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Et si la population mondiale augmentait encore plus que prévu ?

Et si la population mondiale augmentait encore plus que prévu ?
Expert en démographie, Carl Haub redoute que l’estimation selon laquelle la Terre compterait de 9 à 10 milliards d’habitants à l’horizon 2050 soit très en-deçà de la réalité...

Les spécialistes étaient jusque là unanimes : d’ici 2050, la Terre comptera entre 9 et 10 milliards d’individus. La population mondiale diminuerait ensuite progressivement selon les projections établies par les Nations Unies et le Bureau du recensement des Etats-Unis.

Ancien membre du Population Reference Bureau, une ONG américaine dédiée à l’évolution de la démographie mondiale, Carl Haub a cependant jugé bon de rappeler qu’il ne s’agit là « que » d’une estimation. Et de s’interroger dans un essai publié par Yale Environnement 360 et relayé hier dans les colonnes du Guardian : la croissance démographique internationale pourrait-elle être plus importante encore que ne le prédisent les experts ?

C’est que les calculs sont basés sur un seul modèle, celui des pays développés, dont les taux de fécondité sont inférieurs à ceux des pays en développement (PED). Les démographes ont par ailleurs préjugé que lesdits taux diminueront en fonction du développement économique, comme ce fut le cas en Europe et aux Etats-Unis, appliquant ainsi la tendance de croissance de la population des pays dits du Nord aux Etats du Sud.

« Ces projections tiennent pour acquis trois éléments-clés concernant les taux de fécondité dans les PED. D’abord qu’ils continueront de diminuer là où ils ont déjà commencé à le faire et qu’ils commenceront à diminuer là où ce n’est pas encore le cas. Ensuite que ce déclin sera régulier et ininterrompu. Et enfin que les taux de fécondité finiront par tomber à deux enfants par femme, voire moins », a souligné M. Haub, très sceptique sur la capacité des PED à atteindre de tels chiffres en l’espace de quatre décennies. D’autant que de nombreuses régions excentrées de ces pays, où il est par définition plus difficile d’éduquer les populations et d’apporter des solutions pour maintenir l’accroissement démographique dans des proportions à peu près acceptables, flirtent toujours avec un taux de fécondité de 4 voire 5 enfants par femme.

De fait M. Haub préfère envisager l’estimation la plus haute des Nations unies, celle dont on parle peu, à savoir que la Terre pourrait accueillir entre douze et seize milliards d’individus d’ici 2100, ce qui, vu l’état déjà inquiétant de certaines ressources naturelles, serait évidemment dramatique pour l’avenir de la planète. « Si l’Afrique sub-saharienne a du mal à nourrir et à apporter de l’eau à ses 880 000 millions d’habitants aujourd’hui, qu’en sera-t-il dans 90 ans si cette population devait être multipliée par cinq, surtout que les températures mondiales devraient entretemps augmenter de deux à trois degrés celsius, aggravant ainsi les sécheresses ? » Elle a beau faire froid dans le dos, la question se doit d’être posée.

Crédits photos : wikimedia commons - Emilfaro / flickr - Jeff Attaway
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