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La Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton hausse le ton dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Elle a réuni au sein d’une « Coalition pour le climat et la qualité de l’air » le Canada, le Bangladesh, le Mexique, la Suède et le Ghana. Une initiative pluri-continentale qui démontre que la protection de l’environnement occupe une place de choix au sein de l’administration Obama.
L’ex-Première dame des Etats-Unis a justifié cette démarche par la lenteur des pourparlers internationaux. « Cette coalition, premier effort international du genre, mènera une campagne mondiale [...] pour apporter des solutions contre les polluants à courte durée de vie », a-t-elle précisé dans son discours de lancement. Elle compte ainsi s’attaquer à la suie et au méthane, des polluants moins connus que le dioxyde de carbone mais qui représentent un tiers du réchauffement climatique. « Se concentrer sur les polluants à courte durée de vie présente un avantage : si nous pouvons les réduire de manière significative, nous aurons des effets sur notre climat à relativement court terme », a-t-elle assuré, citée par nos confrères de l’AFP.
Climatologue au Goddard Institute for Space Studies de la NASA, Drew Shindell avait déjà souligné dans une étude parue en décembre dernier la nécessité de réduire ces rejets, qui pourrait entraîner une augmentation des températures de 0,5 degré celsius d’ici 2050. Mme Clinton se base quant à elle sur une étude d’experts de l’ONU selon lesquels « l’élimination de ces sources de pollution d’ici 2030 permettrait de réduire de 0,5 degré celsius la hausse prévue de 1,0 degré du réchauffement de la planète à  l’horizon 2050 ».

Cette initiative est d’autant plus remarquable que les États-Unis n’ont, rappelons-le, pas ratifié le protocole de Kyoto. Le Canada, lui, s’en est retiré après le sommet de Durban (Afrique du Sud) fin 2011. Si les ressources financières de cette organisation resteront limitées avec 9 millions d’euros émanant des États-Unis et 2 millions d’euros du Canada – les autres contributions ne sont pas encore connues -, le WWF a plutôt bien accueilli l’initiative de la Secrétaire d’Etat. « Le premier effort pour réduire les émissions qui ont un impact sur le changement climatique reste la lutte profonde et rapide contre le dioxyde de carbone », a néanmoins estimé l’ONG dans un communiqué. Et sa directrice de la Politique climatique internationale Keya Chatterjee de rappeler les manquements environnementaux de l’Oncle Sam : « Les gros émetteurs comme les États-Unis et le Canada n’ont fait que très peu d’efforts pour réduire les émissions de CO2 ».
Mme Clinton a indiqué vouloir « compléter » les actions déjà en cours. Le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) devrait piloter la coalition, qui vient s’ajouter à de multiples initiatives au niveau mondial. Ce qui atteste effectivement de la complexité des négociations internationales.

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