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Obama veut fixer des limites à l’expansion pétrolière

Obama veut fixer des limites à l'expansion pétrolière
L'administration Obama a officialisé hier un moratoire de sept ans au moins sur les nouveaux forages pétroliers dans le Golfe du Mexique. Un coup très dur pour des géants de l'or noir qui ne voudront cependant pas en rester là

Décidément insaisissable sur ce dossier, tantôt complaisant tantôt menaçant, le chef de l’exécutif américain a fermé la porte à de nouveaux forages pétroliers dans l’est du Golfe du Mexique.

Officialisé hier par le Secrétaire aux Affaires intérieures Ken Salazar, le « veto » présidentiel s’étend jusqu’à cent vingt-cinq miles (environ deux cents kilomètres) des côtes floridiennes et doit en théorie courir jusqu’en 2017 au moins, étant entendu qu’il pourrait être remis en cause en cas de succès républicain lors des prochaines élections présidentielles.

Cette décision qui devrait apaiser les associations de défense de l’environnement est bien sûr liée à l’apocalypse écologique déclenchée par l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon. Si la Commission d’enquête indépendante nommée par la Maison Blanche doit encore rendre ses conclusions, ses premières investigations ont fait apparaître des manquements graves à la sécurité, lesquels légitiment la prudence de l’administration américaine, manifestement plus consciente aujourd’hui qu’une deuxième marée noire de cette ampleur sonnerait le glas de l’écosystème de la région.

Indécision chronique

Reste qu’il s’agit là d’un revirement, Washington s’étant prononcé il y a un mois et demi à peine pour une levée plus tôt qu’initialement prévu du moratoire sur les forages pétroliers en eaux profondes (NDLR : ledit moratoire avait par ailleurs été prorogé de six mois fin mai), histoire sans doute de limiter les dégâts – en vain – en vue du scrutin de mi-mandat. La razzia de l’opposition, qui rend très compromise l’adoption de la loi énergie-climat serait-elle finalement à relativiser ? M. Obama a quoi qu’il en soit déjà pu constater la puissance du lobby pétrolier, et on doute fort que les sociétés concernées n’intentent pas d’actions judiciaires pour contrecarrer les tardives (et instables) velléités précautionneuses du successeur de George W. Bush.

Entre protection de la nature et maintien de la compétitivité de l’économie, le coeur et la raison du président américain n’ont il est vrai eu de cesse de balancer. Après moult hésitations qui d’après la plupart des experts s’expliquaient en grande partie par des considérations électorales, il semble avoir tranché en faveur de la première, pour le plus grand plaisir du sénateur démocrate de Floride Bill Nelson, qui s’est dit satisfait que le locataire de la Maison Blanche ait accédé au voeu de la population locale.

Même soulagement du côté du congressiste Ed Markey, lui aussi démocrate, très remonté contre BP et pour qui cette mesure « tire les leçons du désastre (de Deepwater Horizon) ». « Autoriser les forages au large des côtes américaines sans avoir préalablement mis en place les mesures de régulation appropriées aurait été une erreur », a-t-il estimé.

Encore une fois il est toutefois très probable que le match ne fasse que commencer et que les BP, Chevron et consorts répliqueront. Ils ont déjà réussi, fin juin, à faire capoter le premier moratoire présidentiel. Nonobstant leur morale et peut-être celle des moyens qu’ils ont utilisé pour renverser la vapeur, ils n’ont à ce titre aucune raison de ne pas aujourd’hui s’en remettre à la justice.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Kevin S. O'Brien / flickr – Ken Lund
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