opinion publique Barack Obama n’entend cependant pas baisser pavillon et a préparé un nouveau moratoire dont les adeptes du principe de précaution espèrent tous qu’il sera jugé recevable.

Pendant que BP, pris dans un véritable bourbier, est au coeur des discussions entre le président américain et David Cameron (ce dernier a effectué son premier déplacement aux Etats-Unis en tant que Premier ministre britannique hier) et qu’un doute subsiste sur son avenir financier, ils sont nombreux dans les hautes sphères américaines à plaider pour une refonte de la politique énergétique. Trop vétuste, trop « fossile », indécente même vu le cataclysme environnemental dans le Golfe du Mexique, les dizaines de milliers d’emplois menacés et son incidence sur la saison estivale.

Rétablir la sécurité et l’intégrité sur et autour des plateformes pétrolières

Les élus de la commission des Ressources naturelles de la Chambre des représentants viennent du reste d’adopter un projet de loi de réforme de la gestion des ressources énergétiques. Déposé en septembre, le texte a été remanié après la marée noire et (ré)vise à la fois les forages pétroliers et gaziers en mer et l’exploitation minière.

Ciblé par le président dès les premiers jours qui ont suivi la catastrophe, accusé de laxisme et d’avoir trop de connivences avec les entreprises qu’il était censé surveiller, le MMS (Mineral Management Service) est officiellement dissous et sera désormais divisé en trois unités.

La collecte des recettes de l’exploitation pétrolière, les enquêtes et inspections sur les  questions de santé et de sécurité et la supervision des droits d’exploration vont ainsi être confiées à des entités distinctes. Les inspecteurs en charge de la sécurité des plateformes pétrolières, eux, seront astreints à davantage d’éthique et de transparence. Preuves supplémentaires que les choses bougent bel et bien du côté des décideurs, une commission sénatoriale avait déjà adopté un texte analogue. Un projet de loi visant à renforcer la sécurité des plateformes pétrolières via le recours à de nouvelles techniques a en outre été avalisé la semaine dernière par la commission de l’Énergie et du commerce de la Chambre des représentants.

Ainsi le coup de vis que la réglementation sur le forage pétrolier en mer nécessitait depuis des années a-t-il enfin été donné. Dommage toutefois qu’il ait fallu plusieurs dizaines d’Exxon Valdez en un pour que les intérêts environnementaux prennent le pas sur les considérations financières. Il n’en demeure pas moins qu’un changement d’état d’esprit est en train de s’opérer outre-Altantique, après des décennies placées sous les règnes implacables des dieux charbon et pétrole, suivant les engagements électoraux du chef de l’exécutif. Ce dernier s’était en effet prononcé en 2008 pour une réduction de la consommation américaine de pétrole de 35 % d’ici à 2030. Le plus difficile, enfoncer le clou « vert » avec un marteau renouvelable qu’il faut encore fabriquer même si Barack Obama a officialisé l’objectif de 25 % d’électricité d’origine « propre » à l’horizon 2025, reste néanmoins à faire. Les déclarations de bonnes intentions sont une chose, chacun sait que pouvoir joindre les actes à la (bonne) parole en est une autre.

Crédit photo : Wikimedia Commons – White house (Pete Souza)

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  • daniel d

    Que le développement durable, l’écologie et d’une façon générale la préservation de la planète soient à court terme au centre du débat politique aux Etats-Unis est une excellente chose en soi.
    Jusqu’à présent, ce pays s’est assez peu embarassé de ces considérations jugées subalternes par une majorité de ses électeurs, pour lesquels les questions environnementales ne pouvaient concerner que les autres nations.
    A cet égard, et dit un peu cyniquement, cette catastrophe du Golfe du Mexique aura au moins eu pour conséquence bénéfique d’ouvrir les yeux de millions d’Américains…