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Quinze mois après la catastrophe, force est d’admettre que les pouvoirs publics nippons ont été dramatiquement inconséquents.
Critiqué depuis le départ pour sa gestion de la crise, y compris par le précédent gouvernement, pourtant pas exemplaire lui non plus, l’opérateur TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany) a tout de même révélé dans un rapport publié jeudi que les fuites radioactives de la centrale ont été deux fois et demi supérieures aux estimations initiales de l’Agence japonaise de sûreté nucléaire et industrielle. Au cours des trois premières semaines qui ont suivi le drame, lesquelles représenteraient 99 % du total desdites fuites, celles-ci auraient finalement équivalu à un sixième des radiations de l’accident de Tchernobyl (Ukraine), soit grosso modo neuf cent mille terabecquerels de substances radioactives. « Si l’on avait eu cette information à ce moment-là , nous aurions pu en tenir compte pour organiser les évacuations », a commenté son porte-parole, Junichi Matsumoto, cité par l’AFP.
À la décharge de l’institution experte, dont la dépendance de principe vis-à -vis du gouvernement a été dénoncée par plusieurs de nos confrères, les capteurs les plus proches de la centrale n’ont pas survécu à l’apocalyptique enchaînement tremblement de terre-tsunami du 11 mars 2011. Aussi la nouvelle estimation, dont on ne peut exclure qu’elle soit également inférieure à la réalité, a-t-elle été réalisée à partir de capteurs plus éloignés et d’informations collectées par les agences gouvernementales.

L’accident de Fukushima vu par l’OMS
Des experts indépendants de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ont eux aussi rédigé un rapport, intermédiaire celui-là (il devra donc être affiné à travers un approfondissement des études ainsi que des examens minutieux des relevés des données), rendu public la semaine dernière et dans lequel ils ont conclu que la catastrophe de Fukushima ne provoquerait pas d’augmentation nationale substantielle des cas de cancer. En d’autres termes, les doses radioactives émises autour de l’unité atomique de Fukushima-Daiichi seraient inférieures au seuil « critique » défini par la communauté scientifique internationale.
La nourriture aurait cependant été exposée aux radiations de façon prolongée et évidemment consommée par la population de la préfecture de Fukushima, au sein de laquelle « les doses radioactives entrent dans une fourchette allant d’un à dix millisieverts (mSv), sauf dans deux localités où le taux estimé oscille entre dix et cinquante mSv » - sachant que « les références internationales généralement admises en cas d’exposition à la radioactivité sont de dix mSv ». « Les estimations sont solides », ont souligné les experts, cités par nos confrères de La Croix et qui considèrent avoir pris toutes les précautions scientifiques nécessaires – mode de calcul, évolution de la conjoncture météorologique ou encore prise en compte de la nature des évacuations, progressives ou immédiates.
Le travail d’investigations n’est toutefois pas terminé et un autre rapport est attendu pour la fin de l’été. On devrait alors en savoir davantage quant aux risques sanitaires « réels » de l’exposition des populations aux radiations.

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