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Fukushima : les opérations de nettoyage à l’origine d’un nouveau désastre écologique

Fukushima : les opérations de nettoyage à l'origine d'un nouveau désastre écologique
Le combat continue autour de la centrale de Fukushima

Des dommages supplémentaires sur les écosystèmes sont notamment à envisager.

Officiel depuis le mois dernier, l’« arrêt à froid » des réacteurs n’est évidemment pas une fin en soi. Dix mois presque jour pour jour après l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima 1 (Japon), les techniciens de TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany) et les autorités nippones savent qu’elles ont encore du pain sur la planche. Il faudra en effet de trente à quarante années pour démanteler intégralement l’unité accidentée. À plus court terme, la décontamination de la zone « interdite », située dans un périmètre de vingt kilomètres autour de la centrale, relève elle aussi de la gageure. Il convient par ailleurs de rappeler que des particules radioactives sont retombées beaucoup plus loin que sur ladite zone, rendant plus hypothétique encore le retour des habitants évacués à brève échéance.

D’importantes surfaces forestières et agricoles ont été contaminées – cependant dans des proportions moindres que dans la région de Tchernobyl (Ukraine) – et Tokyo ne l’ignore pas. Pour autant, le gouvernement japonais de Yoshihiko Noda, désireux de se prémunir contre une désaffection populaire semblable à celle dont son prédécesseur Naoto Kan a fait l’objet, s’est lancé dans une entreprise de « nettoyage » d’une ampleur et d’un coût inédits. Pulvérisation de produits décontaminants sur les bâtiments, « grattage » des champs, enlèvement des feuilles mortes et des broussailles à proximité des maisons : il ne veut rien laisser au hasard, la finalité étant bien sûr de rendre de nouveau habitable les abords (non-immédiats) du site. En ce début d’année, et bien que le pays soit encore groggy et dans une situation économique très difficile, des travailleurs mais aussi des scientifiques, des ingénieurs et des résidents « ordinaires » se mettent à l’ouvrage. Mille kilomètres carrés de terrains (essentiellement des fermes et des forêts) doivent être déblayés ce mois-ci.

« Éviter le sur-conservatisme »

L’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) a cependant conseillé aux autorités d’« éviter le sur-conservatisme », comprenez un nettoyage à des fins de préservation de la santé humaine par trop zélé. Quant aux données relatives à l’impact de faibles radiations à long terme sur l’Homme, elles varient, plusieurs spécialistes allant à l’encontre des conclusions formulées par des collègues en soutenant que celles-ci peuvent augmenter les risques de cancers.

Alors que débat sur l’importance matérielle et financière à accorder aux travaux de réhabilitation emballe la classe politique, dans un hameau agricole de la ville de Kawamata, tout au bout de la zone précitée, cent-soixante travailleurs embauchés par Taisei (NDLR : l’une des trois sociétés qui a remporté un contrat avec l’AIEA pour tester l’efficacité de plusieurs technologies de décontamination sur dix-neuf sites de la préfecture de Fukushima. Les résultats des expertises seront déterminants pour organiser le nettoyage à grande échelle) se retroussent les manches depuis décembre. Ils cisaillent, coupent, raclent, ratissent, labourent à différents niveaux d’intensité et de profondeur. Investi par de grands aspirateurs de feuilles mortes, des camions et des grues, le hameau n’a plus grand-chose de paisible et de pittoresque.

Louables, d’autant que la géologie des lieux est défavorable – la région est jalonnée de rizières, de ruisseaux, de bosquets de bambous et de surfaces boisées par essence très complexes à restaurer -, les efforts de ces travailleurs paraissent aussi incontournables. C’est que la suspicion reste élevée en matière de contamination alimentaire et qu’il y a tout de lieu de croire que tel sera l’état d’esprit de millions de Japonais pendant de longs mois encore.

Bien que d’autres, en quantités moindres, aient aussi été détectés, priorité est donnée aux désormais célèbres radionucléides césium 134 et césium 137, présents en quantités à peu près égales et dont la durée de vie est, respectivement, de deux et trente ans. Un travail herculéen et de fourmi (NDLR : plusieurs centimètres de terre végétale seront probablement retirés sur au moins huit mille hectares de champs. Dans le même temps, des agriculteurs vont sans doute devoir laver leurs vergers et procéder au rasage de l’écorce des arbres) qui pourrait toutefois attenter à la fertilité des sols et va générer d’importantes quantités de rebuts radioactifs dont il ne fait aucun doute que personne ne voudra les stocker à long terme. Des habitants – et Greenpeace avec eux – redoutent néanmoins qu’il ne suffise pas, sachant que des particules extrêmement « collantes » compliquent la tâche et, répétons-le, que la radioactivité s’est invitée au-delà de la zone de  sécurité.

Pour méritantes qu’elles soient, à tout le moins sur le papier, ces opérations de décontamination sans précédent risquent enfin de détruire l’habitat de certaines espèces, le papillon des prairies et le faucon pèlerin japonais par exemples, et d’une manière générale de fragiliser davantage encore la faune et la flore. À croire que l’accident de Fukushima, cet interminable calvaire, oblige même à choisir entre la peste et le choléra.

Crédits photos : AP – David Guttenfelder
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  • visiteur

    Il serait bon de préciser que le Japon n’est hurbanisé qu’à hauteur d’un peu plus de 20%… Les 3/4 de ce pays étant recouvert de forêt et de montagne où la nature sauvage y est à l’état brut, le nettoyage intencif de ces quelques hectares (qui font déjà partit de l’ensemble hurbanisé et agricole) dans la préfecture de Fukushima ne risque en aucun cas d’être un désastre écologique comme cet article l’avance…

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  • daniel d

    Si ! C’est bel et bien un désastre écologique, peut-être pas pour le Japon dans son ensemble, mais au moins pour la préfecture de Fukushima !
    Si demain les Cévennes (1500 km²) étaient irradiées, vous ne diriez pas que c’est un désastre ???
     

  • visiteur

    Le fait que la préfecture soit irradiée, ça oui c’est un désastre, mais ce ne sont pas les propos de cet article : pour l’article, ce qui provoquerait un désastre écologique serait le nettoyage intencif de 1000km² (labourage et raclage des sols, etc…). De plus les Cévennes est un milieu naturel, tandis que la préfecture de Fukushima est un milieu plus urban et agricole, ce nettoyage intencif ne risque en aucun cas d’être un désastre écologique comme cet article l’avance, au contraire, cela ne sera que mieux…

  • visiteur

    les feuilles tombent dans les rivières et peuvent être transporté beaucoup plus loin que le lieu d’origine. D’autant plus qu’en tombant dans la rivière, elle se décomposent, peuvent être mangé par différentes espèces (mammifères, insectes,…) qui se déplacent un peu partout.
    Les insectes eux même se déplaçent, comme les animaux mangeant des insectes. Il faut donc relativiser ce nettoyage à fukushima car la radioactivité se déplace (le lait en poudre contaminé n’étant pas mis en conserve à fukushima, mais dans la banlieue proche de tokyo)

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