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Fukushima : un nouveau Premier ministre pour gérer la crise nucléaire

Fukushima : un nouveau premier ministre pour gérer la crise nucléaire
Nouveau Premier ministre japonais, Yoshihiko Noda (au centre) sera immédiatement plongé dans le vif du sujet

Cette fois, ça y est : à la grande satisfaction de millions de ses concitoyens qui, ulcérés par sa gestion de la crise, attendaient son départ depuis de longues semaines, le très impopulaire Naoto Kan n’est plus Premier ministre. Désigné mardi par les deux chambres du Parlement nouveau chef du gouvernement (NDLR : bien que l’opposition dispose de la majorité au Sénat), élu la veille président du Parti démocrate du Japon (PDJ) au pouvoir, Yoshihiko Noda, cinquante-quatre ans et jusque là ministre des Finances, aura la très lourde tâche de mener à bien la reconstruction d’un pays toujours traumatisé, près de six mois après un séisme et un tsunami à marquer d’une pierre noire dans son histoire.

Il s’agira évidemment aussi de prendre les mesures idoines pour limiter autant que possible les conséquences humaines, écologiques et alimentaires de l’accident de Fukushima 1 (Japon), de gérer la montée du yen – qui handicape d’ores et déjà les exportations et pourrait retarder la reprise économique – et accessoirement de normaliser les rapports avec l’opérateur TEPCO (Tokyo Electric Power Company) et l’Agence japonaise de sûreté nucléaire. La confiance des Japonais en leur classe politique, elle, apparaît plus ébranlée que jamais, aussi faudra-t-il, d’une façon générale, insuffler un sentiment de maîtrise et peut-être accéder à quelques-uns des desiderata de la vox populi, plus que jamais favorable à une sortie progressive de l’énergie nucléaire, laquelle représentait 29 % de la production électrique nationale avant le drame que l’on sait.

Réputé pour être un financier rigoureux et un conservateur en matière de fiscalité, M. Noda, partisan de longue date d’une réduction des déficits publics, accordera certainement la primeur au contrôle des dépenses, un défi colossal eu égard aux efforts qu’il reste à déployer pour effacer les traces de l’apocalypse de mars. Il ne s’y est quoi qu’il en soit pas trompé : sollicitant le soutien de l’ensemble de sa formation et la coopération de l’opposition, plus directement l’union sacrée, il a évoqué « une situation d’urgence nationale ». Sixième Premier ministre en cinq ans, M. Noda ne devrait cependant pas, sauf surprise, renoncer à l’atome, lui qui a ouvertement prôné un redémarrage aussi rapide que possible des réacteurs actuellement à l’arrêt, une fois les stress tests achevés, pour sécuriser l’approvisionnement électrique de l’archipel.

Ils seront quarante-trois sur les cinquante-quatre que compte le pays à interrompre leurs activités dimanche, les exploitants Kyushu Electric Power et Shikoku Electric Power ayant annoncé le placement en maintenance de deux nouvelles turbines sur les sites de Sendaï 2 et Itaka 1. Cinq autres seront par ailleurs mises à l’arrêt d’ici la fin de l’année et personne ne sait quand les réacteurs désactivés pourront reprendre du service. Leur redémarrage est en effet suspendu aux résultats des expertises et à l’agrément des autorités locales. En attendant, les Japonais demeurent invités à restreindre au maximum leur consommation énergétique.

fukushima : un nouveau premier ministre nommé pour gérer la crise nucléaire

Inquiétudes autour de la résistance des écoles

Le ministère de l’Éducation, lui, a souligné que quelque vingt-trois mille bâtiments dans les écoles publiques primaires et secondaires répartis dans tout le pays ne résisteraient pas à un tremblement de terre comparable à celui du 11 mars dernier. Il a également fait état, via une étude rendue publique avant-hier, d’une importante radioactivité des sols dans un rayon de cent kilomètres autour de la centrale de Fukushima 1. Il en ressort qu’une trentaine de sites ont été contaminés au césium 137 pour une longue durée.

De son côté, TEPCO a révélé que deux hommes travaillant sur le site de l’unité accidentée ont été aspergés par erreur hier matin avec de l’eau hautement radioactive. Celle-ci a fui d’un conteneur dont le robinet n’était pas fermé et qui appartient au dispositif de décontamination des eaux radioactives co-conçu par Areva et l’entreprise américaine Kurion.

L’électricien vient en outre de présenter à des experts de la Commission de l’énergie atomique un plan en neuf étapes destiné à extraire les barres de combustibles fondues des réacteurs de Fukushima 1. Il envisage d’abord d’éliminer les matières radioactives présentes dans les bâtiments desdits réacteurs pour pouvoir réparer les enceintes de confinement et stopper les fuites d’eau. TEPCO escompte ensuite remplir les cuves d’eau et prendre des photos (!) de sorte à déterminer la quantité de combustible nucléaire qui s’est échappée des turbines. À l’issue du processus, l’opérateur prévoit d’utiliser des robots pour sortir les barres, les niveaux élevés de radiation ne permettant pas une intervention humaine. On ignore en revanche les dommages exacts perpétrés par le tsunami sur le réacteur 3 (NDLR : rappelons que l’ex-directeur de l’Institut de recherche atomique japonais Fumiya Tanabe a ouvertement redouté que le coeur soit entré en fusion une seconde fois, TEPCO ayant pour sa part toujours affirmé jusque là qu’il n’aurait que partiellement fondu et demeurerait en cuve) et si l’objectif de l’entreprise de parvenir à un « arrêt à froid » des turbines d’ici janvier prochain est toujours d’actualité.

La préfecture de Fukushima a enfin procédé à un décompte de bétail et il ne subsisterait plus d’après ses calculs qu’un millier de bovins environ dans un rayon de vingt kilomètres autour de la centrale, tous en liberté et à l’état sauvage. Presque tous les porcs et les poulets seraient aujourd’hui morts de faim. Dans cette zone sinistrée où l’atome règne aujourd’hui en maître, il est toutefois un agriculteur qui, quoique pleinement conscient des risques qu’il encourt, refuse d’abandonner sa terre. Le cas de Naoto Matsumura rappelle celui de ces habitants de la région de Tchernobyl (Ukraine) qui, bravant toutes les recommandations, ont choisi de revenir chez eux. Ni moins dramatique ni moins émouvante, son histoire est celle d’un martyr qui n’a pas voulu tout sacrifier au nucléaire. Qu’il le paie ou non au prix fort, son témoignage ne doit pas être oublié.

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Crédits photos : Wikimedia Commons – US Treasury Department / Hirorinmasa
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