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Fukushima : le Premier ministre japonais annonce l’« arrêt à froid » des réacteurs

Fukushima : le Premier ministre japonais annonce l'« arrêt à froid » des réacteurs

De quoi peut-être restaurer en partie l’image déplorable de l’exploitant, coupable de légèreté sécuritaire en amont, d’erreurs grossières d’appréciation en aval et qui n’a de fait pas volé le flot de critiques qu’il essuie encore aujourd’hui, certes à intervalles bien plus espacés qu’au début de la crise et à distance respectable des médias.

TEPCO (Tokyo Electric POwer Company) martyrisé, TEPCO outragé, à juste titre, mais TEPCO désormais en partie libéré, avec le concours de techniciens admirables de persévérance et de courage et qui pourront aborder les fêtes de fin d’année avec le sentiment d’un immense devoir enfin accompli.

De nombreux spécialistes en doutaient fortement mais la direction a maintenu le cap, annonçant depuis de longues semaines que l’« arrêt à froid » des réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima 1 (Japon) serait réalisé début 2012 voire fin 2011. Pari tenu puisque le Premier ministre Yoshihiko Noda, tout en concédant que beaucoup reste à faire et que les familles évacuées ne pourront pas pour autant regagner leur domicile dans l’immédiat, a lors d’une allocution télévisée officialisé vendredi la réussite de cette mission périlleuse et capitale.

L’« arrêt à froid » signifie en effet que la température de l’eau utilisée pour refroidir les barres de combustibles nucléaires reste en-dessous du point d’ébullition et que le rayonnement émis par les turbines n’excède pas la limite gouvernementale d’un millisievert par an. Il s’agirait de surcroît d’un succès définitif aux dires du successeur de Naoto Kan, qui a assuré que le rayonnement aux confins du site accidenté pourrait être maintenu à un niveau acceptable y compris en cas d’« incident imprévu ».

TEPCO reste sous perfusion

Si une étape décisive dans la résolution de la crise – la plus grave à laquelle le Japon doit faire face depuis 1945 – a été franchie, aucune date n’a cependant été fixée pour les quelque quatre-vingt-mille résidents originellement établis dans le périmètre de sécurité de vingt kilomètres autour de la centrale et qui attendent toujours de retrouver leur maison. De même, M. Noda a indiqué qu’il restera impossible de remplacer le combustible fondu avant au moins dix ans.

Demeure aussi le problème du traitement de l’eau décontaminée (mais qui reste faiblement radioactive) utilisée pour alimenter en boucle les circuits de refroidissement des réacteurs endommagés. Inflexibles, les organisations de pêcheurs ont obtenu de l’opérateur qu’il réfléchisse à une autre solution qu’à des rejets dans l’océan Pacifique, quand bien même ceux-ci n’auraient pas de conséquences sur les vies humaines et animales et les réservoirs dans lesquels l’eau est stockée devraient être pleins d’ici mars prochain. Un séisme et/ou un tsunami ruineraient par ailleurs les efforts consentis jusqu’ici à Fukushima, le démantèlement total de la centrale pourrait prendre vraisemblablement entre trente et quarante ans et la situation financière de TEPCO n’incite guère à l’optimisme, l’entreprise – qui pourrait bénéficier d’un coup de pouce gouvernemental de treize milliards de dollars (environ dix milliards d’euros) – devant notamment s’acquitter de dédommagements d’un montant astronomique.

La prudence étatique prend tout son sens à l’évocation de ce qui reste à accomplir pour que le pays du soleil levant recouvre toute sa sérénité.

Crédits photos : flickr – Leon E. Panetta / Wikimedia Commons – Kawamoto Takuo
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  • Rybarczyk Philippe

    Cette poignée de main sent le photomontage, mais non, je suis bête, ils fêtent l’arrêt à froid des réacteurs bien sur!… Pathétique!…Et le “corium” dans tout ça?… Apparemment il n’y a que lui qui progresse!