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Madagascar déroule le tapis rouge aux sables bitumineux

Madagascar déroule le tapis rouge aux sables bitumineux
La mobilisation des associations de protection de l'environnement contre l'exploitation des sables bitumineux n'a jusqu'ici pas fait plier les autorités des pays concernés, et à Madagascar plus qu'ailleurs les enjeux économiques semblent beaucoup trop importants

Ils sont le boulet environnemental du Canada, même si les autorités du pays – et encore, pas toutes – n’en ont finalement convenu que du bout des lèvres. Ils sont aussi, les  ONG en sont toutes convaincues et les dernières études scientifiques abondent dans leur sens, à l’origine de gravissimes problèmes sanitaires.

Également exploités – à un degré moindre – en Russie, au Venezuela et à Madagascar, les sables bitumineux sont aussi bien partis pour devenir la plaie écologique de l’île africaine, dont les autorités n’ont jusque là encore jamais fait montre d’un intérêt prononcé pour la préservation de l’environnement. Elles n’ont certes pas le monopole de cette approche mais préfèrent d’abord voir les bénéfices économiques que ceux-ci leur procurent, aussi les groupes pétroliers jouent sur du velours, à plus forte raison parce que le pays n’a encore jamais produit d’or noir dans des quantités « commerciales ».

Le Voahary Gasy, qui regroupe plusieurs associations de protection de la nature, a beau  critiquer la politique gouvernementale et déplorer l’opacité de la communication étatique, rien n’a pu empêcher la cotation à la bourse de Londres de Madagascar Oil, société qui exploite ces gisements avec le concours de son partenaire Total. Une forme de consécration économique, du pain béni pour Antananarivo  mais aussi – surtout – une preuve supplémentaire que l’arrêt de l’exploitation des « tar sands » du pays, étalés sur une surface de près de trente mille kilomètres carrés, n’est pas pour tout de suite. Quelque quatre-vingt dix mille barils peuvent en être extraits chaque jour et il y aurait de quoi voir venir pendant plusieurs décennies, les réserves étant estimées à quelques deux milliards de barils.

Des chiffres qui ont un sens tout particulier pour une nation classée par le Fonds monétaire international (FMI) au cent soixante-dixième rang mondial en termes de pauvreté (sur cent quatre-vingt deux pays). Compréhensible vu cet état de fait, la considération que porte les pouvoirs publics malgaches aux sables bitumineux a cependant le tort d’être sans limite, les contrats étant valables sur plusieurs décennies. Connue pour sa biodiversité, Madagascar est toutefois loin de déployer toute son énergie à sa préservation et fait le jeu de projets qui pourraient nécessiter des quantités d’eau encore plus importantes qu’au Canada. Une aberration supplémentaire alors que la population peine à y accéder.

Crédit photo : flickr – Grant Neufeld
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