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La Chine déclare la guerre à la pollution

La Chine a présenté, le 30 juin dernier, sa contribution en vue de la conférence mondiale sur le climat qui se tiendra à Paris à la fin de l’année. Un geste fort de la part du premier pollueur mondial qui pourrait bien décider d’autres gros pollueurs, Inde en tête, à accélérer les négociations et à présenter leurs engagements.

« La Chine envoie ainsi un signal fort »

Le Premier ministre chinois a présenté à François Hollande les engagements pris par la Chine pour lutter contre le réchauffement climatique mondial et réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Le géant asiatique prévoit ainsi « d’atteindre le pic de ses émissions de dioxyde de carbone (CO2) autour de 2030 tout en s’efforçant de l’atteindre plus tôt ».

L’ONG WWF salue cet engagement audacieux de la part de plus gros émetteur de gaz à effet de serre du globe (25% des émissions globales). « Très attendue par la communauté internationale, cette contribution (iNDC) confirme que la Chine vise l’atteinte d’un pic d’émissions de ses gaz à effet de serre d’ici à 2030 – voire avant si possible. A la fois premier émetteur de gaz à effet de serre et leader des énergies renouvelables, la Chine envoie ainsi un signal fort aux autres pays. Désormais, 41 pays sur 196 ont fait part de leur contribution en vue de l’adoption d’un accord sur le climat à Paris ».

De tels engagements pourraient être le résultat des nombreuses pressions diplomatiques exercées sur la Chine tant par d’autres Etats que par ses propres citoyens. Depuis 2013, les manifestations de citoyens révoltés par les niveaux de pollution se sont multipliées. A Pékin, des pics de pollution sont enregistrés au moins une fois par semaine, allant parfois jusqu’à causer des troubles pour la circulation aérienne. Le reste du pays n’est pas épargné puisque 10% seulement des grandes villes étaient en conformité avec les normes de la qualité de l’air en 2014. Le Premier ministre a ainsi déclaré vouloir « déclarer la guerre à la pollution ».

La France au cœur de la COP21

Pays organisateur de la 21ème Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), la France se trouve au cœur des négociations diplomatiques. François Hollande entend bien faire de cette conférence un évènement diplomatique clef. Invité à l’Elysée lors du dépôt de sa candidature, le Premier ministre chinois, Li Keqiang, « a salué les efforts actifs déployés par la France, pays hôte de la conférence Paris Climat, pour la faire aboutir à un accord » selon la délégation chinoise. En réponse, l’Elysée a « remercié [Li Keqiang] d’avoir veillé à ce que cette annonce intervienne depuis Paris, en signe de soutien et de confiance dans le succès de la COP21 ». Des relations diplomatiques de bonne augure pour l’Hexagone.

Seulement 33 contributions annoncées en temps et en heure

Les membres de la Convention de l’ONU sur le climat s’étaient engagés à préciser et quantifier leurs efforts et objectifs en matière de réduction d’émission de gaz à effet de serre pour après 2020 avant que la COP21 ne se tienne du 30 novembre au 11 décembre 2015. Pour l’heure, toutes les contributions n’ont pas encore été déposées. Les pays industrialisés avaient jusqu’au 31 mars pour les fournir mais seuls 33 ont respecté cette date. La Suisse, l’Union européenne, la Norvège et le Mexique font figure de bons élèves, tandis que les Etats-Unis et la Russie ont attendu le dernier moment pour dévoiler leurs projets. Mais plusieurs pays très émetteurs de CO2 manquent toujours à l’appel, notamment le Japon, le Brésil, le Canada et l’Australie. L’annonce de la Chine pourrait donc encourager ces Etats à accélérer les négociations et à déposer leurs projets rapidement.

Quant aux pays en voie de développement, ils bénéficient d’un délai. Le manque de moyens nécessaires à ce type d’évaluation justifie en grande partie cette différence de traitement. La contribution de l’Inde est particulièrement attendue. Espérons que la Chine aura su montrer la voie et que tous les acteurs en jeu sauront s’entendre pour éviter un nouvel échec après celui de Copenhague en 2009, dernière tentative en date vers un accord mondial sur le climat.

Crédit photo: Shubert Ciencia
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