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L’énergie durable à la relance

Le gouvernement a pris de nouvelles dispositions pour sortir de la panade les secteurs de l’éolien et du solaire.
Le chantier de l’éolien offshore va se poursuivre avec le lancement d’une deuxième appel d’offres gouvernemental d’ici décembre prochain.

Dans une passe particulièrement difficile, le secteur va faire l’objet de nombreuses dispositions. Certaines entreront en vigueur dans les semaines à venir.

Depuis quatre mois, on avait beaucoup entendu parler des gaz de schiste et du nucléaire, mais bien peu des énergies renouvelables. Et si, tout compte fait, le Parti socialiste, focalisé sur le redémarrage de la croissance et la défense de l’emploi, avait relégué le dossier en bas de la pile ? La Conférence environnementale les a en fait replacées sur le devant de la scène et elles seront aussi, à n’en pas douter, un sujet majeur du grand débat national à venir sur la transition énergétique.

Parce que le gouvernement, en tout cas officiellement, considère l’énergie durable comme un vivier d’emplois et donc comme un vecteur de reprise, parce qu’elle subit la crise économique de plein fouet, la filière dans son ensemble aura droit à des mesures d’urgence. Le secteur de l’éolien en particulier sera partiellement délesté d’une partie des contraintes de réglementation inhérentes à la deuxième loi du Grenelle de l’environnement, très critiquée par les professionnels et qui a il est vrai nettement ralentit son expansion. Tout en réitérant son soutien au dispositif d’obligation d’achat, « le gouvernement simplifiera en effet les procédures de planification, en supprimant l’obligation d’appartenir à une Zone de Développement de l’Eolien (ZDE) », a indiqué Jean-Marc Ayrault avant-hier dans le discours de clôture de la Conférence environnementale.

L’éolien offshore, gigantesque chantier amorcé par l’ex-majorité, sera quant à lui « conforté » à travers le lancement d’un deuxième appel d’offres, « d’ici décembre 2012 », a précisé le Premier ministre, « pour la création de parcs au large des sites du Tréport (Seine-Maritime) et de Noirmoutier (Vendée) ». Des consortiums devraient être créés sous peu et EDF, grand gagnant du premier, ainsi qu’Areva et Alstom y participeront certainement. On ignore en revanche si ce deuxième appel d’offres sera ouvert à la concurrence étrangère. A noter aussi la mise en place d’ « un tarif d’achat adapté à l’éolien en Outre-Mer », de sorte à « permettre le développement de capacités adaptées aux contraintes des systèmes électriques non interconnectés ».

Un appel d’offres pour la filière solaire

Plombée par la concurrence chinoise (NDLR : laquelle pourrait toutefois être ébranlée si Bruxelles, qui vient d’ouvrir une enquête à la suite d’une plainte déposée fin juillet par le groupement d’entreprises européennes EU Pro Sun, devait prendre des mesures transitoires de protection aux frontières du Vieux Continent) et par un moratoire de trois mois instauré sur les projets de plus de trois kilowatts crête (KWc) au cours du premier semestre 2011, moratoire qui a précédé l’institution d’un nouveau cadre de développement que ses acteurs jugent globalement insatisfaisant, la filière solaire n’en a pas moins « un avenir en France et en Europe », a estimé le chef du gouvernement. Sous réserve que les pouvoirs publics misent « sur la qualité », comme le pensait déjà l’ex-ministre de l’Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet.

« Un appel d’offres sera lancé avant la fin de l’année, pour favoriser de grandes installations visant à promouvoir des technologies innovantes et le développement économique local », a ajouté M. Ayrault, qui a en outre insisté sur la nécessité de « privilégier les grands espaces de toit pour éviter la consommation d’espaces agricoles », conformément au souhait des écologistes et des ONG de protection de l’environnement. Le secteur, qui a perdu la bagatelle dix mille emplois entre 2010 et 2011, devrait apprécier, même s’il va sans dire que ledit appel d’offres ne suffira pas à lui seul à faire repartir la machine.

Outre l’annonce quelque peu évasive d’un soutien aux réseaux de chaleur, « la biomasse ou encore la géothermie », « en prenant appui sur les initiatives locales », Matignon a enfin fait part du lancement par l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) début 2013 d’une « initiative pour la construction de démonstrateurs d’énergie hydrolienne ». Respectivement ministre de l’Ecologie et ministre délégué des Transports et de l’Economie maritime, Delphine Batho et Frédéric Cuvillier seront de leur côté chargés de mener d’ici la fin de l’année « une étude sur le potentiel de la filière des énergies marines ». Il eut il est vrai été regrettable de faire comme s’il n’existait pas.

Crédits photos : Wikimedia Commons / Dirk Goldhahn - BishopBandita
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